Vétérans: pour ne plus être à la remorque d’Ottawa, l’UQO lance son équipe de recherche en santé mentale (PHOTOS)

0

Pour ne plus être à la remorque d’Ottawa, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) lance sa propre équipe de recherche en santé mentale. Mercredi 8 novembre, pendant la Semaine des anciens combattants qui précède le Jour du Souvenir, avait lieu le lancement officiel de l’Équipe de recherche et d’intervention en santé mentale des anciens combattants et de leur famille (ÉRISM-AC/F) et l’inauguration du local de recherche de l’équipe situé au Campus Saint-Jérôme de l’Université du Québec en Outaouais.

On ne peut plus strictement ne compter que sur le fédéral, estime les chercheurs à l’origine de cette nouvelle équipe. Cela est d’autant plus important, jugent les chercheurs de la nouvelle équipe de l’UQO, que la carrière militaire a de profondes répercussions sur le plan de la santé et sur le plan familial.

« J’ai vu la souffrance de mes propres yeux dans mes expériences professionnelles à Kandahar, en Allemagne et dans les cliniques des Forces armées canadiennes », déclare pour sa part l’un d’eux, Dave Blackburn.

Libéré volontairement en 2014 avec le rang de major, le professeur Blackburn, docteur en sociologie de la santé et qu’on peut lire régulièrement sur 45eNord.ca, est maintenant professeur régulier à l’UQO où la santé mentale et les Forces armées canadiennes sont au centre de ses préoccupations et de ses recherches.

« J’ai perdu des connaissances par suicide. J’ai vu des amis tenter d’endormir leur blessure de stress opérationnel en surconsommant de l’alcool. J’ai vu et échangé avec des vétérans dans la rue », poursuit l’ex-militaire devenu chercheur.

En outre, ajoute-il, la carrière militaire est un mode de vie et, en rangeant l’uniforme à la retraite, on range une partie de soi et on sort de la famille militaire.

On ne quitte pas les Forces armées, qui ont bien souvent changé une personne à jamais, avec autant de facilité qu’on quitte d’autres « emplois ».

Ne plus compter strictement sur le gouvernement fédéral

Hélas, ne peut plus compter strictement sur le gouvernement fédéral, estiment les responsables de la création de cette Équipe à l’UQO.

La recherche en santé mentale des anciens combattants francophones est jusqu’ici peu développé et peu organisée, malgré des besoins criants, déplorent les chercheurs. En termes d’intervention, il existe très peu d’organismes et de services communautaire qui consacrent, ici, leurs activités à la communauté des anciens combattants et peu d’intervenants professionnels sont spécialisés dans les question touchant les anciens combattants.

Il importait de ne plus être totalement tributaires du ministère de la Défense et de celui des Anciens combattants pour l’approbation de la recherche sur les militaires et les vétérans d’ici, ne cache pas Dave Blackburn.

S’intéressant tout particulièrement au vaste champ de la santé mentale des anciens combattants du Québec et de leur famille, les professeurs Éric Tchouaket, Drissa Sia, Fanny Robichaud et Dave Blackburn ont donc pris l’initiative de créer cette équipe de recherche afin centraliser leurs efforts, afin de faciliter le transfert des connaissances et afin de développer des partenariats avec les organisations communautaires de vétérans/familles et les municipalités pour intervenir sur les enjeux contemporains qui touchent les hommes et les femmes qui ont porté l’uniforme canadien.

Depuis 2014, l’Université du Québec en Outaouais est quant à elle particulièrement active dans la recherche en santé des anciens combattants. Elle est membre de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans et cela a permis aux professeurs à l’origine de la création de l’Équipe d’avoir accès à des subventions de recherche dans ce domaine. En plus des sommes importantes obtenues, les chercheurs de l’UQO ont pu faire l’embauche de plus de 25 assistants et professionnels de recherche.

Déjà des projets en cours

L’équipe de recherche et d’intervention lancée vendredi a un but précis: contribuer au bien-être des anciens combattants francophones et de leur famille, indiquent les chercheurs.

Au centre des activités de recherche et d’intervention de la nouvelle équipe: la santé mentale des anciens combattants et des familles, le passage à la vie civile des anciens combattants, les impacts du mode de vie militaire sur les anciens combattants et l’intervention psychosociale.

Déjà, des projets de recherche sont en cours: une étude sur le bien-être et la transition militaire civile, une étude pilote sur les thérapies assistées par le cheval et les anciens combattants avec une condition de santé mentale, une étude sommative du programme d’aide pour les vétérans en équitation thérapeutique, et une études sur les conséquences d’un décès sur la famille d’un ou d’une militaire.

Les connaissances acquises par ces recherches, transmises ensuite aux organisations d’anciens combattants et aux municipalités, devraient enfin leur permettre de mieux atteindre leurs objectifs sur le terrain qui, il ne faut pas se le cacher, n’ont peut-être pas toujours à coïncider la vision des fonctionnaires de la capitale fédérale…

Les commentaires sont fermés.