Pyongyang dénonce l’exercice aérien conjoint américano-sud-coréen Vigilante Ace

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Un chasseur américain F-22 Raptor (Archives/Staff Sgt. Joseph Araiza/U.S. Air Force)

La Corée du Nord est montée au créneau dimanche contre les États-Unis et la Corée du Sud, accusés d’être des «va-t-en-guerre» à la veille de leur plus important exercice aérien conjoint à ce jour.

L’exercice Vigilant Ace, qui rassemble environ 230 avions, dont des chasseurs furtifs F-22 Raptor, commence lundi et dure cinq jours. Il survient peu de temps après le tir par Pyongyang d’un missile balistique intercontinental susceptible de pouvoir toucher le territoire continental des États-Unis.

Le journal Rodong du parti unique au pouvoir a dénoncé l’exercice militaire.

«C’est une provocation ouverte, tous azimuts, contre la Corée du Nord qui pourrait déboucher sur une guerre nucléaire à tout moment», dit le journal dans un éditorial.

«Les va-t-en-guerre américains et leur marionnette sud-coréenne feraient bien de se rappeler que leur exercice militaire qui vise la Corée du Nord sera aussi stupide qu’un acte précipitant leur autodestruction».

Samedi, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a accusé l’administration de Donald Trump de «vouloir la guerre nucléaire à tout prix» avec cet exercice aérien.

H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, vient pour sa part d’estimer que la possibilité d’une guerre avec le Nord se renforçait.

«Je crois que cela augmente chaque jour, ce qui signifie (…) qu’on est dans une course pour régler le problème», a-t-il dit lors d’un forum. «Il y a des manières de faire face à ce problème en dehors d’un conflit armé, mais c’est une course, car il se rapproche de plus en plus (de son but), il ne reste plus beaucoup de temps».

Le Nord affirme avoir testé un nouvel ICBM, le Hwasong-15, susceptible de transporter «une ogive lourde extra large» capable de frapper la totalité du territoire continental américain. Le dirigeant Kim Jong-Un a déclaré que son pays avait désormais atteint son but, devenir un État nucléaire à part entière.

Pyongyang doit encore démontrer qu’il maîtrise la technologie clé pour assurer la survie des ogives à leur rentrée dans l’atmosphère depuis l’espace.

Le spectre d’une guerre s’approche, affirment des membres de l’administration américaine et des élus

Pendant ce temps, le spectre d’une guerre préventive contre la Corée du Nord se rapproche à chaque fois que Pyongyang procède à un tir de missile ou teste une bombe nucléaire, a estimé dimanche un influent sénateur américain, Lindsey Graham.

« S’il y a un test nucléaire souterrain, il faudra se préparer à une réponse très sérieuse de la part des Etats-Unis », a mis en garde M. Graham sur la chaîne CBS.

Les propos du sénateur font écho à ceux tenus la veille par le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le général HR McMaster, qui a déclaré lors d’un colloque sur la défense que la probabilité d’une guerre avec la Corée du Nord « augmentait chaque jour ».

« Nous sommes dans une course pour trouver une solution à ce problème », a dit le général McMaster.

La Corée du Nord a tiré la semaine dernière un missile balistique intercontinental à une altitude et à une distance jamais atteintes par un engin nord-coréen. La sophistication du nouveau type de missile a étonné les experts, même si selon des sources de CNN la tête se serait désintégrée en rentrant dans l’atmosphère. Pour le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, tout le territoire des Etats-Unis est désormais à la portée de Pyongyang.

Les États-Unis et le Japon ont tenté immédiatement de durcir encore le régime de sanctions de l’ONU contre Pyongyang mais Moscou et Pékin ont fait la sourde oreille.

Lindsey Graham, un faucon en matière de politique étrangère, a indiqué avoir discuté en détail du sujet avec l’administration Trump, qui selon lui a pour stratégie « d’empêcher la Corée du Nord d’acquérir la capacité de frapper les Etats-Unis avec un missile à tête nucléaire. Pas seulement de la maîtriser ».

« Empêcher cela veut dire une guerre préventive en dernier ressort. Cette prévention devient plus probable au fur et à mesure que leur technologie s’améliore. Chaque test de missile, chaque test souterrain d’une arme nucléaire veut dire que la mariage (d’un missile et d’une tête nucléaire, ndlr) est plus probable », a ajouté le sénateur.

La Corée du Nord est déjà une puissance nucléaire depuis octobre 2006. Elle a procédé à cinq autres tirs depuis, dont le dernier, en septembre 2017, était le plus puissant. Les experts restent partagés sur le fait de savoir si les Nord-Coréens ont miniaturisé l’arme atomique suffisamment pour la mettre sur un missile, comme l’affirme Pyongyang.

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