Nikki Haley accuse: le missile des Houthis tiré sur l’Arabie saoudite «fabriqué en Iran», qui dément

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Une image publiée par le média militaire houthi du lancement du missile intercepté par les forces saoudiennes en novembre 2017.

Le missile tiré depuis le Yémen sur l’Arabie saoudite par des rebelles houthis le mois dernier a été « fabriqué en Iran », soutien des Houthis, a déclaré jeudi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

« Derrière moi se trouvent les débris récupérés du missile tiré par des combattants houthis du Yémen sur l’Arabie Saoudite », a-t-elle assuré.

« Il a été fabriqué en Iran avant d’être envoyé à des rebelles houthis au Yémen », a-t-elle expliqué, provoquant un démenti immédiat et catégorique de la part de Téhéran, qui a dénoncé par la voix de sa mission aux Nations unies des preuves « fabriquées » par Washington.

« Il a ensuite été tiré vers un aéroport civil, et aurait pu tuer des centaines de civils innocents en Arabie saoudite », a poursuivi Nikki Haley.

Mme Haley s’exprimait sur une base militaire américaine, au milieu de débris de missiles et drones dont elle a affirmé qu’ils provenaient de récentes attaques contre des alliés des États-Unis dans la région.

« Ceci est absolument terrifiant et doit cesser », a-t-elle affirmé.

« Ceci n’est pas seulement une question d’accord nucléaire. C’est tout ce qu’ils font d’autre. L’Iran pense qu’il a tous les droits », a-t-elle ajoutant, précisant que l’Iran a notamment violé la résolution 2231 des Nations unies qui englobe l’accord nucléaire interdisant à l’Iran toute vente de missile balistique pendant 5 ans.

Elle a précisé que ces débris avaient été récupérés par l’Arabie saoudite et « prêtés » aux Etats-Unis, mais elle n’a pu dire si chaque morceau du missile présenté avait été ramassé à la même date.

Questionnée sur la date possible de la vente de ces missiles, elle n’a pas répondu, insistant simplement sur l’origine « irréfutablement » iranienne du matériel présenté.

Missile en Arabie: l’Iran rejette les preuves « fabriquées » des États-Unis

L’Iran a rejeté « catégoriquement » jeudi dans un communiqué les affirmations de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley sur l’origine iranienne d’un missile tiré par les Houthis yéménites sur l’Arabie saoudite, jugeant ses « supposées preuves fabriquées ».

À nouveau, Nikki Haley accuse l’Iran d’avoir fourni un missile ayant touché l’Arabie saoudite le 4 novembre, « une accusation que nous rejetons catégoriquement comme infondée, irresponsable, provocatrice et destructive », indique ce communiqué de la mission iranienne à l’ONU.

Ses « supposées preuves, diffusées publiquement aujourd’hui, sont autant fabriquées que d’autres présentées précédemment lors d’autres occasions », indique le communiqué.

Peu avant, lors d’une conférence de presse à Washington, Nikki Haley avait affirmé que le missile tiré du Yémen sur l’Arabie saoudite par des rebelles Houthis le mois dernier avait été « fabriqué en Iran avant d’être envoyé à des rebelles Houthis au Yémen ». « Il a ensuite été tiré vers un aéroport civil, et aurait pu tuer des centaines de civils innocents en Arabie saoudite », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement américain « passe son temps à tromper le public avec des affaires » destinées à alimenter son agenda politique, a rétorqué la mission iranienne dans son communiqué.

« L’Iran n’a pas fourni au Yémen des missiles ». « Ce n’est pas un hasard si cette conférence de presse survient deux jours après une interview sur CNN au cours de laquelle elle a affirmé que le combat commun contre l’Iran était bien plus important pour les alliés des Américains dans la région que l’état critique des Palestiniens et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël », ajoute le communiqué.

« Ces accusations cherchent aussi à couvrir les crimes de guerre de l’Arabie saoudite au Yémen, avec la complicité américaine », dénonce enfin la mission iranienne.

Dans un récent rapport sur des tirs de missiles par les Houthis vers l’Arabie saoudite, l’ONU indique avoir inspecté des débris d’engins laissant penser qu’ils ont été fabriqués en Iran. L’ONU précise toutefois n’avoir pas été en mesure d’identifier le fournisseur des missiles ou les intermédiaires éventuels et souligne poursuivre son travail d’enquête.

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