Irak: ultimatum pour le retrait des peshmergas, la Coalition tente de calmer le jeu

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Des blindés de l’armée irakienne stationnés près d’un ancien poste militaire kurde, dans la ville de Taza Khurmatu, dans le nord de l’Irak, le 13 octobre 2017. (AFP/Marwan IBRAHIM)

Forces irakiennes et kurdes se faisaient face à la lisière de la ville de Kirkouk samedi, dernier jour donné par Bagdad aux peshmergas pour se retirer des zones prises il y a trois ans, tandis que Washington tentait de calmer les tensions.

Les blindés des forces irakiennes surmontés du drapeau national étaient postés à la mi-journée aux abords d’une rivière bordant au sud la ville de Kirkouk, a constaté un photographe de l’AFP.

De l’autre côté du cours d’eau, les peshmergas étaient visibles, derrière des remblais de terre et des blocs de béton sur lesquels le drapeau kurde avait été peint.

« Nos forces ne sont pas en mouvement et attendent désormais les ordres de l’état-major », a indiqué à l’AFP un officier irakien, sous le couvert de l’anonymat.

Vendredi, les forces irakiennes ont repris sans combat des positions où les combattants kurdes s’étaient installés dans le chaos créé par la percée fulgurante des djihadistes du groupe État islamique (EI) en juin 2014.

Cette avancée, au-delà des villages de Taza Khormatou et de Bachir, à une dizaine de kilomètres au sud de Kirkouk, des colonnes de chars et de blindés des forces gouvernementales et paramilitaires irakiennes s’est faite alors que les peshmergas s’étaient retirés dans la nuit.

– Infrastructures pétrolières –

Dans cette zone au sud du chef-lieu de la province éponyme se trouvent de nombreuses infrastructures pétrolières.

Les forces irakiennes sont « chargées de se redéployer dans les positions qu’elles occupaient avant le 9 juin 2014 », et cela, « sur ordre de l’état-major », a indiqué Ahmed al-Assadi, porte-parole des unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi, une coalition alliée de Bagdad et formée en 2014 pour contrer la progression de l’EI.

Le Premier ministre Haider al-Abadi martèle ne pas vouloir « mener une guerre contre (les) Kurdes », tandis qu’Erbil assure que « l’escalade ne viendra pas de (sa) part », mais les autorités de la région autonome comme du gouvernement à Bagdad ont massé leurs troupes dans la province disputée.

C’est déjà dans la province de Kirkouk que les tensions s’étaient concentrées le 25 septembre, jour du référendum d’indépendance kurde. Celui-ci avait été organisé par le gouverneur de Kirkouk, malgré l’opposition de Bagdad.

Une source proche de M. Abadi a d’ailleurs indiqué samedi à l’AFP qu' »aucun dialogue (avec les Kurdes) ne sera mené tant que les résultats du référendum ne sont pas annulés ».

D’Erbil, comme de Bagdad, des appels au dialogue sont régulièrement lancés, mais les deux parties se renvoient la responsabilité d’avoir fermé la porte aux discussions.

Pour éviter des violences, les forces irakiennes ont donné un ultimatum aux peshmergas. « Le temps imparti aux peshmergas pour revenir à leurs positions d’avant le 9 juin 2014 et remettre ces bases aux forces gouvernementales s’achèvera dans la nuit » de samedi à dimanche, a prévenu un haut responsable kurde qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.

– ‘Calmer les choses’ –

À l’approche de cette échéance, les États-Unis, qui ont des troupes déployées aussi bien aux côtés de l’armée irakienne que des peshmergas, ont dit essayer de « calmer les choses » et de voir comment ils peuvent « aller de l’avant sans perdre l’ennemi de vue », en référence à l’EI.

Si les forces massées dans la province de Kirkouk ne se sont pas affrontées jusqu’alors, des incidents ont eu lieu ailleurs dans le pays.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des échanges de tirs ont eu lieu à Touz Khormatou, dans la province voisine de Salaheddine, entre des membres du Hachd al-Chaabi et des peshmergas, a rapporté la municipalité, faisant « cinq blessés ».

Par ailleurs, à Hilla, au sud de Bagdad, une explosion a visé le siège et une antenne d’une compagnie de téléphonie mobile kurde, tandis que trois employés ont été brièvement enlevés, a indiqué une source policière.

Vendredi, Jaafar Cheikh Moustafa, commandant kurde à Kirkouk, avait confirmé le retrait des peshmergas de certaines positions prises en 2014.

Selon Erbil, les forces de Bagdad « veulent s’emparer des champs pétroliers, d’un aéroport et d’une base militaire ».

Les autorités centrales étaient en charge des champs pétroliers de Kirkouk jusqu’à ce qu’en 2008, les Kurdes prennent le contrôle de celui de Khormala. Et en 2014, ceux de Havana et Bay Hassan.

Ces trois champs pétroliers fournissent 250.000 barils de pétrole par jour sur les 600.000 b/j qu’exporte le Kurdistan contre l’avis de Bagdad.

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