Poutine ordonne le retrait d’une «partie significative» des forces russes en Syrie

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Photo fournie par l’armée russe de militaires russes patrouillant le 13 septembre 2017 dans la cité médiévale d’Alep. (Russian Defence Ministry/AFP/ Vadim SAVITSKY)

Vladimir Poutine a ordonné lundi le retrait d’une « partie significative » du contingent militaire russe en Syrie, quelques jours après l’annonce par Moscou de la « libération totale » de ce pays de l’emprise du groupe État islamique (EI).

Au cours d’une visite surprise sur la base aérienne russe de Hmeimim, en Syrie, le président russe a à cet égard précisé que ces installations, où sont concentrés les effectifs militaires russes, ainsi que la base navale de Tartous resteraient opérationnelles.

« En près de deux ans, les forces armées russes, en collaboration avec l’armée syrienne, ont détruit en grande partie les terroristes internationaux. Par conséquent, j’ai pris la décision de faire rentrer en Russie une partie significative du contingent militaire russe se trouvant en Syrie », a déclaré M. Poutine, selon des propos retransmis par la télévision russe.

M. Poutine, accueilli à Hmeimim par le président syrien Bachar al-Assad, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le chef des forces russes en Syrie, le général Sergueï Sourovikine, n’a pas révélé combien de soldats russes demeureraient sur place.

Dès son arrivée sur le tarmac de Hmeimim, le président russe a chaleureusement salué son homologue syrien, dont Moscou est le principal allié, avant de s’exprimer devant les troupes russes au garde-à-vous.

« L’objectif de la lutte contre les criminels armés en Syrie, l’objectif, qui requérait les moyens de grande envergure des forces armées, a été atteint dans sa totalité, et brillamment », a déclaré Vladimir Poutine, dont le discours a été retransmis avec quelques heures de décalage.

« La Syrie a été préservée en tant qu’Etat souverain et indépendant », a-t-il affirmé, remerciant les soldats pour leur travail.

« Si les terroristes relèvent de nouveau la tête, alors nous les frapperons avec une force jamais vue », a-t-il averti. « Nous n’oublierons jamais ni les morts ni nos pertes causées par la lutte contre le terrorisme, en Syrie et chez nous, en Russie ».

Bachar al-Assad a de son côté remercié le président russe, évoquant « la participation efficace (des Russes) dans la guerre contre le terrorisme », selon une déclaration diffusée par les médias officiels. « Ce qu’ont fait les militaires russes, les Syriens ne l’oublieront jamais. Leur sang s’est mêlé au sang des martyrs de l’armée syrienne », a-t-il déclaré.

Vingt-trois avions et deux hélicoptères russes devraient quitter sous peu la Syrie, suivis par des unités de la police militaire, des démineurs et des médecins de l’hôpital de campagne, a dit M. Sourovikine, qui a estimé que les forces russes avaient éliminé plus de 32.000 combattants ennemis en Syrie.

– Marathon diplomatique –

Après sa visite inattendue à Hmeimim, Vladimir Poutine s’est rendu au Caire, où le chef de l’Etat égyptien Abdel Fattah Al-Sissi l’attend pour des pourparlers, notamment sur la Syrie.

« J’ai la possibilité de parler (du dossier syrien) au Caire avec le président égyptien et un peu plus tard, avec le président turc », Recep Tayyip Erdogan, avec lequel une rencontre est prévue pour lundi soir, a déclaré Vladimir Poutine à Bachar al-Assad, selon l’agence de presse Interfax.

« Les conditions sont réunies pour un règlement politique (du conflit) sous l’égide de l’ONU », a-t-il assuré, tandis que le 8e cycle de pourparlers intersyriens se poursuit à Genève jusqu’au 14 décembre.

Jeudi, Moscou a fait état de la « libération totale » du territoire syrien de l’emprise du groupe Etat islamique, bien que cette organisation jihadiste y contrôle toujours plusieurs poches.

La Russie avait déjà annoncé le 21 novembre la fin de la « phase active de l’opération militaire » en Syrie.

Déclenchée en 2015, l’intervention militaire russe en Syrie a changé la donne en permettant notamment aux forces gouvernementales de ravir à l’EI la cité antique de Palmyre et de chasser les rebelles de leur bastion d’Alep, dans le nord-ouest.

De 4.000 à 5.000 militaires russes ont été déployés en Syrie pendant ces deux années, la grande majorité sur la base de Hmeimim, située à l’intérieur du fief de Bachar al-Assad dans le nord-ouest de la Syrie. Officiellement, une quarantaine de militaires russes ont péri en Syrie depuis le début de cette intervention, le 30 septembre 2015.

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