Non signalés au FBI, un quart des militaires américains condamnés peuvent acheter des armes

0

Un quart des militaires américains condamnés par l’armée n’ont pas été signalés au FBI, ce qui a pu leur permettre d’acheter des armes comme l’auteur de la récente tuerie au Texas, selon un rapport officiel publié mardi par le Pentagone.

Sur les deux années 2015 et 2016, 2.502 militaires américains ont été condamnés pour des crimes et délits divers, mais les empreintes digitales de 601 d’entre eux, soit 24%, n’ont pas été transmises au fichier central du FBI, indique ce rapport de l’inspection générale du ministère américain de la Défense.

La condamnation et les conclusions de l’enquête n’ont pas été signalées au FBI dans 780 cas, soit 31%, ajoute ce document.

Or les vendeurs d’armes à feu, bien que soumis à des règles très permissives aux États-Unis, sont supposés vérifier les antécédents judiciaires de tout acheteur potentiel, en consultant le fichier du FBI.

« Toute fiche manquante d’empreintes digitales et de conclusions finales peut avoir des conséquences graves, voire tragiques, comme l’a montré la récente fusillade au Texas », souligne le rapport.

Il fait référence au massacre commis le 5 novembre par un ex-militaire de l’US Air Force, Devin Patrick Kelley, dans une église du Texas, où 25 personnes dont une femme enceinte avaient été tuées.

L’ex-militaire avait été renvoyé de l’armée de l’air après une condamnation par un tribunal militaire pour violences domestiques contre sa femme et l’enfant de cette dernière, mais son dossier n’avait pas été envoyé au FBI.

« Toute défaillance dans la soumission des fiches d’empreintes digitales aux registres du FBI peut permettre à quelqu’un d’acheter une arme alors qu’il ne devrait pas pouvoir le faire », ajoute le rapport. « Cela peut aussi entraver des enquêtes criminelles et affecter la sécurité nationale ».

L’enquête a été menée avant la tuerie du Texas, mais depuis, tous les services de l’armée américaine passent l’historique des condamnations en revue pour trouver celles qui sont passées entre les mailles du filet.

L’US Air Force a ainsi déclaré la semaine dernière passer en revue quelque 60.000 dossiers de militaires depuis 2002. Elle a déjà trouvé plusieurs dizaines d’omissions.

Les commentaires sont fermés.