Attentat terroriste à Edmonton lors du match d’appréciation des militaires au stade de football

La camionnette utilisée par l'homme qui a agressé un policier à l'arme blanche à Edmonton, au Canada, le 1er octobre 2017, et renversé ensuite quatre personnes.(Twitter/@IsrafilElRafa)
Temps de lecture estimé : 6 minutes
La camionnette utilisée par l’homme qui a agressé un policier à l’arme blanche à Edmonton, au Canada, le 1er octobre 2017, et renversé ensuite quatre personnes. (Twitter/@IsrafilElRafa)

Cinq personnes, dont un policier, ont été blessées samedi soir lorsqu’un véhicule a foncé sur eux, à Edmonton, en Alberta, dans ce qui est considéré comme une «attaque terroriste» par la police, rapporte la police d’Edmonton.
—–
Mise à jour 01/10/2017 à 17h36

Le suspect de l’attaque terroriste qui a fait cinq blessés, dont un policier, samedi soir lorsqu’un véhicule a foncé sur eux à Edmonton, en Alberta, est un loup solitaire connu de la police du nom Abdulahi Hasan Sharif.

à 11h00

Le policier est maintenant hors de danger.

—–

Le drame s’est déroulé en deux temps. Une première attaque survenue près du Stade du Commonwealth où se déroulait un match de football des Eskimos d’Edmonton, dans le cadre d’une soirée d’appréciation envers les militaires et une deuxième quelques heures plus tard, lorsqu’intercepté, le suspect a de nouveau pris la fuite, percutant au passage quatre piétons.

Le match de football entre les Eskimos d’Edmonton et les Blue Bombers de Winnipeg avait pour thème la «soirée de remerciement pour les militaires canadiens». Le Chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a participé aux cérémonies d’avant-match. Plus de 800 jeunes scouts étaient attendus sur place et bon nombre d’entre eux devaient camper devant le stade.

Le Service de police d’Edmonton a finalement réussi à arrêter l’homme d’Edmonton âgé de 30 ans qui a frappé avec sa voiture et sévèrement poignardé un policier d’Edmonton qui faisait la circulation près du stade, puis délibérément frappé quatre piétons avec un autre véhicule plus tard ce même samedi soir.

Les autorités, sans exclure totalement que d’autres personnes puisent être impliquées, croient que le suspect, connu des policiers, a agi seul.

L’EPS et l’équipe intégrée de sécurité nationale de la GRC (EISN) ont maintenant ouvert une enquête dans le cadre de la loi sur le terrorisme la section. 82.3 du Code criminel du Canada.

« Les membres de l’EPS ont arrêté un suspect de sexe masculin que nous croyons être responsable de ces actes de violence et l’ont placé en garde à vue plus tôt ce matin », a déclaré le chef de la police d’Edmonton, Rod Knecht. « Nous demandons à nos citoyens de rester vigilants et attentifs à leur entourage, et contacter la police s’ils notent d’autres activités inhabituelles autour de la ville ».

Vers 8 h 15 mn. hier, samedi 30 septembre 2017, le policier en uniforme de la police d’Edmonton Mike Chernyk faisait le contrôle de la circulation au cours d’un match de football de la Ligue canadienne de football (CFL) entre les Esquimaux d’Edmonton et les Blue Bombers de Winnipeg.

Le policier en uniforme était debout derrière une barricade de circulation et devant son véhicule de police à une intersection près de l’avenue 107A et de la rue 92, juste au sud-ouest du stade du Commonwealth (football). Soudainement, et sans provocation, un homme conduisant un Chevrolet Malibu blanche a percuté à grande vitesse et renversé les barrières de circulation qui séparaient les véhicules des piétons.

Le véhicule a ensuite frappé le policier, l’envoyant voler plus de 4 mètres (15 pieds) dans les airs, puis la Chevrolet Malibu, circulant encore à une vitesse élevée, est entrée en collision avec la voiture-patrouille du policier.

L’homme, âgé de 30 ans, a ensuite sauté hors de son véhicule et a donné plusieurs coups de couteau au policier.

Une lutte s’ensuivit.

Le suspect a ensuite fui la scène du crime à pied, en direction nord vers le bas de la rue 92. Le policier a quant à lui été transporté à l’hôpital avec plusiurs blessures.

un drapeau du groupe armé État islamique a été découvert dans la Chevrolet Malibu abandonnée.


(Vidéo fournie par la police d’Edmonton)

Plus tard, un peu avant minuit, à l’angle de Wayne Gretzky Drive et 112 Avenue, alors qu’un camion U Haul faisait l’objet d’une vérification à un contrôle routier, le policier au point de contrôle s’est aperçu que le nom sur le permis de conduire du conducteur du U Haul était le même que celui du propriétaire de la Chevy Malibu impliquée dans l’incident sur l’avenue 107A plus tôt dans la soirée.

Le camion U Haul, a alors fui la scène, prenant la direction du centre-ville d’Edmonton, poursuivi par les policiers. Au cours de la poursuite, le camion U Haul a délibérément tenté de frapper les piétons dans deux zones situées le long de l’avenue Jasper, entre la 107e et la 109e rue.

Les quatre piétons qui ont été frappés par le camion ont été transportés à l’hôpital avec de multiples blessures.

La poursuite s’est enfinconclue quand le camion U Haul s’est renversé sur l’avenue Jasper. Les policiers ont alors sorti le suspect du camion par la pare-brise qui avait été fracassé. Il a été menotté et arrêté et il est actuellement en garde à vue.

Cet incident n’est pas sans rappeller les modes opératoires d’attaques djihadistes à la voiture-bélier ces derniers mois dans plusieurs capitales européennes, comme à Barcelone, Londres, Nice, Berlin ou Stockholm.

Ce n’est pas non plus la première fois que le Canada est victime d’actes terroristes de ce genre, inspirés par le groupe armé État islamique. En octobre 2014, un jeune converti aux idées radicales, avait renversé avec son véhicule deux militaires sur un parking à Saint-Jean-sur-Richelieu, dont un avait perdu la vie. L’homme avait alors été abattu par des policiers alors qu’il cherchait à les attaquer avec un couteau.

Cette attaque avait été perpétrée deux jours avant la tuerie au Parlement à Ottawa où un jeune de 23 ans avait été tué après avoir tiré mortellement sur un soldat devant le monument aux morts.

Et en mars 2016, un Canadien se réclamant de l’islamisme radical avait aussi agressé deux militaires dans un centre de recrutement à Toronto.

Par ailleurs, plusieurs Canadiens ont rejoint les rangs de l’organisation État islamique (EI) au cours des cinq dernières années, et d’autres privés de passeport ou intercepté avant leur départ, ont été incarcérés sous le chef d’inculpation de terrorisme dans le cadre d’une législation renforcée après l’attaque à Ottawa.

Hier, le Montréalais Ismaël Habib, 29 ans, reconnu coupable d’avoir tenté de rejoindre le groupe extrémiste État islamique (EI) en Syrie a été condamné vendredi à neuf ans de prison.

Le Canada est membre de la coalition internationale en lutte contre le groupe EI. Si les avions de combat ont été retirés de cette coalition, des forces spéciales et des instructeurs canadiens sont toujours sur le terrain en Irak en appui à la lutte contre Daech.

Déclaration du premier ministre à la suite de l’attentat terroriste à Edmonton

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s’est pour sa part déclaré dimanche « extrêmement préoccupé et indigné » par les attaques dans la nuit à Edmonton.

«Le gouvernement du Canada et les Canadiens sont solidaires des gens d’Edmonton à la suite de l’attentat terroriste perpétré samedi qui a forcé l’hospitalisation d’un policier d’Edmonton et blessé d’autres personnes innocentes qui étaient venues encourager leur équipe de football et profiter de la soirée dans leur ville. Je suis extrêmement préoccupé et indigné par cette tragédie.

«Nos pensées accompagnent les blessés, leurs familles et leurs amis, ainsi que toutes les personnes touchées par cet acte de violence insensé. De plus, je tiens à remercier les premiers répondants qui étaient sur les lieux, ainsi que les autorités policières, qui ont travaillé toute la nuit pour assurer la sécurité des gens d’Edmonton et de l’Alberta. Chaque jour, les policiers s’exposent à des risques importants pour nous, et cet attentat nous rappelle durement les sacrifices auxquels ils consentent pour le bien de la population.

«Bien que l’enquête se poursuive, les premiers rapports indiquent qu’il s’agit d’un autre exemple de la haine contre laquelle nous devons demeurer vigilants. La GRC et le Service de police d’Edmonton travaillent en étroite collaboration par l’entremise de l’Équipe intégrée de la sécurité nationale en vue de traduire en justice les personnes impliquées dans cet acte.

«Nous ne pouvons pas laisser – et nous ne laisserons pas – l’extrémisme violent prendre racine dans nos communautés. Nous savons que le Canada tire sa force de notre diversité, et nous ne nous laisserons pas intimider par ceux qui cherchent à nous diviser ou à promouvoir la peur. Edmonton est une ville forte et résiliente, et je suis certain que ses citoyens se soutiendront entre eux pour surmonter ce tragique événement.»

Dimanche, le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale a lui aussi »condamné l’attentat d’Edmonton », adressant un message de solidarité aux victimes, ajoutant que « le Canada ne sera pas intimidé par la violence ».

Rachel Notley, la Première ministre de la province de l’Alberta, a également souhaité « un prompt rétablissement » au policier blessé tout en remerciant, sur son compte Twitter, la célérité des premiers secours.

*Avec AFP