Québec demande à Ottawa de revoir sa stratégie de construction navale afin d’inclure le Québec

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Le chantier maritime Davie à Lévis, sur la Rive-sud de Québec, a déjà été le plus important chantier naval du pays. (Archives/Pierre-Olivier Fortin/WikiCommons)

Chantier Davie, le seul chantier maritime majeur au Québec, a publié un communiqué ce matin pour remercier les membres de l’Assemblée nationale du Québec, et particulièrement le premier ministre Couillard, d’avoir adopté aujourd’hui une motion de façon unanime demandant au gouvernement Trudeau de modifier la Stratégie nationale de construction navale, que l’entreprise juge défaillante, afin d’inclure le Québec.

L’entreprise dont le chantier est situé à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, la capitale de la province du même nom, évoque également le maintien « de 1200 emplois de la classe moyenne dans le domaine de la construction navale.

« Le gouvernement fédéral investira près de 100 milliards de dollars au cours des prochaines 20 à 30 années dans les dépenses liées au renouvellement de sa flotte. Le Québec représente 50 % de la capacité du Canada en ce qui a trait à la construction navale et la province constitue 23 % de l’assiette fiscale du pays; cependant, elle reçoit moins de 1 % des dépenses fédérales en construction navale. », a déclaré Alex Vicefield, Président de Chantier Davie.

« Aujourd’hui, le Québec est à risque de perdre des emplois importants de la classe moyenne à cause de l’intransigeance bureaucratique et des obstacles s’interposant à un système d’approvisionnement déficient – malgré le fait évident que le Canada doit renouveler de toute urgence l’ensemble de sa flotte. », d’ajouter le président de l’entreprise qui en juillet dernier lançait l’Astérix, le ravitailleur construit à Lévis pour la Marine royale canadienne qui se trouvait en déficit de capacités pour faire face à ses obligations envers nos alliés suite au retard du chantier Seaspan de Vancouver dans la livraison des navires de soutien interarmées.

Douce revanche pour Chantier Davie, qui n’avait pas été retenu pour le grand projet de renouvellement de la flotte.

Le ministre libéral et responsable de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, n’avait pas hésité ce jour là à déclarer clairement que le pays avait besoin de Chantier Davie.

La proue de l’Astérix le 20 juillet 2017, jour de la cérémonie d’inauguration du navire au Chantier Davie. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)

« Nous sommes heureux que le premier ministre Couillard et les membres de l’Assemblée nationale soient unanimes à exhorter Ottawa de maintenant inclure Davie dans sa stratégie en matière de construction navale à long terme afin de fournir la capacité absolument nécessaire pour renouveler la flotte du gouvernement fédéral de manière plus rapide et économique », a pour sa part commenté Spencer Fraser, Chef de la direction de Federal Fleet Services, responsable du Projet Resolve de conversion de l’Astérix en ravitailleur pour la Marine royale canadienne. « Il s’agit d’une étape cruciale permettant la protection de 1200 emplois hautement qualifiés chez Davie ainsi que le maintien de 996 fournisseurs québécois et canadiens pour les prochaines 20 à 30 années. »

Comme le gouvernement fédéral l’indique clairement dans ses propres rapports, particulièrement dans le Rapport Emerson de 2016, la flotte du gouvernement fédéral rouille plus rapidement qu’elle ne peut être remplacée, note le constructeur naval québécois. La dure réalité est que la Stratégie nationale de construction navale n’a livré aucun nouveau navire depuis sept ans et son coût pour les contribuables dépasse les prévisions budgétaires de façon significative, fait valoir Chantier Davie qui ajoute qu’en outre, aucun nouveau brise-glace n’est à l’horizon pour au moins une décennie.

En ajoutant la capacité nécessaire, une Stratégie nationale de construction navale agrandie permettrait, fait valoir l’entreprise, le renouvellement de la flotte plus rapide réduisant ainsi l’impact de l’inflation global, la réduction des coûts croissants liés à l’entretien des navires vieillissants au-delà de leur durée de vie utile rentable et la distribution équitable des retombées économiques régionales partout au pays en doublant la capacité en matière de construction navale.

Fondé en 1825, le chantier Davie possède la plus grande cale sèche disponible au sein de l’industrie navale canadienne. Au début des années 90, le chantier Davie avait procédé à l’inauguration de frégates appartenant à la Marine canadienne qui avaient alors été construites et assemblées en partie à Lévis.

Mais depuis, le chantier était en perte de vitesse jusqu’à ce qu’il soit repris par de nouveau acheteurs. Il a alors connu un renouveau, contribuant depuis les cinq dernières années à l’économie canadienne à hauteur de 2,74 G$ et fournissant 3 004 emplois directs et indirects.

LE « NOUVEAU DAVIE »

2017: Le premier navire de soutien militaire de la classe Resolve pour la Marine royale canadienne (NM ASTERIX) a été entièrement conçu, financé et construit en deux ans, en respectant les délais et le budget.

2016: Livraison de la coque 718, l’Excellence, navire jumeau du Pride.

2015: Davie remporte le prix du chantier nord-américain de l’année, surpassant General Dynamics NASSCO de San Diego; une reconnaissance de la résurgence de Davie en tant que premier constructeur naval du Canada.

2014: Livraison de la coque 717, le Pride, exportée aux propriétaires norvégiens. Non seulement la plus grande exportation canadienne de l’année, mais aussi le navire commercial le plus complexe à avoir été livré en Amérique du Nord.

2013 à 2017: Cinq (5) contrats de prolongement de durée de vie de navires pour la Garde côtière canadienne, et ce, en respectant les échéances établies et les budgets prévus.

Davie est le plus grand chantier naval du Canada en taille des installations et possède toujours la plus grande capacité de production du pays. Sa taille et sa capacité sont trois fois plus importantes si on le compare à n’importe quel autre chantier naval au Canada. Il se classe d’ailleurs, souligne l’entreprise elle-même avec fierté, parmi les cinq plus grands chantiers navals en Amérique du Nord.

Et il semble bien avoir l’intention de reprendre définitivement sa place parmi les chantiers maritimes majeurs au Canada.

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