Nouvelles sanctions canadiennes: les Russes le prennent mal, fustigent Ottawa et menacent

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Au centre, le ministère russe des Affaires étrangères, à Moscou.(Archives/WikiCommons)

La Russie a dénoncé des sanctions imposées vendredi par le Canada à une trentaine de ses ressortissants et promis des mesures de rétorsion.

Le gouvernement canadien a décidé vendredi de geler les avoirs au Canada et d’interdire sur son territoire 52 responsables du Venezuela, de Russie et du Soudan du Sud, qu’il accuse d’être corrompus ou liés à des violations des droits de l’homme.

Trente responsables russes sont visés en lien avec « des actes de corruption à grande échelle entourant la fraude fiscale de 230 millions de dollars américains révélée par Sergueï Magnitski en 2008», juriste russe mort en prison en 2009 dans des circonstances dénoncées par les Occidentaux, et « à des violations subséquentes graves de ses droits juridiques et fondamentaux durant son enquête et sa détention préalable au procès, y compris de la violence physique et psychologique ayant ultimement mené à son décès dans un centre de détention russe en novembre 2009 ».

Aleksey Vasilyevich ANICHIN
Alexander Ivanovich BASTRYKIN
Aleksey DROGANOV
Alexandra Viktorovna GAUS
Stanislav Evgenievich GORDIEVSKY
Victor Yakovlevich GRIN
Pavel KARPOV
Yelena KHIMINA
Vyacheslav Georgievich KHLEBNIKOV
Dmitry Vladislavovich KLYUEV
Dmitriy KOMNOV
Dmitry Borisovich KRATOV
Andrei Alexandrovich KRECHETOV
Aleksey KRIVORUCHKO
Artem KUZNETSOV
Larisa Anatolievna LITVINOVA
Oleg LOGUNOV
Viktor Aleksandrovich MARKELOV
Andrey PECHEGIN
Gennady Nikolaevich PLAKSIN
Sergei PODOPRIGOROV
Ivan Pavlovitch PROKOPENKO
Oleg SILCHENKO
Yelena STASHINA
Vladlen Yurievich STEPANOV
Olga STEPANOVA
Fikret TAGIYEV
Dmitri TOLCHINSKIY
Svetlana UKHNALYOVA
Natalya VINOGRADOVA

Ces sanctions sont prises en vertu d’une nouvelle législation, «la loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus», entrée en vigueur en octobre, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cette annonce « envoie un message clair selon lequel le Canada prendra des mesures contre les individus qui ont profité d’actes de corruption à grande échelle ou qui ont pris part à des violations graves des droits de la personne », a dit hier la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ajoutant être «ravie» d’invoquer cette nouvelle loi.

«Nous devons y répondre avec des sanctions similaires », a réagi tard vendredi le ministère russe des Affaires étrangères. «Si nos partenaires canadiens veulent jouer aux sanctions, nous serons forcés d’y répondre».

« Nous avons à maintes reprises mis en garde les autorités canadiennes contre les tentatives d’exercer des pressions en imposant des sanctions à la Russie. Nous leur avons dit que de telles actions ne resteraient pas sans réponse. À notre grand regret, Ottawa a de nouveau imposé des restrictions à nos citoyens sous le prétexte de la loi Magnitski [la loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, NDLR]récemment adoptée. », dit le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministère précise avoir décidé «d’interdire l’entrée en Russie d’un grand nombre de personnes du Canada», parlant de «dizaines» mais sans donner de noms, se contentant d’évoquer « les citoyens canadiens russophobes qui ont systématiquement détruit les relations bilatérales[ Canada-Russie, NDLR].

Mais Moscou va encore plus loin en défiant Ottawa dans des termes assez peu diplomatiques: « Cela soulève la question suivante: est-ce ce que voulait Ottawa? Est-ce que ses politiciens pensent vraiment qu’il est possible de faire pression sur la Russie? Ou sont-ils simplement en train de dorloter leurs ambitions politiques? », ajoutant sur le même ton: « Si nos partenaires canadiens aiment jouer aux jeu des sanctions, nous devrons réagir, même si nous préférons certainement développer une coopération constructive sur les questions importantes pour les peuples des deux pays. Nous espérons que les cercles politiques du Canada seront perspicaces et qu’ils abandonneront la politique destructrice qui exacerbe davantage les relations bilatérales. ».

Après pareille diatribe, difficile de prétendre que les sanctions décrétées hier par Ottawa laissent indifférents les Russes qui semblent en outre avoir développé une sérieuse allergie aux sanctions…

*Avec AFP

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