Syrie: nouveau round de pourparlers à Astana après l’échec de Genève

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Les représentants des rebelles syriens et ceux du régime syrien lors de la première session des pourparlers de paix, le 23 janvier 2017 à Astana, au Kazakhstan. (Archives/AFP/Kirill KUDRYAVTSEV)

De nouveaux pourparlers de paix entre le régime de Damas et les rebelles syriens se sont ouverts jeudi à Astana, au Kazakhstan, avec l’objectif de relancer le règlement du conflit une semaine après l’échec des négociations politique de Genève.

Ces négociations, parrainées par la Russie et l’Iran, alliés de Damas, et par la Turquie, soutien des rebelles, seront menées à huis clos jeudi et doivent déboucher vendredi sur une déclaration finale.

Le sort des otages et des prisonniers, la livraison de l’aide humanitaire et le fonctionnement des zones dites de « désescalade » seront notamment évoqués, selon le ministère kazakh des Affaires étrangères.

Les émissaires du régime, menés par Bachar al-Jaafari, se sont entretenus dans la matinée avec la délégation iranienne, tandis que le Russes ont rencontré à part les Iraniens puis les Turcs, selon l’agence de presse officielle syrienne SANA.

L’opposition a pour sa part indiqué s’être entretenu dans la matinée avec les représentants de l’ONU.

Il s’agit du huitième round de négociations entre régime et rebelles à Astana, où le processus de paix se concentre sur les questions militaires et techniques et se déroule en parallèle à celui, politique et sous égide de l’ONU, de Genève.

Le processus de paix d’Astana a notamment abouti à la mise en place de quatre zones de désescalade en Syrie : dans la région d’Idleb (nord-ouest), dans celle de Homs (centre), dans la Ghouta orientale, près de Damas, ainsi que dans le sud.

Le dernier round de pourparlers, fin octobre, s’est achevé sans avancée tangible mais avec une proposition russe de réunir une trentaine de forces politiques syriennes de tous bords, une réunion dont l’organisation est toutefois extrêmement compliquée.

Mais ce projet de « Congrès national syrien » ne s’est toujours pas concrétisé, bloquant notamment sur la participation des Kurdes qu’Ankara rejette.

« Aucune date » n’a pour l’instant été fixée, a répété jeudi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

– Échec à Genève –

Ces pourparlers se déroulent un peu plus d’une semaine après l’annonce par le président russe Vladimir Poutine du retrait d’une partie des troupes russes déployées sur le territoire syrien, où a été annoncée la « libération totale » du territoire de l’emprise de l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Ils interviennent également une semaine après l’échec du dernier round de négociations sur la Syrie à Genève, où l’émissaire des Nations unies Staffan de Mistura a accusé la délégation du régime de « ne pas avoir cherché vraiment à avoir un dialogue » avec l’opposition.

Le rôle que l’ONU peut encore jouer dans le règlement du conflit syrien semble ainsi compromis alors que la Russie apparaît comme un acteur incontournable. Staffan de Mistura, attendu jeudi à Moscou, a demandé mardi au Conseil de sécurité des idées pour rédiger une Constitution et organiser des élections dans le pays.

Si Damas est prêt à accepter des élections sous la supervision de l’ONU, les négociations achoppent toujours sur le sort de Bachar al-Assad, le régime refusant d’évoquer l’éventualité de son départ comme le réclame l’opposition.

L’armée syrienne a enregistré ses victoires décisives ces deux dernières années, reprenant, grâce au soutien sans faille de l’aviation russe, la cité antique de Palmyre aux jihadistes de l’EI, brisant le siège de Deir Ezzor et chassant les rebelles de leur bastion d’Alep.

Les hostilités n’ont pas pour autant cessé en Syrie, dix-neuf civils ayant encore péri mercredi dans des frappes dans une localité tenue par les rebelles dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Mardi, trois personnes étaient tuées dans un bombardement rebelle contre un quartier de l’est de Damas, la capitale tenue par le régime.

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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