À Bruxelles, le secrétaire américain à la Défense James Mattis prépare l’après-EI

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Le ministre américain de la Défense Jim Mattis (d), le 19 octobre 2017 à Arlington, en Virginie. (Archives/AFP/SAUL LOEB)

Afghanistan, Corée du Nord, Russie, Syrie… Le ministre américain de la Défense Jim Mattis arrive à Bruxelles mercredi pour deux journées de consultations sur ces dossiers brûlants avec ses alliés de l’Otan, puis de la coalition anti-EI.

Cette visite a lieu au moment où le président américain Donald Trump effectue un long séjour en Asie, sur fond de tensions décuplées avec la Corée du Nord depuis cet été après de nouveaux tirs de missiles et un essai nucléaire de Pyongyang.

La « menace mondiale » que constitue le régime de Kim Jong-Un sera au coeur du dîner de M. Mattis et de ses 28 homologues de l’Alliance atlantique mercredi soir au siège de l’organisation à Bruxelles.

La Russie, avec laquelle les relations se sont refroidies comme jamais en raison de la crise ukrainienne et qui est accusée d’avoir interféré en faveur de Donald Trump dans la campagne électorale américaine, est également au menu.

La diplomate en chef de l’Union européenne, Federica Mogherini, a été conviée au dîner.

Le lendemain, les ministres de la Défense de l’Otan doivent annoncer officiellement un renforcement de leur mission en Afghanistan, « Resolute Support » –qui compte actuellement quelque 13.000 soldats–, en signe de soutien à la « nouvelle stratégie » pour ce pays annoncée par M. Trump l’été dernier.

Les États-Unis demandaient à leurs alliés de l’Otan d’envoyer « environ un millier » de soldats supplémentaires en Afghanistan, où les talibans multiplient les attaques contre l’armée et les attentats, y compris dans la capitale Kaboul.

La nouvelle approche américaine, alors que Donald Trump a longtemps prôné un retrait d’Afghanistan, a été décidée en août après une longue évaluation de la situation sur le terrain, où les talibans regagnent du terrain et contrôlent près de 40% du territoire.

Jeudi après-midi, Jim Mattis doit réunir dans les locaux de l’Otan une soixantaine de ministres et représentants des pays de la coalition contre le groupe djihadiste État islamique (EI), pour faire le point sur la campagne militaire en Irak et en Syrie.

La chute de Mossoul et, plus récemment, de Raqa, la « capitale » du groupe jihadiste en Syrie, ouvrent la voie à des considérations sur « l’après » Etat islamique, a indiqué M. Mattis à des journalistes à bord de l’avion l’amenant en Europe.

« Les trois-quarts des questions qu’on me pose en ce moment portent sur l’après. Ce n’est plus: +Allons nous pouvoir arrêter et vaincre l’EI ?+. Maintenant, on me demande: +Que va-t-il se passer ensuite ?+ », a-t-il expliqué.

Les Occidentaux soutiennent les négociations pour trouver une issue à la guerre en Syrie organisées sous l’égide de l’ONU à Genève. En parallèle, la Russie et l’Iran, soutiens du régime de Bachar al-Assad, mènent avec l’opposition des pourparlers centrés sur les questions militaires, à Astana.

L’EI n’a jamais été associé à ces discussions. Délogé de Mossoul en Irak puis de Raqa, l’organisation ultraradicale a dû se replier dans la province syrienne de Deir Ezzor, où elle tente désormais de défendre ses derniers fiefs.

« La majorité du territoire contrôlé par l’EI a été libérée », a souligné mardi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

« Mais nous sommes conscients que cela ne met pas fin à la lutte contre l’EI, parce qu’il constitue une menace globale (…). Nous le voyons dans nos propres rues, où l’EI organise et inspire des attaques », a-t-il ajouté.

À Bruxelles, M. Mattis doit aussi rencontrer en tête à tête son homologue turc Nurettin Canikli.

Les tensions entre Washington et Ankara –les deux premières armées de l’Alliance atlantique– sont vives en raison des désaccords sur l’entraînement et la fourniture d’armes par les États-Unis aux YPG, une milice kurde syrienne en première ligne dans la lutte contre l’EI, mais qui est considérée comme un groupe « terroriste » par la Turquie.

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