Moscou l’a fait, Washington veut détruire ses armes chimiques d’ici 2023

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Les États-Unis ont réaffirmé vendredi leur échéance de 2023 pour la destruction de leurs armes chimiques héritées de la Guerre froide, « félicitant » la Russie pour avoir totalement détruit les siennes et rappelant avoir largement financé le programme de Moscou.

« Nous sommes bien partis pour respecter l’objectif que nous nous sommes imposés de destruction totale d’ici fin 2023 », a indiqué à l’AFP un porte-parole du Pentagone.

« Plus de 90% des stocks américains ont été détruits et leur statut, ainsi que les progrès réalisés dans leur destruction, sont régulièrement rapportés à l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) », a-t-il ajouté.

Il a reconnu que l’échéance avait été repoussée au cours des années. Mais c’était pour des raisons « techniques » et « certainement pas par manque de budget », a-t-il ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mercredi la destruction des dernières armes chimiques russes, tout en accusant les États-Unis de traîner les pieds pour se débarrasser de ses propres stocks.

« Ils ont déjà reporté trois fois la date de la destruction, y compris sous prétexte d’un manque de budget ce qui, franchement, semble étrange mais bon… Nous nous attendons à ce que les États-Unis, et d’autres pays, remplissent tous leurs engagements pris dans le cadre d’accords internationaux », a-t-il relevé.

Le porte-parole du Pentagone a rappelé que Moscou « avait sollicité des financements pour un montant très significatif auprès des donateurs internationaux, y compris les États-Unis » pour détruire ses armes. « Les États-Unis ont apporté un milliard de dollars en assistance financière et technique ».

« Nous félicitons les Russes pour avoir achevé leur programme de destruction des armes chimiques », a-t-il poursuivi. « Nous sommes fiers d’avoir aidé les Russes à détruire leurs stocks d’armes chimiques ».

La Russie et les Etats-Unis, qui avaient amassé pendant la Guerre froide d’énormes stocks d’armes chimiques, s’étaient engagés à les détruire avant avril 2012 aux termes de la Convention de 1997 sur l’interdiction des armes chimiques, avant d’annoncer ne pas être en mesure de respecter ce calendrier.

La Russie avait ainsi reporté une première fois l’échéance à décembre 2015, avant de la repousser à nouveau à 2020.

Près de 200 pays ont adhéré à la convention de 1997, qui interdit la recherche, la production, le stockage et l’utilisation d’armes chimiques. Selon l’OIAC, 96% des armes déclarées par les pays signataires ont été détruites sous sa supervision.