Trump contredit son secrétaire d’État et déclare que négocier avec Pyongyang est «une perte de temps»

Loin d'essayer de faire retomber la fièvre, Donald Trump (d) a redoublé de virulence jeudi face à la Corée du Nord de Kim Jong-Un (g) qui menace ouvertement le territoire américain de Guam, dans le Pacifique. (AFP/Archives / SAUL LOEB, Ed JONES)
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Alors que Rex Tillerson s’est fait le chantre de «pressions pacifiques» sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime nord-coréen, le président Donald Trump, imitant en cela Kim-Jong-un, tombe dans la surenchère verbale et sape les efforts de la diplomatie américaine. (AFP/Archives / SAUL LOEB, Ed JONES)

Le président américain Donald Trump a estimé dimanche que négocier avec la Corée du Nord était «une perte de temps», au lendemain de la révélation par Washington de «lignes de communications» avec Pyongyang.
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Mise à jour 03/10/2017 à 10h36

Le Pentagone apporte son « soutien total » aux efforts diplomatiques du secrétaire d’Etat Rex Tillerson pour régler la crise avec la Corée du Nord, a affirmé mardi le ministre américain de la Défense Jim Mattis.

En même temps, l’armée américaine « concentre ses efforts sur la défense des Etats-Unis et de leurs alliés », a ajouté M. Mattis, qui s’exprimait devant la Commission des forces armées du Sénat.
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«J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’État, qu’il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man…» (l’homme-fusée), a-t-il tweeté, reprenant l’une des ses références moqueuses au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

«… Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire», a ajouté le président américain.

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, avait affirmé samedi lors d’un déplacement en Chine que Washington avait ouvert des «lignes de communications» avec Pyongyang pour «sonder» la volonté du régime de Kim Jong-Un d’engager des discussions sur son programme nucléaire.

«Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang […] Nous pouvons leur parler, nous leur parlons», avait assuré aux journalistes M. Tillerson, alors que les deux pays n’ont pas de relations diplomatiques.

Le département d’État américain avait toutefois indiqué peu après que la Corée du Nord n’avait encore manifesté pour le moment «aucun signe d’intérêt» pour des pourparlers avec les États-Unis.

«Les officiels nord-coréens n’ont montré aucun signe d’intérêt pour des pourparlers sur la dénucléarisation», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert.

Rex Tillerson s’est fait le chantre de «pressions pacifiques» sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime nord-coréen, alors que le président Donald Trump et Kim Jong-Un se livrent de leur côté à une surenchère verbale.