Les F/A18 australiens pour compléter provisoirement la flotte canadienne: Âgés, mais en pleine forme?

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Une formation de trois F / A-18 Hornets de la Royal Australian Air Force participe à une mission d’entraînement le 9 mars 2012 au dessus du désert du Nevada. (Archives/Senior Airman Brett Clashman/U.S. Air Force)

Alors que le rachat de chasseurs australiens pour compléter la flotte de CF-18 canadiens d’ici à ce qu’on parvienne à une solution définitive semble de plus en plus probable, Ottawa a tenu à préciser que les avions australiens qu’il envisage d’acheter sont, certes, presque aussi vieux que nos CF-18, mais ont beaucoup moins d’heures de vol.

En outre, le gouvernement Trudeau soutient en outre que Boeing n’empochera pas un sou dans cette éventualité, rapportait également aujourd’hui le quotidien La Presse sous la plume de Joël Denis Bellavance.

Le ministère de la Défense et le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada (SPAC) précisent que les avions de chasse dont le Canada envisage l’achat ne sont pas les Super Hornet acquis par l’Australie en 2007, mais des chasseurs F/A18 Hornets qui ont été fabriqués au début des années 90.

Ces avions, fait valoir Services publics et de l’Approvisionnement du Canada, sont certes presque aussi vieux que les CF18 des Forces armées canadiennes, mais ils compteraient moins d’heures de vol, ce qui permettrait de les utiliser pendant encore quelques années, a-t-on fait valoir au SPAC.

Vers la fin d’août 2017, le Canada a entamé des discussions avec le gouvernement de l’Australie sur la possibilité d’acquérir les chasseurs F/A-18 et les pièces de rechange connexes que l’Australie prévoit vendre, confirme aujourd’hui un communiqué de Services publics et Approvisionnement Canada.

Et cette semaine, Ottawa a confirmé que le 29 septembre 2017 il a présenté une déclaration d’intérêt, par laquelle il déclare officiellement son intérêt à l’égard de l’équipement de l’Australie. Le Canada s’attend à obtenir une réponse d’ici la fin de l’année en cours. Cette réponse indiquera plus en détail la disponibilité et le coût du chasseur et des pièces de rechange connexes que le Canada envisage d’acheter.

Plusieurs, sur nos pages comme ailleurs, n’ont pou s’empêcher de faire le parallèle avec l’achat des sous-marins britanniques qui a causé tant de maux de tête à la Marine royale canadienne, mais il semble qu’il n’y ait pas lieu de faire semblable parallèle.

En novembre 2016, le gouvernement du Canada avait annoncé son intention de remplacer la flotte de chasseurs de l’Aviation royale canadienne.

Mais, d’ici à ce qu’on puisse renouveler la flotte, le Canada a, aux dires du gouvernement Trudeau, un problème de « déficit de capacités ». Dans l’état actuel de la flotte canadienne de chasseurs, dit Ottawa, il est difficile de remplir nos obligations auprès du NORAD et de l’OTAN.

D’ici au remplacement complet de la flotte de CF-18, le gouvernement libéral canadien avait donc opté en 2106 pour une mesure provisoire qui consistait à acheter un certain nombre de Super Hornet pour remplir le «capability gap» (déficit de capacités) d’ici à ce qu’il parvienne à une solution définitive, choisissant un avion américain construit, étant donné, et l’urgence de combler le déficit de capacités, et l’importance de la défense continentale conjointe avec les États-Unis, paraissait logique.

Mais, en avril 2017, Boeing déclarait la guerre à l’avionneur canadien Bombardier.

Dans une plainte déposée en avril, Boeing soutenait que Bombardier vendait ses appareils «à des prix dérisoires» grâce, selon lui, à l’aide gouvernementale accordée à Bombardier au Canada. Boeing avançait que le transporteur américain Delta avait payé «20 millions de dollars américains pour des appareils qui coûtent 33 millions de dollars américains à produire».

Depuis, suite à la plainte de Boeing, le département du Commerce américain a imposé des droits compensatoires de 220 % sur les avions de la C Series de Bombardier et, une semaine plus tard, Washington est revenu à la charge avec des droits antidumping de 79,82 %.

Dans ces conditions, après une pareille attaque contre l’industrie aéronautique canadienne, plus question de faire affaire avec Boeing. Le premier ministre Justin Trudeau n’a cessé depuis de répéter l’intention de son gouvernement de ne plus «faire affaire» avec l’avionneur américain.

«Boeing ne va pas toucher un sou si on va de l’avant avec l’achat des avions de chasse de l’Australie», a insisté hier une source gouvernementale citée par le journaliste de La Presse et s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.

Le gouvernement Trudeau respecterait ainsi le souhait exprimé par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard qui demandait il y a deux semaines après la décision du département du Commerce des États-Unis, « au gouvernement fédéral et au premier ministre Trudeau de maintenir la ligne dure, très dure : pas un boulon, pas une pièce, bien sûr pas un avion venant de Boeing au Canada, tant que ce conflit n’est pas réglé de façon juste».

En un mot comme en mille, alors que Boeing s’attaque à notre industrie aéronautique, acheter des appareils directement de l’avionneur américain, quel que soit les mérites de tel ou tel avion, est politiquement impensable et enverrait le message qu’on peut impunément s’attaquer à nous sans qu’il y ait la moindre conséquence. Ce qui, à terme, serait peut-être bien pire que de se retrouver avec des chasseurs d’occasion jusqu’à ce que puisse être renouvelée la flotte de chasseurs canadiens.

Entre temps, dans son communiqué cette semaine, Ottawa a tenu à assurer les Canadiens que « les travaux préparatoires en vue du processus concurrentiel [qui mènera au remplacement de la flotte actuelle de CF-18, NDLR]sont déjà en cours. »

Dans le document intitulé Protection, Sécurité, Engagement: La politique de défense du Canada qui a été publié en juin 2017, le gouvernement réitérait d’ailleurs son engagement d’investir de manière appropriée dans les forces militaires canadiennes et le 7 juin dernier, alors qu’il dévoilait la nouvelle politique de défense, le ministre Sajjan annonçait que l’Aviation royale canadienne aura 88 avions de chasse au lieu de 65 prévu par le précédent gouvernement, pour remplacer sa flotte vieillissante de CF-18.

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