Dix ans après son incendie, le brise-glace argentin Almirante Irizar repart pour l’Antarctique

Dix ans après son incendie, le brise-glace argentin ARA Alirante Irizar repart pour l'Antarctique. Ici, le brise-glace quitte Buenos Aires le 26 décembre pour l'Antarctique où il soutiendra les activités scientifiques et ravitaillera les bases antarctiques. (Armada argentina)
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Le brise-glace ARA Almirante Irízar, emblème de la marine argentine, est reparti cette semaine vers les terres lointaines et gelées de l’Antarctique, dix ans après un incendie qui l’avait presque totalement détruit.

Le bateau, en mission scientifique et logistique, a levé l’ancre sans grandes festivités, alors que le pays reste traumatisé par la disparition mi-novembre du sous-marin San Juan dans l’Atlantique sud, avec 44 membres d’équipage.

Depuis l’incendie de 2007, tous les efforts ont été mis en oeuvre pour sa remise en état de marche. L’Argentine a 13 bases scientifiques sur le continent austral et le navire joue un rôle-clé pour les relier et les ravitailler.

« Il ne desservira pas toutes les bases mais la plupart d’entre elles, y compris celles qui sont temporaires », a expliqué à l’AFP Fernanda Millicay, à la tête de la Direction nationale de l’Antarctique, qui coordonne l’activité de l’Argentine sur ce continent.

Selon elle, la mission a « un intérêt stratégique, politique et juridique, en raison de la revendication territoriale. Ce grand déploiement logistique satisfait les nécessités de la science, mais la science obéit elle aussi à ces critères ».

L’Argentine, ainsi que six autres pays (Australie, Chili, Royaume-Uni, France, Norvège et Nouvelle Zélande), réclament une part du continent glacial. Des ambitions toutefois gelées par le traité sur l’Antarctique, en vigueur depuis 1961.

« Nous cherchons tout naturellement à continuer à être un acteur-clé en Antarctique. Pour ça, il nous faut maintenir une influence sur les décisions qui sont prises et qui se basent principalement sur la science. Il nous faut un programme scientifique intensif », a expliqué Mme Millicay.

Près de 150 professionnels ont travaillé pour redonner vie à l’Almirante Irízar, a expliqué à l’AFP Jorge Arosa, président du Complexe industriel et naval argentin (CINAR) à Buenos Aires.

« Il est plus complexe de réparer et de moderniser que de construire a partir de zéro », selon M. Arosa, mais « si aujourd’hui nous voulions acheter ce même bateau sur le marché, nous devrions payer au moins 100 millions de dollars de plus que ce qu’il a fini par coûter ».