Syrie: futur «ajustement» dans la coopération avec Washington

Des combattants kurdo-arabes, regroupés au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), le 21 février 2017 en périphérie de la ville syrienne de Deir Ezzor (450 km de Damas). (AFP/Archives/DELIL SOULEIMAN)
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Des combattants kurdo-arabes, regroupés au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), le 21 février 2017 en périphérie de la ville syrienne de Deir Ezzor (450 km de Damas). (AFP/Archives/DELIL SOULEIMAN)

Washington va procéder à un « ajustement » dans la livraison d’armes à une alliance antidjihadiste dominée par les Kurdes en Syrie, selon un responsable kurde dont les propos ont été confirmés par le Pentagone.

La Turquie a réaffirmé avoir reçu des assurances de la Maison Blanche pour l’arrêt de la livraison d’armes aux Unités de protection du peuple kurde (YPG), la principale milice kurde en Syrie.

La Maison Blanche avait semblé moins explicite en évoquant de prochains « ajustements ».

Classées comme « terroristes » par Ankara, les YPG sont le noyau dur des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance soutenue par Washington et fer de lance de la lutte contre le groupe ultraradical État islamique (EI).

« Il n’y a pas de changements dans les rapports entre les Forces démocratiques syriennes et l’administration américaine », a assuré à l’AFP Abdel Karim Amr, un responsable de l’administration semi-autonome kurde en Syrie.

« Evidemment, il y aura un ajustement dans la livraison d’armes aux FDS après l’élimination de l’EI, mais il n’y a pas de changement dans la politique des Etats-Unis concernant la coordination avec » l’alliance, a-t-il souligné.

« Le soutien va se poursuivre jusqu’à ce que l’on élimine ce qui reste de (l’EI) dans toute la région où il y a coordination entre l’administration américaine » et les FDS, a précisé ce responsable des relations extérieures.

Il a qualifié l’annonce turque d' »incorrecte » et de « pas précise ».

« Nous sommes les partenaires d’une coalition internationale officielle qui lutte contre le terrorisme, ce partenariat se poursuit », a renchéri un responsable des médias des FDS, Mustefa Bali.

« Nous avons encore beaucoup à faire avec nos partenaires de la coalition », a-t-il souligné.

Interrogé à ce sujet, un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning, a confirmé que les États-Unis étaient en train de « réévaluer les ajustements à venir dans le soutien apporté à nos partenaires kurdes ».

Il a refusé de dire si les livraisons d’armes avaient été interrompues.

« Nous avons été très clairs avec la Turquie sur le fait que nous donnerions aux Forces démocratiques syriennes, qui comptent des éléments kurdes, des armes en nombre limité, spécifiquement calibrées pour la mission et distribuées petit à petit afin d’atteindre notre objectif, qui est de vaincre l’EI », a-t-il ajouté.

La Turquie considère les YPG comme une émanation en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan turc (PKK), classé « organisation terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux.

Ankara avait assuré avoir obtenu vendredi des assurances du président américain Donald Trump selon lesquelles Washington cesserait de fournir des armes aux YPG.

Estimés à 15% de la population syrienne et longtemps opprimés par le régime de Damas, les Kurdes ont profité de la guerre ravageant la Syrie depuis 2011 pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu’ils contrôlent, dans le nord et nord-est du pays.