Les forces spéciales canadiennes suspendent leur mission en Irak

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Un membre des forces spéciales canadiennes, durant l'Opération IMPACT, le 20 février 2017. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Un membre des forces spéciales canadiennes, durant l’Opération IMPACT, le 20 février 2017. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Les forces spéciales canadiennes suspendent temporairement leurs opérations en Irak aux côtés des Kurdes et des Irakiens tant et aussi longtemps que la situation, très tendue actuellement, entre les gouvernements kurde et irakien ne se sera pas stabilisée.

Les autres activités de l’opération IMPACT ne devraient toutefois pas être affectées.

Le Canada avait triplé en février 2016 son contingent de forces spéciales pour le porter à 210 membres. Les membres des forces spéciales canadiennes en Irak fournissaient jusqu’à présent de l’entraînement, des conseils et de l’assistance aux forces kurdes, qui luttaient férocement dans le nord du pays contre le groupe armé État islamique (EI).

Le gouvernement fédéral a, depuis le début, refusé de prendre position dans les différents opposant les Kurdes et les Irakiens, notamment après le référendum du 25 septembre sur l’indépendance du Kurdistan irakien.

Les forces de sécurité irakiennes, avec tous les membres de la Coalition, ont réalisé des progrès substantiels ces derniers mois et contrôlent désormais la grande majorité de leur territoire. Cependant, la lutte contre l’EI est loin d’être terminé puisque les djihadistes détiennent toujours un territoire en Irak et devrait compter de plus en plus sur des attaques terroristes pour atteindre ses objectifs dans le pays à moyen terme.

Le Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada estime que la situation sur le terrain reste «fluide». L’état-major estime qu’il «faut du temps pour consolider les acquis récents, libérer tout le territoire tenu par Daesh (l’EI) et se concentrer de plus en plus sur les défis de la stabilisation».

Un peu plus tôt dans la journée, le gouvernement irakien avait suspendu ses opérations contre les forces kurdes pour tenter de parvenir à une solution négociée dans la crise ouverte par l’organisation dans la région autonome kurde d’un référendum controversé sur l’indépendance.

«Compte tenu de la fluidité de la situation actuelle, le Groupe de travail sur les opérations spéciales du Canada a suspendu temporairement l’aide fournie à divers éléments des forces de sécurité irakiennes. Une fois que les relations entre les forces de sécurité irakiennes et les principales priorités et tâches auront été clarifiées, le Groupe de travail reprendra ses activités».

En attendant que la situation soit moins tendue dans la région, les forces spéciales «continueront à surveiller la situation et à planifier les prochaines phases potentielles de l’activité opérationnelle».

L’hôpital de rôle 2, à Erbil, dans le nord irakien. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Mais l’Opération IMPACT continue donc dans son ensemble puisque les forces spéciales ne sont qu’une de ses composantes. Le détachement d’aviation tactique, l’installation médicale de rôle 2, et les efforts pour soutenir la Coalition dans les domaines des opérations de renseignement, du ciblage et du commandement et contrôle se poursuivront normalement. «Seule la fourniture d’une assistance à divers éléments des forces de sécurité irakiennes a été temporairement suspendue».

De son côté, Jordan Owens, la porte-parole du ministre de la Défense Harjit Sajjan, rappelle que le gouvernement du Canada a toujours affirmé qu’il continuait constamment « d’évaluer comment les Forces armées canadiennes peuvent soutenir le plus efficacement possible la coalition mondiale dans l’objectif de vaincre Daech. »

« Grâce aux nouveaux pouvoirs qui leur ont été attribués dans le cadre de la nouvelle politique de défense annoncée par notre gouvernement en juin, les Forces armées canadiennes disposent de la mobilité et de la flexibilité requises pour répondre aux besoins de nos alliés et partenaires. », souligne Jordan Owens.

« Les conditions sur le terrain en Irak sont instables, c’est pourquoi nous continuons d’évaluer les besoins de nos partenaires selon l’évolution de la situation. », explique donc la porte-parole du ministre Sajjan, ajoutant que « Nous sommes fiers du travail accompli nos soldats, et nous les remercions, ainsi que les membres de leur famille, pour les sacrifices qu’ils ont acceptés de faire dans le cadre des efforts déployés par le Canada pour rétablir la paix et la sécurité dans la région. ».