Kevin Omar Mohamed, terroriste et mauvais stratège, pointait le Collège militaire à Kingston comme cible

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Le Canadien Kevin Omar Mohamed, condamné à 4 ans et demi de prison le 31 octobre 2017 pour avoir joint le Front Al-Nosra. (Compte twitter/@TheTerrorScoop)

Kevin Omar Mohamed, un ancien élève ingénieur canadien arrêté en mars 2016 et condamné la semaine dernière à 4 ans et demi de prison après avoir plaidé coupable à l’accusation d’avoir participé «à une activité d’un groupe terroriste» pour s’être rendu en Moyen-Orient en 2014 avec l’intention de rejoindre le Front Al-Nosra, avait pointé à ses « frères » terroristes le Collège militaire royale du Canada à Kingston comme cible potentielle.

Dans un message dont la Gendarmerie royale du Canada a fait état en Cour, mais qui n’a pu être divulgué que maintenant, l’ancien étudiant de l’Université de Waterloo, quelques semaines après les attentats d’octobre 2014 qui ont coûté la vie à l’adjudant Patrice Vincent à Saint-Jean-sur-Richelieu et au caporal Nathan Cirillo à Ottawa, demandait à ses « frères qui vivent en Occident » ce qui les empêchait de «tuer des soldats vulnérables en ce moment».

Dans le but d’aider à identifier une cible potentielle au Canada, il dépeignait le Collège militaire royal du Canada à Kingston comme «une cible potentielle … un endroit où plusieurs soldats non armés seraient vulnérables».

« Au Canada, il y a une école appelée Collège militaire royal du Canada à Kingston », explique-t-il. « Des tas d’étudiants habillés en uniforme militaire. Je crois qu’ils ont un certain accord pour servir dans l’armée après l’obtention du diplôme. Dans toute la ville, les étudiants se promènent en uniforme. Ils ne sont probablement pas armés, mais il y a des escouades de police qui patrouillent constamment dans la ville, plus que dans les villes ordinaires », écrivait-il le 2 janvier 2015.

Pour lui, le Collège semblait tout de même une cible facile.

Un djihadiste à la recherche d’une cible facile

Mohamed, 24 ans, est né au Canada et a grandi dans la région de Durham, à l’est de Toronto. Il a fait ses études secondaire à Ajax. Son père travaillait dans une entreprise de vitre automobile à Oshawa. Sa mère est un agent immobilier de Whitby.

Alors qu’il était à l’université, il «est devenu très idéaliste». Il était «consterné» par le sort du peuple syrien.

Le 23 avril 2014, il a acheté un billet de Turkish Airlines à Toronto et le lendemain, il s’est envolé pour Istanbul, puis s’est rendu à la ville frontalière d’Antakya où il a traversé en Syrie pour rejoindre le Front Al Nosra, branche officielle d’Al-Qaïda,

Après quelques semaines avec le groupe terroriste, il est rentré à Toronto le 24 mai. Pour le jeune radicalisé, pour qui il n’y avait que deux options, vivre ne terre musulmane ou accomplir des actions terroristes en Occident, le Collège militaire à Kingston semblait une cible facile.

Les installations militaires ont toutefois des mesures de sécurité qui, même si elles ne sont pas visibles, surtout pour un observateur non averti, n’en sont pas moins efficaces.

Les Forces armées canadiennes évaluent continuellement les menaces, assurent-elles

Les Forces armées canadiennes évaluent continuellement les menaces qui pèsent sur ses membres et mettent en œuvre les mesures appropriées pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel. Et la sécurité, la sûreté et le bien-être de nos élèves-officiers, du personnel et des membres du corps professoral constituent une préoccupation majeure, assure les responsables militaires.

Bien sûr, les informations concernant les règles d’engagement, les mesures de protection de la force, y compris les détails spécifiques sur les tactiques, techniques, procédures, et les raisons et les délais de mise en œuvre ne sont pas divulguées pour des raisons de sécurité opérationnelle.

Mais « Nos mesures de protection de la force nous fournissent des réponses flexibles et évolutives aux diverses menaces auxquelles nous pourrions faire face sur le campus du CMR et celui du CMR Saint-Jean. », a tenu à assurer à 45eNord.ca la capitaine Leah Campbell du Collège militaire royal du Canada.

Le Canada, a-t-elle précisé, utilise une approche pangouvernementale pour évaluer et réagir continuellement aux menaces et aux dangers liés à la sécurité. Sécurité publique Canada dirige cet effort en coordonnant les activités des ministères et organismes fédéraux, y compris le ministère de la Défense nationale, en vue de protéger les Canadiens et leurs collectivités, les entreprises et les intérêts.

Il n’y aurait donc pas lieu de s’alarmer outre mesure. Toutefois, la sécurité absolue et le risque zéro, ça n’existe pas. Tant que des individus qui vivent parmi nous caresseront des projets terroristes, il faudra être vigilant. Nous avons ici, au delà du seul problème de sécurité, un véritable problème de société auquel il n’y a pas de solution facile.

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