Soins de santé des Rangers canadiens: il leur faut un modèle propre, dit l’ombudsman

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Le Caporal-chef Dominic Maillette du 34e Régiment du génie de combat explique comment utiliser en toute sécurité un cordon détonnant à un membre du 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens, près de Rankin Inlet, au Nunavut, dans le cadre de l’opération Nanook 2016, le 28 août 2016. (Maître de deuxième classe Belinda Groves)

Aujourd’hui, le bureau de l’ombudsman de la Défense a publié un rapport décrivant les difficultés particulières au ministère de la Défense nationale et dans les Forces armées canadiennes concernant les soins de santé et avantages connexes auxquels ont droit les Rangers canadiens où il recommande notamment de mieux cerner les besoins des Rangers et de développer un modèle qui répond aux besoin de ceux-ci.

L’enquête, dit le communiqué du bureau de Gary Walbourne, « a révélé que même si les Rangers canadiens ont droit aux mêmes soins de santé et avantages connexes que les autres réservistes, de nombreuses barrières se dressent devant eux lorsqu’ils veulent y avoir accès. »

Pour ce qui est de la barrière linguistique, l’Ombudsman donne d’ailleurs l’exemple en publiant son rapport, non seulement en français et en anglais, mais en denesuline, en ojibway, en inuktitut et en montagnais.

Le rapport intitulé Rangers canadiens: une enquête systémique des facteurs qui ont une incidence sur les droits aux soins de santé et aux prestations connexes des rangers identifie plusieurs autres obstacles et contient des recommandations pour les surmonter.

Parmi les obstacles identifiés, on trouve:

  • L’emplacement géographique
  • Le faible niveau de connaissance des soins et avantages des Rangers canadiens
  • Les pratiques en vigueur quant au signalement des maladies et blessures subies par les Rangers

Ces obstacles, dit le rapport, désavantagent les Rangers canadiens, « qui constituent un élément essentiel des Forces armées canadiennes ».

« Les Rangers doivent très bien connaître leurs droits en tant que réservistes. L’accès à cette information est impératif. », souligne l’ombudsman: « Mon bureau a fait quatre recommandations fondées sur des données probantes au ministre de la Défense nationale. Je crois que ces recommandations amélioreront l’accès aux soins de santé et avantages connexes pour les Rangers canadiens et leur connaissance de leurs droits, ce qui contribuera à leur bien-être général. »

Recommandation 1 :

éliminer l’ambiguïté et l’incohérence dans l’application des termes du cadre stratégique p our les réservistes, en mettant l’accent sur les droits aux soins de santé

Recommandation 2 :

se conformer au processus actuel de déclaration des maladies e t des blessures afin que les Rangers canadiens ne soient pas empêchés involontairement d’avoir accès aux soins de santé et aux prestations connexes.

Recommandation 3 :

assurer la prestation de soins de santé aux Rangers canadiens auxquels ils ont droit en discuter avec les Rangers canadiens en vue de cerner quels sont les obstacles qui les empêchent d’avoir accès aux soins de santé des Forces armées canadiennes, ainsi que leurs besoins en matière de soins de santé au sein de leurs contextes sociaux et culturels.

déterminer et mettre en œuvre un modèle de prestation de services pour les soins de santé des Forces armées canadiennes qui répond aux besoins cernés par les Rangers canadiens.

Recommandation 4 :

-prendre des mesures concrètes pour s’assurer que les Rangers canadiens ont une compréhension claire de l’importance de signaler les blessures et pour améliorer leur connaissance de leurs droits en matière de soins de santé et prestations connexes

-en amalgamant l’information sur les droits aux soins de santé e t les prestations connexes des Rangers canadiens e t distribuer cette information aux Rangers canadiens dans diverses langues et formats

– et s’assurant que cette information est intégrée dans la formation officielle et toute autre formation pertinente offerte aux Rangers
canadiens.

L’ombudsman relève aussi que les problèmes identifiés dans le rapport sont notamment liés au manque de ressources d u cad re d’instructeurs des Rangers canadiens . « Les tâches administratives importantes que doivent faire les instructeurs […]. en plus du nombre si peu élevé d’ instructeurs […] nuisent fondamentalement à leur capacité à éduquer et soutenir complètement les Rangers. », affirme l’ombudsman, qui reconnaît et salue les progrès réalisé à ce chapitre par le ministère de la Défense, notant toutefois « qu’il reste du travail à faire ».

Pour sa part, le ministre a indiqué dans sa réponse qu’il reconnaît l’importance des enjeux soulevés dans le rapport et qu’il soutient les recommandations. Il a demandé aux Forces armées canadiennes de s’occuper de ces enjeux.

« Après avoir examiné attentivement le rapport, j’en accepte les conclusions, et j’ai demandé à l’Armée canadienne de collaborer avec le bureau de l’ombudsman pour mettre en œuvre toutes ses recommandations. », a déclaré le ministre Sajjan.

« L’Armée canadienne », dit le ministre dans son communiqué qui a suivi la publication du rapport de l’ombudsman, « est déjà à la recherche de solutions pour éliminer les obstacles et améliorer le soutien et les soins offerts aux Rangers canadiens. Le processus a commencé au printemps de 2015. Cet examen pavera la voie vers l’obtention de meilleurs services de soutien administratifs et opérationnel pour ceux qui sont ‘nos yeux et nos oreilles’ dans les régions nordiques et éloignées. Les recommandations de l’ombudsman serviront à orienter l’examen et à trouver la bonne façon d’aider les Rangers canadiens à trouver des solutions « fabriquées dans le Nord » aux divers problèmes. »

Se faisant l’écho du ministre Sajjan, le brigadier-général Roy MacKenzie, chef d’état-major – Réserve de l’Armée, a rappelé à son tour que « L’Armée canadienne travaille de concert avec les Services de santé des Forces canadiennes et des organismes de santé provinciaux pour mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport de l’ombudsman. »

Le Bureau de l’Ombudsman continuera pour sa part de suivre la situation et de commenter les progrès des Forces armées canadiennes à ce sujet.

171205 Rapport Rangers 31 Nov 2017 Reduit by Anonymous opV0GNQtw on Scribd

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