Le Canada annonce de nouvelles mesures de soutien à la lutte contre les mines

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Mines antipersonnel. (WikiCommons)

Le Canada souligne le 20e anniversaire de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines terrestres et annonce d’autres mesures de soutien à la lutte contre les mines.

Le Canada est déterminé à éliminer les mines terrestres dans le monde, comme le précise l’historique Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel adoptée il y a 20 ans à Ottawa, au Canada.

Chaque État adhérant à la Convention s’engage à:

ne jamais employer, mettre au point, produire, acquérir, stocker, conserver ou transférer à quiconque de mines antipersonnel

détruire toutes les mines antipersonnel en sa possession au plus tard quatre ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie.

détruire toutes les mines antipersonnel présentes sur des zones de son territoire dans les dix ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie et après les avoir identifiées et signalées.

fournir et/ou demander assistance auprès des autres États parties pour remplir ses obligations si possible et dans la mesure du possible
prendre toutes les mesures législatives appropriées pour prévenir et réprimer toute activité interdite à un État partie en vertu de la Convention.

Il peut cependant conserver un faible nombre de mines antipersonnel afin de former aux techniques de détection, déminage et destruction des mines.

Depuis la signature de la Convention d’Ottawa le 3 décembre 1997, d’importants progrès ont été faits, comme la destruction de 51 millions de mines terrestres et le déminage de vastes étendues de terres et de routes. Ces mesures ont permis de réduire le nombre de victimes des mines terrestres et donné aux collectivités la possibilité de récupérer des espaces qu’elles n’avaient pas pu utiliser après un conflit.

Même si le Canada célèbre les progrès accomplis au cours des 20 dernières années, il reconnaît que beaucoup de travail reste à faire pour mettre fin au fléau que représentent les mines terrestres. À cette fin, la ministre des Affaires étrangères, l’honorable Chrystia Freeland, a annoncé aujourd’hui un soutien additionnel de près de 12 millions de dollars afin de poursuivre l’objectif du Canada, qui est de débarrasser le monde des mines terrestres et de réduire la menace que représentent d’autres restes explosifs de guerre.

Les mines et autres restes explosifs de guerre font un plus grand nombre de victimes directes chez les hommes et les garçons, et cela de façon disproportionnelle. Toutefois, ce sont généralement les femmes qui assument la responsabilité principale de s’occuper des survivants et des victimes indirectes. Lorsqu’un conjoint ou un autre homme de la famille perd la vie ou devient handicapé des suites de blessures causées par une mine antipersonnel, les femmes peuvent être victimes de discrimination et de difficultés persistantes. Compte tenu de ces dimensions sexospécifiques, le Canada s’emploie à intégrer des considérations liées au genre dans ses initiatives de lutte contre les mines.

Le Canada continuera de défendre la cause d’un monde sans mines sur la scène internationale, grâce à ses projets d’action contre les mines et de promotion de la cause auprès de ses partenaires internationaux.

Citations

« Aujourd’hui, nous avons de bonnes raisons de célébrer. Depuis l’entrée en vigueur de la Convention d’Ottawa il y a 20 ans, les mines terrestres ont causé beaucoup moins de blessures et de morts. Mais il reste encore beaucoup à faire pour débarrasser le monde des mines terrestres. Nous continuerons à nous consacrer aux objectifs de la Convention d’Ottawa et à travailler avec tous nos partenaires pour mettre un terme définitif au fléau que représentent les mines terrestres. », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

« Vingt ans après la signature de la Convention d’Ottawa, le Canada demeure déterminé à agir contre les mines. Alors que nous célébrons cet anniversaire et les progrès remarquables que nous avons accomplis, nous nous souvenons de tous ceux qui, néanmoins, ont été tués ou mutilés par les mines terrestres au cours des deux dernières décennies. C’est en leur nom que nous nous engageons à continuer de faire tout ce que nous pouvons pour empêcher que les mines terrestres tuent et blessent les personnes qui vivent près de celles-ci. », a commenté Matt DeCourcey, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères.

« Le 20e anniversaire de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel devrait être l’occasion de nous réengager à atteindre l’objectif de débarrasser le monde de toutes les mines terrestres. Les mines sont, pour la population du Cambodge, de la Colombie, du Bangladesh, de la Syrie et d’ailleurs dans le monde, une des menaces les plus graves pour la vie et l’intégrité physique. Les mines terrestres constituent encore des armes de destruction massive, et il faut redoubler d’efforts pour éliminer leur incidence violente sur les personnes vulnérables du monde. », a pour sa part déclaré Lloyd Axworthy, ex-ministre des affaires étrangères du Canada sous le gouvernement du premier ministre Jean Chrétien (25 janvier 1996 – 16 octobre 2000) et qui a notamment contribué au mouvement visant à bannir les mines antipersonnel.

Les initiatives annoncées aujourd’hui dans le cadre du Programme pour la stabilisation et les opérations de paix d’Affaires mondiales Canada et du Fonds canadien d’initiatives locales totalisent près de 12 millions de dollars. Elles appuieront l’action contre les mines dans les régions du monde les plus touchées par les mines terrestres et les autres restes explosifs de guerre.

La lutte contre les mines au gouvernorat de Raqqa

Programme : Programme pour la stabilisation et les opérations de paix
Échéancier : 2018 à 2019

En Syrie, Daech a installé des engins explosifs dans des maisons, des écoles et des lieux publics. Ce projet dans le gouvernorat de Raqqa vise à assurer le retour sécuritaire des civils grâce à la collaboration des collectivités locales, qui aideront au repérage des endroits à risque et à la coordination du retour des personnes déplacées vers leur foyer. Cela inclut la sensibilisation et le déploiement d’équipes de déminage, y compris une équipe d’intervention d’urgence et des groupes dirigés par des femmes, le déploiement d’équipes de liaison communautaire pour repérer les sites à risque et la cartographie des zones minées et déminées.

La lutte contre les mines en Ukraine

Programme : Programme pour la stabilisation et les opérations de paix
Échéancier : 2018 à 2019
Partenaire : UNOPS

En raison du conflit en cours dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, des zones importantes, en particulier celles à proximité de la « ligne de contact » de Donetsk et de Louhansk, recèlent de mines terrestres, de munitions explosives non explosées et d’autres restes explosifs de guerre, qui posent de graves dangers pour la population régionale. Depuis septembre 2015, les Forces armées canadiennes offrent de la formation à l’armée ukrainienne, notamment dans le domaine de la détection et de l’enlèvement des mines terrestres et d’autres restes explosifs de guerre. Le financement susmentionné ira à l’achat de matériel et d’équipement non létaux servant à former les équipes de déminage ukrainiennes afin qu’elles enlèvent en toute sécurité les mines terrestres et les autres restes d’explosifs de guerre, conformément aux normes d’action contre les mines de l’ONU. Grâce à son soutien, le Canada contribuera aux efforts visant à améliorer la sûreté et la sécurité des centaines de milliers de personnes directement touchées par le conflit dans le Donbass.

La lutte contre les mines dans le sud de la Syrie

Programme : Programme pour la stabilisation et les opérations de paix
Échéancier : 2018 à 2019
Partenaire : Mayday Rescue

Des centaines de milliers de citoyens dans le sud de la Syrie ont fui leur foyer pour échapper à la guerre. Grâce à ce projet d’enlèvement d’engins explosifs dangereux installés par Daech, de sensibilisation aux dangers qu’ils représentent et d’amélioration de la gestion et de la coordination des efforts de déminage, la population pourra retourner chez elle.

Action intégrale contre les mines en Colombie

Programme : Programme pour la stabilisation et les opérations de paix
Échéancier : 2018 à 2019
Partenaire : Organisation des États américains

La Colombie est le deuxième pays comptant le plus grand nombre de mines terrestres au monde; aussi, le déminage est une entreprise à grande échelle essentielle pour jeter les bases d’un développement à long terme et d’une paix durable. Le projet fournira un appui technique, logistique et administratif supplémentaire dans les zones les plus gravement menacées par les mines antipersonnel et les munitions explosives non explosées. Il permettra aussi de sensibiliser la population aux risques que représentent les mines, d’assurer la liaison avec les collectivités touchées et d’effectuer sur place la surveillance et l’inspection des zones déminées et le contrôle de la qualité. Ce financement s’ajoute aux 1,3 million de dollars annoncés par le ministre Dion le 26 septembre 2016.

Élargissement du programme d’aide aux victimes de mines terrestres et de restes explosifs de guerre au Cambodge

Programme : Fonds canadien d’initiatives locales
Échéancier : 2018-2019
Partenaire : Programme de développement des Nations Unies (PNUD) et Autorité d’action contre les mines et d’aide aux victimes du Cambodge

Le Cambodge fait encore face à d’importants défis posés par les mines terrestres et les restes explosifs de guerre en raison d’une série de conflits internes et régionaux prolongés. Dans le cadre de ce projet, le Canada fournit de l’équipement et de la formation à un réseau de 48 bénévoles survivants afin de contribuer à la collecte de données, à l’élaboration et à la planification de politiques, ainsi qu’à la coordination et au soutien par les pairs pour aider les victimes.

Atténuation des effets des mines terrestres et des restes explosifs de guerre au Cambodge par l’appui au programme de déminage

Programme : Fonds canadien d’initiatives locales
Échéancier : 2018-2019
Partenaire de mise en œuvre : PNUD

La contamination par les mines et les restes explosifs de guerre continue de représenter une énorme menace et d’avoir de graves conséquences humanitaires, sociales et économiques au Cambodge. Le PNUD collabore actuellement au Projet de développement humanitaire par l’action contre les mines (2016-2019), dont le but est de tirer parti de la mise en œuvre fructueuse des première et deuxième phases du programme « Déminage axé sur les résultats » (2006-2015). Ce programme a donné des résultats importants dans le renforcement des capacités des AMCE en matière d’assurance de la qualité, de planification stratégique et d’élaboration de politiques, ainsi que de gestion socioéconomique du déminage des terres à des fins productives.

Promotion de l’égalité des genres et de la participation des femmes au programme de gestion des munitions explosives non explosées (UXO) et d’aide aux victimes en République démocratique populaire du Laos

Programme : Fonds canadien d’initiatives locales
Échéancier : 2018-2019
Partenaire de mise en œuvre : ONU Femmes

Le secteur des UXO de la République démocratique populaire du Laos est composé de l’Autorité nationale de réglementation, du Programme national des munitions explosives non explosées (UXO Laos), de diverses ONG humanitaires, de plusieurs sociétés commerciales accréditées fournissant des services en matière d’UXO et de l’Armée populaire du Laos.

La République démocratique populaire du Laos est un des pays les plus lourdement bombardés au monde : plus de deux millions de tonnes de munitions y sont tombées pendant la guerre d’Indochine (1964-1973). Malgré la réduction du nombre de victimes ces dernières années, la contamination par les UXO demeure une menace pour les populations rurales, en particulier dans les collectivités pauvres et isolées, et constitue un obstacle à l’utilisation sécuritaire des terres à des fins de développement socioéconomique. Le projet appuiera les efforts visant à garantir que l’égalité des genres et les droits des femmes sont pleinement pris en compte dans la gestion des programmes UXO et l’aide aux victimes des UXO. Au bout du compte, ces mesures contribueront à une mise en œuvre plus efficace et fondée sur les droits du plan stratégique national à l’égard du secteur des UXO.

Améliorer la qualité des activités éducatives sur les dangers des mines pour renforcer la sensibilisation en matière de risques posés par les UXO dans les collectivités rurales de la République démocratique populaire du Laos

Programme : Fonds canadien d’initiatives locales
Échéancier : 2018-2019
Partenaire de mise en œuvre : PNUD

L’Autorité nationale de réglementation a réglementé et coordonné la transition des démineurs humanitaires vers des opérations fondées sur les preuves plutôt que sur les demandes. Cela a eu pour effet d’éliminer davantage d’armes à sous-munitions par hectare. Cependant, l’Autorité nationale de réglementation éprouve toujours des problèmes de capacité, notamment en matière de coordination, de gestion de l’information, de gestion de la qualité, de communications, de surveillance et d’évaluation. Le PNUD travaillera directement avec les partenaires locaux de mise en œuvre pour améliorer l’efficacité de la sensibilisation aux dangers des mines en République démocratique populaire du Laos. Ce financement permettra au secteur des UXO du Laos d’acquérir de l’équipement pour mener ses activités en cours sur la sensibilisation aux dangers des mines dans les écoles et dans les rassemblements communautaires dans les provinces de Sekong et de Salavane.

Faits en bref

En 1996, un mouvement mondial de la société civile pour interdire les mines terrestres a pris forme dans le monde, sous la gouverne de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines terrestres (CIMT) et du Comité international de la Croix-Rouge. La CIMT et sa coordonnatrice fondatrice, Jody Williams, ont reçu conjointement le prix Nobel de la paix de 1997 lors d’une cérémonie à Oslo.

En octobre 1996, les représentants de 50 pays se sont réunis à Ottawa pour discuter d’une interdiction mondiale. Par la suite, Lloyd Axworthy, alors ministre des Affaires étrangères du Canada, a annoncé que le Canada tiendrait, en décembre 1997, une conférence qui allait mener à la signature d’une convention sur l’interdiction totale des mines terrestres.

Le 3 décembre 1997, 122 États ont ratifié, à Ottawa au Canada, la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, aujourd’hui connue sous le nom de Convention d’Ottawa ou de Traité contre les mines.

Il y a maintenant 162 États parties à la Convention, alors que 122 l’avaient ratifiée à l’origine.

L’action contre les mines reste au cœur de la politique étrangère du Canada et s’inscrit dans le cadre de deux priorités thématiques : l’aide bilatérale aux États touchés par les mines, conformément aux initiatives de soutien au développement de plus grande envergure, et le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, axé sur la stabilisation des États touchés par les conflits et la mise en place de conditions garantissant une paix durable.

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