Les CH-148 Cyclone pour la Marine royale canadienne incapables «d’atterrir» sur les bateaux!

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Un Cyclone CH-148, à Shearwater (Archives/Sikorsky)

Un autre épisode dans la saga des hélicoptères CH-148 Cyclone destinés à remplacer nos vénérables Sea King: un obstacle inattendu a surgi lors de la mise à l’essai des nouveaux hélicoptères fournis par Sikorsky à la Marine royale canadienne: certains Cyclone vont devoir être amputés de leur sonar avant de pouvoir atterrir sur les bateaux.

Les sonars risquent en effet d’être heurtés par le système qui permet d’ancrer les hélicoptères au bateau à l’atterrissage, a en effet expliqué la Marine royale canadienne.

Le Helicopter Long-Range Active Sonar (HELRAS) DS-100 est capable d’opérer à des profondeurs de 500 mètres. (L3 Ocean Systems)

Le Sonar actif à longue portée,(Helicopter Long Active Sonar ou HELRAS), fabriqué par L3 Ocean Systems est un «système additionnel» qui peut être utilisé pour détecter des cibles sous-marines.

Le sonar, qui est plongé dans l’eau au moment de son utilisation, dépasse malheureusement légèrement sous le fuselage de l’hélicoptère en position remontée lors de l’appontage. «La protubérance» présente un risque d’accrochage avec le système d’atterrissage C-RAST, rapporte la major Holly-Anne Brow, citée par La Presse Canadienne.

Le système de sonar utilisé par certains CH-148 Cyclones devra donc être retiré pour que les hélicoptères puissent atterrir sur les navires.

D’ici là, les appareils ne sont pas autorisés à participer à des opérations sur les navires. Un autre épisode dans la longue saga des Cyclone.

Après de multiples retards, sur les 28 appareils commandés à Sikorsky pour remplacer la flotte de CH-146 Sea King, la Marine royale a fini par commencer à recevoir les premiers appareils, mais les difficultés ne faisaient que commencer.

Dans la longue série de difficultés qu’a connu cet hélicoptère destinés à remplacer nos vénérables Sea King qui doivent absolument prendre leur retraite incessamment après 54 ans de service, en avril dernier, le commandant de la 1re Division aérienne du Canada avait dû ordonner l’interruption provisoire des opérations de vol des CH-148 Cyclone, clouant ainsi au sol les Cyclone une deuxième fois en moins de trois mois, avec le risque de retarder le programme de formation des pilotes.

En janvier 2017, déjà, après un avertissement mondial lancé par la firme Sikorsky, l’Aviation royale canadienne avait décidé de clouer au sol ses hélicoptères CH-148 Cyclone, puisque ses derniers auraient pu présenter un risque inacceptable.

Quant au problème de « protubérance » du sonar qui interdit l’appontage qui vient de surgir ce mois-ci, les 14 hélicoptères connus comme le bloc 1 et qui sont équipés du sonar qui les empêche d’apponter, ils pourront participer à des opérations à partir du sol, mais ne pourront servir à des essais et à des entraînements qu’une fois les sonars retirés par les équipes d’entretien. Les CH Cyclone disposent heureusement d’autres systèmes de détection des cibles sous-marine.

Le HELRAS lui, la porte-parole de la Marine royale canadienne indique que le fabricant américain va redessiner le système de sonar afin d’éviter le même problème avec les 14 prochains hélicoptères. Restera à savoir quels seront les coûts de cette modification et qui les assumera.

«Lorsqu’il sera prêt, le CH-148 Cyclone sera en mesure d’accomplir tout type de mission de guerre anti-sous-marine et anti-surface, de recherche et de sauvetage et utilitaire dans divers milieux, ce qui fera de lui l’un des hélicoptères maritimes les plus polyvalents du monde.», ne manque pas de rappeler la Marine pour mieux faire passer la pilule.

Mais, après toutes ces difficultés et les importants retards dans le programme des Cyclone, dès qu’il y a un problème les responsables militaires «marchent sur des œufs» tant l’impatience est grande de voir remplacer les Sea-King qui ont dépassé le demi-siècle de service.

Le prochain lot de Cyclones devrait être livrés en février 2018.

Mais il faudra se résigner à attendre un peu avant 2025 pour atteindre la capacité opérationnelle totale, c’est à dire que tous les appareils soient équipés de la même capacité, et que les équipages et les techniciens soient tous formés sur cette capacité.

Entre temps, les Sea King, en service depuis 1963, ne continueront à opérer sur les navires de guerre canadiens que jusqu’en décembre de l’année prochaine, alors que les essais et l’entraînement sur les Cyclones se poursuivent. Encore plus de déficits de capacités à prévoir.

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