Afghanistan: le réseau Haqqani, allié des talibans

Jalaluddin Haqqani (au centre), le fondateur du réseau qui porte son nom et qui est maintenant dirigé par son fils Sirajuddin, entouré par Amin Wardak (à gauche) et Abdul Haq, deux anciennes figures de proue de la résistance afghane aux Soviétiques, le 2 avril 1991 à Miran Shah, au Pakistan.(Archives/Zubair Mir/AFP)
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Jalaluddin Haqqani (au centre), le fondateur du réseau qui porte son nom et qui est maintenant dirigé par son fils Sirajuddin, entouré par Amin Wardak (à gauche) et Abdul Haq, deux anciennes figures de proue de la résistance afghane aux Soviétiques, le 2 avril 1991 à Miran Shah, au Pakistan.(Archives/Zubair Mir/AFP)

Le réseau Haqqani, soupçonné par les autorités afghanes d’être à l’origine de l’attentat de Kaboul samedi, est un groupe basé au Pakistan, dans les zones tribales frontalières de l’Afghanistan, allié des talibans et qui combat avec eux les forces de l’Otan en Afghanistan.

Mené par Sirajuddin Haqqani, qui est aussi l’adjoint du chef des talibans afghans, le groupe insurgé est tenu pour responsable de plusieurs attentats sanglants en Afghanistan ces dernières années.

Soupçonné de longue date d’entretenir des liens avec les services secrets pakistanais, le réseau a été dépeint en 2011 par l’amiral américain Mike Mullen comme un « véritable bras » de ces derniers.

Le groupe a été fondé par le père de Sirajuddin Haqqani, Jalaluddin, un commandant moudjahidine qui combattait l’invasion soviétique en Afghanistan dans les années 80 avec l’aide des Etats-Unis et du Pakistan.

Les Haqqanis, connus pour leur recours fréquent aux kamikazes, ont été accusés d’avoir organisé l’explosion au camion piégé qui a tué quelque 150 personnes en mai dernier au cœur de Kaboul, bien que Sirajuddin l’a nié dans un rare message audio.

Le réseau est également tenu pour responsable de l’assassinat de hauts responsables afghans et de l’enlèvement d’étrangers en échange de rançons.

Parmi ces derniers figuraient, enlevés en 2012 et libérés en octobre dernier, le Canadien Joshua Boyle, son épouse américaine Caitlan Coleman, et leurs trois enfants nés en captivité, de même que le militaire américain Bowe Bergdahl, capturé en 2009 alors qu’il avait déserté et libéré en 2014.

Les membres du réseau haqqani font partie des combattants talibans qui, après l’intervention américaine en Afghanistan en 2001, ont franchi en masse la frontière pakistanaise où ils se sont regroupés avant de lancer une insurrection contre les Américains.

Ils ont coordonné des attentats contre l’Otan depuis leur fief de Miran Shah, capitale du Nord-Waziristan, un territoire tribal reculé du Pakistan.

Les Etats-Unis ont répliqué par de nombreuses frappes de drones. L’armée pakistanaise de son côté a mené avec succès de vastes opérations de nettoyage, même si des responsables afghans notent avec ironie qu’elle semble constamment manquer les Haqqanis.

Les Haqqanis ont fréquemment été accusés de viser des intérêts indiens en Afghanistan, renforçant les soupçons qu’ils agissent pour le compte d’agences de renseignement pakistanaises.

Hommes politiques et anciens militaires à Islamabad reconnaissent en privé qu’il est crucial pour le Pakistan de garder des canaux ouverts avec les Haqqanis.

Washington fait depuis longtemps pression sur le Pakistan pour qu’il réprime les groupes insurgés, les Haqqanis en priorité.