La France attend du Canada sa participation au maintien de la paix au Sahel

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La France attend du Canada sa participation au maintien de la paix au Sahel (Archives/État major des Armées françaises)

La France engagée militairement au Sahel espère que le Canada décidera tout prochainement de participer à des opérations de maintien de la paix, notamment au Mali, a indiqué mercredi Kareen Rispal, ambassadrice de France au Canada.

« Je comprends que le Premier ministre canadien aura sur sa table d’ici quelques jours un certain nombre d’options pour intervenir en appui de certaines opérations de maintien de la paix. Est-ce que le Mali sera une option? On le souhaite », a indiqué Mme Rispal.

Il y a un peu plus d’un an, le Premier ministre Justin Trudeau avait annoncé la mise à disposition d’un contingent de 600 soldats canadiens pour des opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Son ministre de la Défense Harjit Sajan avait en novembre effectué une tournée en Afrique, dont une étape au Mali, et Justin Trudeau avait alors annoncé une décision « dans les prochaines semaines ».

Depuis, régulièrement interpellé au Parlement, le gouvernement canadien retarde sa décision en voulant s’assurer de l' »endroit où le Canada peut faire une contribution significative », a souligné Harjit Sajan.

Kareen Rispal a souligné que la France avait fait savoir au gouvernement Trudeau « que si il y avait un endroit où l’aide du Canada (…) serait précieuse, c’est au Mali ».

Le choix revient au Premier ministre, l’apport du Canada « n’est pas nécessairement » l’envoi de troupes de maintien de la paix, « ce peut être du matériel », a-t-elle expliqué en marge d’une conférence au Centre des relations internationales de Montréal (Corim).

La question du réinvestissement du Canada dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU avait été abordée par le précédent gouvernement français quand Manuel Valls, Premier ministre à l’époque, avait rencontré Justin Trudeau il y a tout juste un an.

En septembre 2016, à l’occasion du Sommet ministériel sur les opérations de paix à Londres, le ministre Sajjan déclarait pour sa part à l’émission Le Briefing de 45eNord.ca que le Canada avait tout intérêt à contribuer à la stabilisation de cette région du monde et que ses troupes y étaient préparées « «Lorsque vous avez les bonnes règles d’engagement, cela se traduit par le bon type de formation préalable au déploiement. […] Comme vous le savez, je suis un ancien officier de police aussi et l’usage de la force continue est quelque chose que la police fait, et faire en sorte que nos troupes sont bien préparées pour ces types de scénarios. […] Nous veillerons à ce que nos troupes disposent de l’équipement et la formation nécessaires pour être en mesure d’atténuer les menaces, mais plus important d’être en mesure d’avoir les bons outils pour être capables de protéger les civils».

Depuis, l’intérêt du Canada pour les missions de la paix était un peu passé dans l’ombre des nouvelles priorités de Washington. Paris comprenait et, en marge d’une conférence à Ottawa, le prédécesseur de Mme Rispal, Nicolas Chapuis, déclarait à 45eNord.ca que la France étaite prêt à attendre la décision d’Ottawa, même s’il souhaitait que le Canada s’engage au plus tôt aux côtés de la France.

Mais cette année, c’est le Canada qui est l’hôte de la Réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies, le plus grand rassemblement de ministres de la Défense concernant le maintien de la paix. Ce qui explique sans doute l’appel du pied de la nouvelle ambassadrice.

La conférence de cette année aura lieu les 14 et 15 novembre au Centre des congrès de Vancouver, à Vancouver (Colombie-Britannique). Plus de 500 participants provenant de plus de 70 pays et organisations internationales assisteront à la Réunion. Y aura-t-il alors l’annonce tant attendue. À suivre!

* Avec AFP

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