Navires de guerre canadiens: Lockheed/BAE contre Naval Group et FREMM contre Type 26

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La frégate Aquitaine à Halifax en avril 2013. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Après Lockheed/BAE, c’est au tour de Naval Group, avec son partenaire italien Fincantieri de déposer une offre basée sur la frégate multimission FREMM dans l’appel d’offres du Canada pour ses navires de guerre, a indiqué vendredi un porte-parole du constructeur naval français.

Le projet porte sur « l’acquisition de 15 navires pour remplacer les destroyers et les frégates » existants pour « un coût estimé entre 56 et 60 milliards de dollars canadiens ». Avec le retard pris sur le projet, le ministère canadien de la Défense prévoit maintenant un début de construction des navires « au début des années 2020 ».

Selon l’influent quotidien conservateur canadien National Post, l’offre franco-italienne vient brouiller les cartes et compliquer le processus de décision d’un marché qui était promis à l’offre du Britannique BAE et de l’Américain Lockheed Martin à partir des frégates de type 26 (Global combat ship) de BAE pour la marine britannique.

« Naval Group et Fincantieri, avec le plein soutien des gouvernements français et italien, vont unir leurs savoir-faire pour présenter au gouvernement canadien une solution +sur étagère+ déjà éprouvée en mer et reposant sur le design de la frégate Fremm, pour la fourniture de 15 navires de combat de surface à la marine canadienne », ont indiqué les deux groupes dans un communiqué.

Cette offre profite que la frégate FREMM soit éprouvée en mer, interopérable par les normes de l’OTAN et disponible dans les magasins, ce qui réduit le budget canadien, souligne le communiqué.

Pour tenter d’emporter ce contrat, Naval Group et Fincantieri promettent également d’intégrer les sous-traitants canadiens comme fournisseurs des deux entreprises pour les constructions et ventes des Frégates européennes multimissions ailleurs dans le monde.

L’annonce de cette offre marque également un revirement pour Fincantieri, qui s’opposait auparavant à la manière dont l’appel d’offres avait été mis en place. La compagnie italienne n’était pas satisfaite de la demande du Canada voulant qu’une grande quantité de données techniques sur la frégate soit remise à l’entrepreneur principal, Irving Shipbuilding, avant qu’un gagnant soit choisi.

La déclaration sur leur offre conjointe, cependant, contient maintenant un paragraphe soigneusement rédigé indiquant que « transfert de technologie » irait de l’avant « si l’offre est acceptée. »

«Si l’offre était acceptée, les futures frégates seraient construites au Canada chez Irving Shipbuilding en très peu de temps, maximisant la participation industrielle canadienne et la création d’emplois localement grâce à un transfert de technologie complet et spécialisé, ainsi que l’intégration des fournisseurs canadiens dans les deux chaînes d’approvisionnement mondiales des entreprises », ont déclaré les deux sociétés dans le communiqué.

Naval Group est un groupe industriel français spécialisé dans l’industrie navale de défense et les énergies marines renouvelables. Le groupe emploie près de 13 000 personnes à travers dix-huit pays. Société de droit privé détenue à hauteur de 62,49 % par l’État français, de 35 % par Thales, de 1,64 % par son personnel et de 0,87 % par autocontrôle, Naval Group est l’héritier des arsenaux français et de la Direction des constructions et armes navales (DCAN), devenue la Direction des constructions navales (DCN) en 1991, DCNS en 2007 (le « S » s’ajouté pour la notion de système et de service) et Naval Group depuis 2017. Le groupe se diversifie dans les énergies marines renouvelables et le nucléaire civil.

Quant à Fincantieri, elle est une société de construction navale italienne dont le siège est situé à Trieste. Elle appartient à la société Fintecna, contrôlée par le ministère italien de l’économie.

Naval Group et Fincantieri ont conjointement conçu et développé la frégate FREMM, qui navigue avec les marines française et italienne. Avant la FREMM, les deux entreprises travaillaient ensemble sur l’Horizon, une frégate de défense aérienne dotée d’un équipement commun plus élevé que l’ancienne.

Il s’agit de la première offre commune déposée par les deux groupes, déjà partenaires autour des chantiers navals de Saint-Nazaire et engagés dans un processus de rapprochement.

Et maintenant…

La proposition de conjointe de Naval Group et Ficantieri était la dernière. Le gouvernement du Canada et Irving Shipbuilding Inc. ont annoncé maintenant annoncé la clôture de la demande de propositions pour la conception de la flotte de navires de combat canadiens.

Dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale, le projet de navires de combat canadiens en est un des plus importants et des plus complexes entrepris par le gouvernement du Canada et les navires qui en résulteront constitueront le fer de lance de la flotte de la Marine royale canadienne, a souligné Services publics et Approvisionnement Canada dans son communiqué annonçant la clôture des demandes de propositions.

La demande de propositions pour la conception des navires de combat canadiens a été publiée en octobre 2016 à l’intention de 12 entreprises présélectionnées. Les soumissionnaires avaient jusqu’au 30 novembre pour présenter leurs propositions à Irving Shipbuilding Inc., à Halifax (Nouvelle-Écosse), aux fins d’évaluation conjointe par le gouvernement du Canada et Irving Shipbuilding Inc.

« Le plan d’évaluation a été conçu de façon à cerner la proposition offrant le meilleur rapport qualité-prix, tout en veillant à ce que le processus soit juste, ouvert et transparent. », affirme Ottawa: « Le Canada et Irving Shipbuilding Inc. ont mené des rondes intensives de consultation auprès de l’industrie pour orienter l’élaboration de la stratégie et la rédaction de la demande de propositions. Un surveillant de l’équité est en place depuis le début des consultations auprès de l’industrie en 2012 et surveillera toutes les étapes du processus d’évaluation. »

Au cours des prochains mois, se déroulera maintenant l’évaluation des propositions dans le cadre de ce processus compétitif et, une fois le volet financier des propositions soumis, sera confirmé le nombre exact de propositions recevables et reçues.

La sélection d’un soumissionnaire retenu sera, elle, annoncée au printemps 2018.

Une fois que le soumissionnaire retenu sera sélectionné, un processus de diligence raisonnable sera mis en œuvre et l’attribution de contrats suivra plus tard en 2018.

Tout ça pour un début de la construction des navires prévue pour le début des années 2020.

*Avec AFP

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