L’armée syrienne reprend la dernière ville aux mains de l’EI

Appuyées par l'aviation russe, les forces du régime de Bachar al-Assad avaient réussi le 6 octobre 2017 à pénétrer dans la périphérie ouest de Mayadine, localité de la province de Deir Ezzor considérée comme l'un des derniers bastions des djihadistes en Syrie.(Fars News)
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Un hélicoptère volant au-dessus de la ville syrienne de Deir Ezzor, le 10 septembre 2017. (AFP/Archives/George OURFALIAN)

L’armée syrienne a annoncé jeudi avoir repris le contrôle total de Boukamal, dernière ville qui était encore aux mains du groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie.

«Les unités de nos forces armées, en coopération avec les forces supplétives et alliées, ont libéré la ville de Boukamal», située dans l’est de la Syrie, selon un communiqué de l’armée repris par les médias officiels.

Après plusieurs semaines d’une offensive soutenue par l’aviation russe, les troupes du régime et ses alliés -miliciens irakiens, iraniens et du Hezbollah libanais- avaient réussi mercredi soir à entrer dans la ville de Boukamal, près de la frontière avec l’Irak.

«La libération de la ville de Boukamal revêt une grande importance, car elle représente l’échec du projet du groupe terroriste EI dans la région», a précisé l’armée.

«Il s’agit d’un exploit», s’est-elle félicitée, précisant que cette reconquête allait lui permettre «de vaincre ce qui reste comme organisations terroristes» dans le pays.

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Le groupe état islamique (EI) a perdu Boukamal, ultime ville syrienne qu’il contrôle, et ne possède plus que quelques poches de territoires, principalement des deux côtés de la frontière poreuse entre la Syrie et l’Irak.

= Province syrienne de Deir Ezzor

Après la perte de la ville de Deir Ezzor le 3 novembre et la reprise de Boukamal annoncée ce jeudi par l’armée syrienne, le groupe EI contrôle moins du tiers de la province éponyme, riche en pétrole.

Les jihadistes sont confrontés dans la province à deux offensives distinctes, l’une par les forces du régime et l’autre par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus par la coalition emmenée par les Etats-Unis.

Bien que Boukamal soit une ville moins grande que Deir Ezzor, cette défaite prive l’EI de la dernière zone urbaine syrienne de son « califat » autoproclamé en 2014, qui s’est effondré. Il ne contrôle plus que des villages et au moins un champ pétrolier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Après le déclenchement de manifestations contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, des groupes rebelles s’étaient emparés de pans de la province de Deir Ezzor et de sa capitale. En 2014, lors d’une offensive fulgurante en Syrie et en Irak, l’EI avait conquis ces zones.

Début septembre, après une série de succès face aux rebelles sur les autres fronts, Damas a pu se focaliser sur Deir Ezzor et briser le siège imposé par les jihadistes dans des secteurs de la ville.

C’est ainsi le régime Assad soutenu par les alliés russe et iranien qui a repris la totalité de la capitale, au terme d’une offensive de deux mois.

Les jihadistes s’étaient alors retranchés à Boukamal, dernière localité avant la frontière.

Ailleurs en Syrie, le groupe EI est présent dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas. Il contrôle également de petits territoires dans la province de Homs (centre-ouest) et la région de Deraa (sud).

= Province irakienne d’Al-Anbar

Le 3 novembre, les forces irakiennes ont repris Al-Qaïm, gros bourg du désert occidental situé à une dizaine de km de la poreuse frontière syrienne. Le même jour, elles ont aussi repris le contrôle du poste-frontière reliant Al-Qaïm à la Syrie.

Après la perte d’Al-Qaïm, dernière localité avant la province syrienne de Deir Ezzor, l’EI ne tient plus que la localité voisine de Rawa et ses environs désertiques, le long de la frontière.

Après neuf mois d’une sanglante guérilla urbaine dans les rues de Mossoul, deuxième ville d’Irak reprise en juillet, les troupes irakiennes livrent dans cette région un combat d’un type différent.

Pour mener à bien cette offensive, elles sont aidées par les unités dites de « mobilisation tribale » du Hachd al-Chaabi, coalition paramilitaire dominée par les milices chiites soutenues par l’Iran.

Elles sont aussi appuyées par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Selon la coalition internationale, environ 1.500 jihadistes étaient présents dans la région d’Al-Qaïm –150.000 habitants, issus d’une demi-douzaines d’importants tribus sunnites– au début de la bataille. Mais la plupart aurait depuis fui en direction de la Syrie.

Les revers territoriaux de l’EI ne signifient ni sa défaite définitive ni son éradication, préviennent les experts.[/toggle]

Le groupe djihadiste, après une montée en puissance spectaculaire en 2014, a été la cible de multiples offensives menées durant l’année écoulée par différentes forces qui ont réussi avec l’appui russe ou américain à le déloger des vastes territoires conquis en Irak et en Syrie.

L’EI se maintient dans la province de Deir Ezzor dans quelques villages et petites localités et contrôle au moins un champ pétrolier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Ailleurs en Syrie, l’EI est présent dans deux quartiers périphériques de Damas, Yarmouk et Hajar al-Aswad, et dans quelques poches de la province centrale de Homs et dans le sud syrien.

En Irak, l’EI contrôle encore la localité de Rawa et ses environs désertiques, près de la frontière syrienne.