Requête des militaires homosexuels chassés des Forces: Ottawa et plaignants s’entendent, les détails mardi

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Le chef d’état-major canadien Jonathan Vance alors qu’il participait dimanche 27 août 2017 pour la première fois, au défilé de la fierté gay à Ottawa. (Twitter/@CDS_Canada_CEMD)

L’avocat torontois et défenseur des droits des homosexuels Doug Elliot a annoncé, samedi, qu’une entente de principe avait été conclue entre Ottawa et un groupe de personnes ayant intenté un recours collectif contre le fédéral parce qu’elles auraient été persécutées avec l’assentiment du gouvernement en raison de leur orientation sexuelle.

Doug Elliott, qui dirige l’action collective contre le gouvernement fédéral, a déclaré que les détails de l’entente seraient dévoilés mardi en même temps que la présentation d’excuses officielles de la part du premier ministre Justin Trudeau à l’égard des membres de la communauté LGBTQ ayant été victimes de discrimination au sein de l’armée, de la Gendarmerie royale du Canada et de la fonction publique fédérale des années 1950 aux années 1990.

Les plaignants du recours collectif soutiennent avoir été persécutés et forcés de quitter l’emploi qu’ils occupaient dans l’armée ou au gouvernement.

L’armée a en effet été jusqu’en 1992 le reflet grossissant d’une société homophobe, comme elle a été et est encore jusque dans une certaine mesure le reflet d’une société machiste, même si des changements majeurs ont eu lieu depuis et que les temps ont bien changé.

Les Forces armées canadiennes ont mené une guerre sans merci contre leurs militaires homosexuels jusqu’en 1992 et des centaines de soldats gais ont alors été intimidés, persécutés et congédiés en raison de leur orientation sexuelle: de 1976 à 1992, un règlement disait que les gais souffrent d’une «déviance sexuelle», comparable à la «bestialité» ou à la «grossière indécence». Les homosexuels devaient alors être identifiés et congédiés en toute discrétion. Des centaines de victimes de cette politique insensée aurait alors vécu des traitements inhumains.

Le défenseur des droits des homosexuels estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 9.000 personnes touchées par le recours collectif, des persécutés et chassés de leurs emplois sur une période de quatre décennies.

L’avocat, qui sera à Ottawa pour les excuses historiques de Justin Trudeau aux milliers de Canadiens gais, lesbiennes et transgenres qui ont été victimes de discrimination alors qu’ils travaillaient pour le gouvernement fédéral et servaient dans l’armée, avait déclaré plus tôt cette semaine que « Si les recours collectifs ne sont pas réglés, les excuses vont sonner creux. […].Si vous dites ‘Eh bien, pardonnez-moi s’il vous plaît, mais je ne ferai rien pour réparer les dégâts que je vous ai causés.’ Ce ne sont pas des excuses très sincères. »

Il semble donc qu’Ottawa, cette fois, a compris le message.

En outre, Justin Trudeau s’adressera également à toutes les personnes ayant été reconnues coupables d’accusations criminelles liées à des relations sexuelles entre partenaires du même sexe consentants. Le gouvernement libéral présentera le même jour un projet de loi visant à effacer des registres judiciaires canadiens toute condamnation pour relations homosexuelles consentantes.

Plusieurs ex-militaires qui ont été chassés des Forces armées canadiennes après la découverte par des enquêteurs militaires de leur homosexualité, seront aussi dans la capitale fédérale mardi pour entendre les excuses du premier ministre, qui sera accompagné du chef d’état-major, le général Jonathan Vance, et pour apprendre, espère-t-on, les détails de l’entente de principe intervenue entre Ottawa et les victimes des chasses aux homosexuels.

45eNord.ca sera également sur place à Ottawa pour vous rapporter les détails de l’entente dès qu’ils seront dévoilés.

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