Important colloque bientôt au CMR Saint-Jean sur la diversité et l’inclusion au sein de l’armée et de la police

0
(Jacques N. Godbout/45eNord.ca)

Le Centre international des études de la profession des armes (CIEPA) du Collège militaire royal de Saint-Jean organise un colloque sur le thème de: «L’enjeu de la diversité et de l’inclusion au sein des forces armées et des corps policiers» vendredi 17 novembre 2017 au Collège militaire royal de Saint-Jean.

« Ce colloque vise à établir des ponts entre la recherche et la pratique afin de permettre une saisie de l’enjeu de la diversité qui est la fois conceptuelle et guidée par une réflexion philosophique et politique, mais aussi pratique pour mieux comprendre comment dans la réalité concrète s’articule la différence et l’inclusion. », indique le communiqué qui annonce le colloque.

« L’enjeu de la diversité au sein des forces armées et des corps policiers est une préoccupation bien actuelle en particulier dans les sociétés libérales. Pour assurer une meilleure représentativité et ainsi se conformer à l’idéal égalitaire du libéralisme, plusieurs souhaitent que la composition des effectifs soit un reflet plus juste du profil de la population en général. », expliquent les organisateurs du colloque.

À cet effet, les corps policiers et les forces armées ont d’ailleurs adopté des mesures afin de favoriser l’équité et l’inclusion parmi leurs rangs.

Le colloque d’une journée qui se tiendra le 17 novembre propose de réfléchir aux trois thèmes suivants:

1. La diversité et l’inclusion dans les forces armées et les corps policiers: quel est
l’état des lieux ?

2. La gestion de la diversité: quelles politiques, pour quels buts ?

3. Relations publiques, diversité et recrutement: comment la diversité et l’inclusion
s’affirment-elles au sein des entreprises et des organismes gouvernementaux ?

L’inscription à ce colloque est sans frais et ceux et celles qui veulent y participer peuvent s’inscrire jusqu’au 16 novembre à 15h.

Le CIEPA

Le Centre international des études de la profession des armes (CIEPA) du Collège militaire royal de Saint-Jean, inauguré en avril dernier, a pour but d’être un carrefour d’échange de connaissances sur la profession des armes au Canada.

À la veille du retour de l’enseignement universitaire prévu pour l’automne 2018, le Collège s’affirme de plus en plus comme un centre d’excellence et de réflexion, comme l’expliquait en avril le commandant à l’époque le colonel Simon Bernard, remplacé depuis par le colonel Gervais Carpentier, «La proposition de mission du Centre international est de contribuer à l’avancement des connaissances de la profession des armes au bénéfice des Forces armées canadiennes et de ses partenaires sur la scène internationale.».

Le CIEPA qui souhaite être bientôt reconnu internationalement dans le domaine de la recherche sur la profession des armes, s’est d’ailleurs s’associé à d’autres centres de recherche internationaux comme les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, et l’école de sous-officiers du Marine Corps américain à Quantico.

La diversité et l’inclusion, toujours fragiles

Non seulement la diversité est une préoccupation bien actuelle dans nos sociétés sociétés libérales, mais avec le vent de droite qui souffle sur nos sociétés, la bataille pour des forces de sécurité inclusives est loin d’être gagnée. La vigilance s’impose en cet ère où sont remises en question des avancées qu’on tenaient pour acquises il n’y a pas si longtemps.

Chez nos voisins du Sud, en septembre dernier, le directeur d’une académie militaire américaine a du intervenir avec force quand il a découvert des insultes racistes dans son établissement: «Si vous n’êtes pas capable de traiter quelqu’un d’une autre race ou d’une autre couleur de peau avec dignité et respect, alors il faut partir», avait déclaré aux élèves-officiers le général Jay Silveria, directeur de l’Académie de l’armée de l’Air à Colorado Springs, dans le Colorado (ouest du pays).

Les démons de l’intolérance semblent avoir été libérés et, dans cette Amérique qui devient peut-être de moins en moins inclusive, le président américain signait fin août un document ordonnant au Pentagone de ne plus recruter de personnes transgenres, décision toutefois bloquée depuis par la justice américaine, dernier rempart contre la droitisation accélérée de la société américaine.

Ici au Canada, depuis l’arrivée d’un gouvernement libéral et progressiste à Ottawa, nous avons pris le chemin inverse en ce qui a trait aux droits des femmes et des minorités.

Alors que les droits de certains groupes, notamment les personnes LGBTQ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, « queer »), sont battus en brèche dans l’Amérique de Donald Trump, dans une directive récente le chef d’état-major de la Défense canadienne, le général Jonathan Vance, qui écrivait en juin dernier que dans un effort pour promouvoir la diversité et l’inclusion au sein de l’armée canadienne tous les militaires étaient invités à participer en uniforme aux activités de la fierté LGBTQ, participait lui-même pour la première fois en août en compagnie d’un groupe de hauts responsables militaires en uniforme au défilé de la fierté à Ottawa, auquel prenait part également le premier ministre Justin Trudeau.

Mais on aurait fort probablement tort de prendre pour acquis le libéralisme et l’ouverture de la société canadienne, comme l’a prouvé l’histoire récente au sud du 45e parallèle. La diversité et l’inclusion demandent et demanderont sans doute toujours des efforts si on en croit ceux et celles qui se sont battus pour se faire une place et ouvrir le chemin.

Tout récemment, évoquant lors d’un dîner la différence entre les hommes et les femmes au sein des armes de combat, la brigadier-général Jennie Carignan, chef d’état-major des opérations de l’Armée et première femme à atteindre ce grade dans les armes de combat, expliquait que « La diversité, c’est inconfortable et ça demande beaucoup d’efforts, mais c’est l’effort de cette diversité là, à l’interne, entre nous, qui crée des soldats plus créatifs, plus tolérants, plus résilients et plus curieux… et donc plus à l’aise d’opérer dans toutes sortes de contextes, de situations et d’environnements, pour lesquels des fois il n’y a aucune solution. ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.