La Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne devient la Fondation québécoise des Vétérans (PHOTOS/VIDÉO)

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Avec le transfert en 2016 de l’hôpital fédéral Sainte-Anne au réseau de la santé québécois, la Fondation de l’hôpital Sainte-Anne a décidé d’effectuer aussi une transition et est devenue officiellement aujourd’hui la Fondation québécoise des Vétérans.

En interview avec 45eNord.ca, le président de la Fondation québécoise des Vétérans, Pierre-Paul Pharand (également colonel honoraire de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes), estime que ce repositionnement était important.

«On s’est posé la question ‘Qu’est ce qu’on veut devenir dans le futur?’ Et ça a été très très rapide comme constat de notre part de dire, 1, on ne voulait pas laisser tomber les anciens combattants et 2, il y a un renouveau pour la question des militaires et des vétérans et on va aller plus loin dans notre quête de respect et de dignité des vétérans à l’échelle de la province».

Dédiée sous son ancienne forme aux vétérans de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée, la Fondation a par la suite intégré les vétérans de la nouvelle génération incluant ceux de Bosnie et d’Afghanistan. Cruciale pour s’occuper de nos plus anciens, importante pour les plus jeunes qui sont revenus blessés tant physiquement que mentalement, la nouvelle Fondation québécoise des Vétérans veut venir en aide aux jeunes vétérans en difficulté afin qu’ils réussissent leur transition à la vie civile, mais aussi contribuer au bien-être des plus anciens qui résident encore à l’Hôpital Sainte-Anne.

Pour le caporal à la retraite François Dupéré, blessé gravement en Afghanistan en avril 2011 lors d’une attaque kamikaze, l’hôpital Sainte-Anne a été un véritable appel d’air. Le jeune militaire décoré, qui a dû être hospitalisé trois mois, a perdu son œil droit, une corde vocale et un poumon, ainsi que l’usage de sa main gauche, mais s’est félicité d’être encore en vie et donne désormais de son temps pour ses frères d’armes.

Même son de cloche pour le caporal-chef à la retraite Jonathan Thériault, dont c’était la première fois qu’il s’exprimait publiquement sur son après-Afghanistan. Crises de panique, perte de mémoire, perte de sommeil, anxiété, peur de la foule, tentative de suicide, divorce… la spirale a bien failli emporter ce jeune vétéran, comme elle l’a fait avec des personnes qu’il connaissait, mais… «Depuis que je souffre de syndrome de stress post-traumatique, j’ai des hauts et j’ai des bas. Je travaille fort à accepter, à lâcher prise certaines choses. C’est difficile à faire, mais c’est plus facile à faire quand on a le soutien comme la Fondation avec de bonnes ressources.»

On a besoin d’aide. On est humains. On est pères, on est frères, on est fils… on a une âme, on a un cœur et cette âme-là et ce cœur-là peuvent être détruits par ce que tu vis, ce que tu vois et ce que tu fais.
Jonathan Thériault, vétéran d’Afghanistan

Au Québec seulement, on retrouve pas moins de 122.000 vétérans, dont 1 sur 4 a des difficultés de santé mentale, de solitude, d’exclusion, voire d’itinérance.

Pierre-Paul Pharand souhaite désormais que la Fondation québécoise des Vétérans agisse comme fédérateur et catalyseur et renforce ainsi l’efficacité des actions entreprises par les différents acteurs.

La fondation organise en juin 2018 un Grand rassemblement pour permettre aux vétérans et à leur famille de raffermir leurs liens avec leur communauté et les nombreux organismes canadiens et québécois qui les soutiennent.

La fondation organise également un Dîner du souvenir le 2 novembre au Club de golf Beaconsfield. Tous les bénéfices de cet événement seront remis à la Fondation afin d’améliorer la qualité de vie et de soins de ces vétérans qui y résident et reçoivent des soins et services. Toute demande de réservation doit être effectuée en communiquant avec Madame Carla Laarhoven à l’adresse suivante: maitred@bgcinc.ca.

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