Les navires de soutien interarmées seront rebaptisés Protecteur et Preserver

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Les ravitailleurs de la Marine royale canadienne de ce qui devait être la classe Queenston, mais a été rebaptisé classe Protecteur réapprovisionnent les groupes opérationnels en mer en nourriture, munitions, combustible, pièces de rechange et autres fournitures. (MDN)

La Marine royale canadienne (MRC) a annoncé aujourd’hui que les navires de soutien interarmées (NSI), ses futurs pétroliers ravitailleurs d’escadre, seront renommés. Ils seront des navires de la classe Protecteur.

La cérémonie de fin de service du NCSM Protecteur a eu lieu à la BFC Esquimalt, le 14 mai 2015. (MARPAC)

La MRC a rebaptisé les navires de soutien interarmées et Preserver en reconnaissance du service distingué et remarquable accompli par ses anciens navires de la classe Protecteur ayant porté ces noms. C’est une façon de perpétuer les honneurs de guerre reçus par les prédécesseurs de ces navires et de permettre aux futurs navires d’ajouter leurs propres honneurs de guerre à ceux du Preserver et du Protecteur.

En octobre 2013, le gouvernement du Canada a annoncé que le nom de la classe des navires de soutien interarmées serait Queenston. Or, les premiers pétroliers ravitailleurs d’escadre spécialisés, c’est-à-dire les anciens Protecteur et Preserver, ont depuis été retirés du service et ne font plus partie de la flotte de la Marine royale canadienne.

La Marine royale canadienne, par l’entremise du comité de désignation des navires, y a vu l’occasion d’envisager de réutiliser les noms des premiers pétroliers ravitailleurs d’escadre, ce qui n’était pas possible au moment où les navires de soutien interarmées avaient été nommés en 2013.

Le NCSM Preserver ravitaillant la frégate américaine USS Ingraham en mer d'Arabie en novembre 2001dans le cadre de l'opération Apollo, la participation militaire canadienne dansla campagne internationale contre le terrorisme (Photo: caporal Brian Walsh, CombatCam)
Le NCSM Preserver ravitaillant la frégate américaine USS Ingraham en mer d’Arabie, dans le cadre de l’opération Apollo. (Caporal Brian Walsh, CombatCam)

« Se remémorer l’histoire de la Marine royale canadienne est une façon de rendre hommage à ceux qui ont servi et de ne pas oublier les leçons apprises dans le passé au moment de prendre des décisions pour l’avenir. Pour les nombreux Canadiens qui forment la communauté de la Marine, les noms Protecteur et Preserver évoquent la richesse de l’histoire, du patrimoine et de l’identité de la marine canadienne. Je suis convaincu que les futurs Protecteur et Preserver continueront de servir les Canadiens avec distinction. », a déclaré à ce propos le ministre de la Défense Harjit S. Sajjan.

« Alors que nous nous tournons vers l’avenir avec la nouvelle flotte de la Marine royale canadienne, nous n’oublions pas d’où nous sommes partis, ni par où nous sommes passés. De nombreux marins de la Marine royale canadienne, actifs et retraités, sont très attachés aux anciens NCSM Protecteur et Preserver. En baptisant les nouveaux navires, nous rendons hommage aux générations de marins qui ont servi à bord des anciens navires de la classe Protecteur. », a pour sa part déclaré le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne.

Les navires de soutien interarmées permettra aux groupes opérationnels navals de rester longtemps en mer n’importe où dans le monde sans avoir à faire escale pour se ravitailler, souligne le communiqué de TPSGC qui annonce l’attribution officielle du contrat.

Le navire assurera le réapprovisionnement en carburant, en munitions, en pièces de rechange, en provisions et en eau aux navires canadiens et alliés. Ces navires modernes appuieront également les forces déployées au moyen d’une installation de soins médicaux et dentaires ainsi que d’une capacité de réparation des hélicoptères.

Depuis le retrait du service des deux ravitailleurs canadiens, la Marine royale canadienne doit compter sur les navires alliés pour se ravitailler en carburant, en vivres, en munitions et en pièces de rechange au cours de ses missions à l’étranger.

Pendant ce temps, la livraison par le chantier Seaspan de Vancouver du premier des deux bâtiments, qui était officiellement prévue pour 2019 par le gouvernement, a été de nouveau reportée et le premier navire de ravitaillement ne pourra probablement pas être opérationnel avant au moins 2022.

La proue de l’Astérix le 20 juillet 2017, jour de la cérémonie d’inauguration du navire au Chantier Davie. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)

Pour sa part, Chantier Davie de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, fournira cette automne un navire commercial, le MV Astérix, réaménagé des fins militaires, d’ici à ce que les navires fabriqués par la Seaspan soient prêts.

Une conversion réussie qui a fait dire à certains que la Davie reprenait sa place parmi les chantiers majeurs au Canada.

Entre temps, le gouvernement britannique a dévoilé il y a peu une nouvelle stratégie en matière de construction navale qui est va complètement à l’opposé de ce qui se fait au Canada où la situation de quasi monopole des chantiers Irving et Seaspan et l’engorgement aux chantiers Seaspan a provoqué les retards que l’on sait dans la livraison des ravitailleurs qui faisaient cruellement défaut à la Marine canadienne.

La Grande-Bretagne met fin à une situation de quasi-monopole (dans ce cas BAE) en répartissant le travail à travers les chantiers du pays. L’objectif est de créer de la concurrence, réduire les coûts et soutenir l’industrie de la construction navale. Évidemment, en renouvelant la flotte de la marine britannique à meilleur coût, donc avec davantage de navires.

Le travail sera répartis dans différents chantier par lots. Les modules seront ensuite réunis et assemblés. En misant sur des navires moins coûteuse et la vente à des marines étrangères, les Britanniques veulent réduire la dépendance aux programmes gouvernementaux domestiques tout en réduisant les contrats en dents de scie dans l’industrie de la construction navale.

Faits en bref

Ce sera la deuxième fois dans l’histoire de la Marine royale du Canada que le nom Protecteur sera utilisé, et la troisième fois pour le nom Preserver.

Les honneurs de guerre servent à reconnaître publiquement une unité des Forces armées canadiennes pour sa participation active au combat contre un ennemi formé et armé et à en témoigner. Le Preserver perpétuera l’honneur de guerre «MER D’OMA » et le Protecteur, les honneurs de guerre «GOLFE ET KOWEIT» et «‘MER D’OMAN».

Le terme «paying off» fait référence à la pratique datant de la grande époque de la navigation britannique qui veut que les membres de l’équipage ne touchent leurs gages qu’au retour du navire à bon port. Dans la MRC, la tradition se perpétue, puisque le terme «paying off» désigne maintenant la cérémonie officielle durant laquelle le pavillon de beaupré, l’enseigne naval et la flamme de guerre sont abaissés, l’équipage quitte le navire pour la dernière fois, après quoi il n’est plus considéré comme un navire canadien de Sa Majesté (NCSM).

Le comité de désignation des navires est formé avant l’intégration d’un navire à la flotte de la MRC. Il est composé d’un petit groupe de hauts gradés de la Marine royale canadienne, d’historiens spécialistes de la marine et de vétérans chargés de présenter leurs recommandations au gouvernement du Canada.

Les derniers navires ayant porté les noms Protecteur et Preserver ont été mis en service en 1969 et1970, et retirés du service en 2015 et 2016 respectivement.

Les navires de soutien interarmées auront une capacité de ravitaillement en mer, ainsi des capacités de transport limitées en plus de soutenir les opérations à terre. Ils seront parmi les premiers navires de la Marine à être construits par l’un des chantiers navals canadiens qui sera sélectionné par voie d’appel d’offres dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale.

Les noms qui avaient été choisis précédemment sont Queenston et Châteauguay, en mémoire des batailles terrestre qui ont fait rage à Queenston Heights et à Châteauguay durant la guerre de 1912.

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