Les vétérans ont un risque «significativement supérieur» de suicide que l’ensemble de la population

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(Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Un rapport inédit du Ministère des Anciens Combattants lève enfin le sombre voile des suicides chez les vétérans canadiens, alors que l’on apprend que le risque de suicides chez eux est «significativement supérieur» à celui de la population canadienne en général.

L’étude, dont les résultats sont publiés dans le rapport intitulé Étude sur la mortalité par suicide chez les vétérans 2017 (disponible à la fin de cet article), se base sur un total de 220 734 vétérans. Elle révèle que 1486 vétérans – 1421 hommes et 65 femmes – se sont enlevés la vie entre 1976 et 2012, soit en moyenne un peu plus de 40 décès par année. Toutefois, ce chiffre ne prend pas en compte les vétérans qui étaient des réservistes en classe A ou B, soit environ le tiers de la population militaire canadienne! Il tient compte seulement des vétérans de la Force régulière et de la Force de réserve en service de classe C. De plus, les chiffres s’arrêtent en 2012 et l’étude ne fait donc que survoler l’après-Afghanistan, puisque pour nombre de militaires et de vétérans les problèmes peuvent arriver des années après un déploiement.

Les hommes vétérans présentaient 36 % plus de risque de suicide que la hommes canadiens en général, tandis que les femmes vétérans présentaient elles 81% plus de risque de suicide. Ces chiffres sont, selon l’étude, stables depuis les années 70.

Il existe toutefois de nombreuses disparités selon les âges, puisque les vétérans de moins de 25 ans sont 2,4 fois plus à risque tandis que les vétérans de 65 ans et plus sont, quant à eux, 1,4 fois moins à risque.

S’intéressant surtout aux résultats, l’étude ne met pas en lumière quels sont les facteurs de risque. «D’autres analyses seront menées sur les indicateurs associés au suicide chez les vétérans», est-il ainsi écrit.

«L’étude sur la mortalité par suicide des vétérans est une étape importante pour mieux comprendre le suicide au sein de la communauté des vétérans. Cette étude complète notre stratégie conjointe de prévention du suicide récemment annoncée et nous donne une plus grande perspective lorsque nous continuons à bâtir de meilleurs services et soutiens pour les vétérans et leurs familles», a indiqué Seamus O’Reagan, ministre d’Anciens Combattants Canada et ministre associé de la Défense nationale.

Les chercheurs rappellent cependant que le taux de risque dans la population canadienne en général a baissé tout le long des 37 années suivies par l’étude, avec l’amélioration de la prévention du suicide. Si les suicides ont augmenté de près de 10 % chez les hommes vétérans entre 1978 et 2012, ils ont dans le même temps diminués de près de 30 % chez les hommes canadiens, ce qui renforce donc qu’il y a encore beaucoup de travail à accomplir auprès des militaires et des vétérans.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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