Traque de missiles: Washington, Séoul et Tokyo entament des exercices militaires conjoints

Le destroyer USS Hopper (DDG 70), équipé du système d'armement intégré Aegis, lance un missile standard RIM-161 (SM) 3 Block IA lors de l'exercice Stellar Avenger dans l'océan Pacifique en juillet 2009. Le missile a réussi à intercepter un missile balistique lancé à partir de l'installation d'essai de Kauai, l'installation de missiles du Pacifique à Barking Sands à Kauai, Hawaii. L'exercice était la 19e interception réussie de 23 missiles tirés en mer à l'aide du programme de défense antimissile balistique d'Aegis, y compris la destruction d'un satellite défectueux au-dessus de l'atmosphère terrestre en février 2008. (DoD/U.S. Navy)
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Le destroyer USS Hopper (DDG 70), équipé du système d’armement intégré Aegis, lance un missile standard RIM-161 (SM) 3 Block IA lors de l’exercice Stellar Avenger dans l’océan Pacifique en juillet 2009.(Archives/DoD/U.S. Navy)

Les forces américaines, sud-coréennes et japonaises ont entamé lundi des exercices conjoints visant à traquer les missiles nord-coréens alors que Pyongyang vient de tirer un engin balistique intercontinental d’une portée inédite, selon l’armée sud-coréenne.

La Corée du Nord a testé le 29 novembre un ICBM capable selon elle de transporter une «ogive lourde extra-large» n’importe où aux États-Unis, son dirigeant Kim Jong-Un déclarant que son pays était désormais un État nucléaire à part entière.

Les manoeuvres, les sixièmes du genre depuis juin 2016 et qui doivent durer deux jours, se tiennent au large de la péninsule coréenne et du Japon, selon le ministère sud-coréen de la Défense. Elles ont été critiquées par Pékin qui s’inquiète qu’elles n’aggravent les tensions dans la région.

«Pendant l’exercice, des bâtiments de guerre Aegis de chaque pays vont simuler la détection et la traque d’éventuels missiles balistiques nord-coréens et partager les informations», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Deux navires américains prennent part à l’exercice, ainsi qu’un bâtiment sud-coréen et un japonais.

Les deux pays asiatiques, dont les propres relations sont entachées par des différends historiques et territoriaux, sont liés aux États-Unis par des pactes de sécurité.

La semaine dernière, les États-Unis et la Corée du Sud ont mené leur plus important exercice aérien conjoint à ce jour.

Les tensions sont graduellement montées ces deux dernières années dans la région en raison de l’accélération des programmes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, condamnés par la communauté internationale. Pyongyang a notamment réalisé en septembre un sixième essai nucléaire.

La Chine a critiqué lundi ces exercices militaires qui interviennent alors que le président chinois Xi Jinping se prépare à recevoir son homologue sud-coréen Moon Jae-In cette semaine pour un sommet bilatéral destiné à apaiser la brouille entre les deux pays, apparue à la suite du déploiement au sud du bouclier antimissile américain.

«La situation est entrée dans un cercle vicieux de provocations et de confrontation. Cela ne favorise pas la paix régionale et la stabilité», a déclaré lors d’un point presse régulier le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lu Kang.

«Il n’est dans l’intérêt de personne qu’un tel cercle vicieux ne débouche sur un résultat très mauvais», a-t-il ajouté.

En visite à Tokyo, le chef d’État-major des armées russes, le général Valéri Gerasimov a réaffirmé que son pays voulait régler le dossier nord-coréen par la diplomatie.

«Nous pensons que cette question ne devrait être résolue que par des moyens politiques et diplomatiques», a déclaré le général, selon le ministère russe de la Défense, qui a rencontré le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera.

Les exercices militaires autour de la Corée du Nord «déstabilisent la situation», a déclaré le général Gerasimov, selon le ministère japonais de la Défense.

M. Onodera a de son côté réaffirmé la position japonaise: «Le développement de programmes nucléaire et balistique nord-coréens constituent une menace importante pour la communauté internationale. Nous devons coopérer sur ce problème.»