Afghanistan: attaque contre l’hôtel Intercontinental de Kaboul

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L’hôtel Intercontinental de Kaboul, le 29 juin 2011. (Archives/SHAH MARAI)

Mis à jour 20/01/2018 à 21h24

Au moins quatre assaillants armés ont pris d’assaut l’un des plus grands hôtels de Kaboul et deux d’entre eux résistaient toujours plus de sept heures après le début de l’attaque faisant craindre un lourd bilan dans cet établissement de luxe, déjà attaqué en 2011.

Selon une source sécuritaire jointe sur place, « deux assaillants sont toujours retranchés en deux endroits différents » de l’hôtel de cinq étages et continuent de résister aux forces spéciales.

Plusieurs fortes explosions ont été entendues peu après 4H30 (minuit GMT) après une relative accalmie.

« Les opérations continuent, un deuxième assaillant a été tué (…) Les premier et deuxième étages sont désormais entièrement nettoyés. Mais nous progressons lentement pour éviter les victimes civiles » parmi les clients et le personnel, avait indiqué précédemment à l’AFP le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi.

Depuis, les autorités afghanes observent un black out total.

Aucune revendication ni aucun bilan officiel n’ont été publiés, mais les médias locaux font état de nombreux morts et blessés dans les étages dégagés.

Le commando s’est introduit dans l’hôtel peu après 21H00 (17H30 GMT), déclenchant une explosion pour s’ouvrir la voie avant d’ouvrir le feu sur le personnel et les clients.

« Quatre assaillants sont à l’intérieur du bâtiment, ils tirent sur les clients » avait annoncé à l’AFP un responsable de la Direction nationale de la sécurité (NDS), les services de renseignements afghans.

Abdul Sattar, qui vit en face de l’hôtel, a joint des membres du personnel qu’il connait bien: « Les assaillants sont arrivés par le couloir pendant le dîner. Puis ils ont forcé les chambres et pris des otages avec eux et ouvert le feu sur certains d’entre eux » a-t-il rapporté à l’AFP, précisant qu’il y avait des « étrangers ».

L’électricité a été coupée dans le quartier et l’hôtel, situé sur une colline de l’ouest de Kaboul, plongé dans l’obscurité à l’exception de hautes flammes qui s’échappaient du toit.

Selon une source sécuritaire, les assaillants ont mis le feu au quatrième et avant-dernier étage de l’hôtel avant de se retrancher au deuxième.

« Je peux entendre des coups de feu qui semblent provenir du premier étage, mais je ne sais pas où ils sont. Nous sommes cachés dans nos chambres. Faites que les secours arrivent vite », a supplié un client retranché au 3e étage, joint au téléphone par l’AFP, sous couvert de l’anonymat.

Selon un journaliste de la chaîne de télévision locale Tolo News, sur place lors de l’attaque, les assaillants ont d’abord abattu les gardes de sécurité postés à l’entrée du complexe.

Sur Twitter des proches angoissés demandaient des nouvelles des leurs séjournant dans l’établissement: « Mon oncle est là-bas, son téléphone est coupé. Toute info bienvenue ». De Washington, le département d’Etat appelait à signaler l’éventuelle présence de ressortissants américains.

Un responsable du ministère des Télécommunications, Abdullah Sabet, était sans nouvelle d’une quarantaine de directeurs et responsables provinciaux qui séjournaient à l’hôtel, avant une conférence prévue dimanche.

« Nous ne savons pas s’ils ont été blessés ou tués », confiait-il.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Najib Danish, une nouvelle compagnie de sécurité avait pris récemment en charge la sécurité de l’hôtel.

« Nous enquêtons pour comprendre par où sont entrés les assaillants, ils ont pu utiliser les portes de l’arrière-cuisine », a-t-il estimé.

L’hôtel Intercontinental de Kaboul – qui n’appartient pas à la chaîne internationale éponyme – accueille fréquemment des mariages, des conférences et des réunions politiques.

Une conférence sur la présence et l’investissement chinois en Afghanistan s’y est tenue samedi matin.

Sa terrasse illuminée dominant la ville est particulièrement prisée des classes aisées.

L’établissement, ouvert en septembre 1969, avait été la cible d’une précédente attaque en juin 2011, revendiquée par les talibans, qui avait fait 21 morts.

Les neuf assaillants avaient été abattus après intervention des forces spéciales afghanes, appuyées par les hélicoptères de l’Otan.

Depuis, l’hôtel avait renforcé la surveillance. Mais une journaliste de l’AFP a constaté samedi, quelques heures avant la tuerie, que la fouille au corps, à l’entrée même du bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.

Cette opération intervient pourtant après une série de mises en garde précises depuis 48 heures concernant le risque d’attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Ce qui avait conduit l’ONU et certaines ambassades à décréter l’état d’alerte.

La dernière attaque contre un grand hôtel avait visé l’autre Cinq étoiles de Kaboul, le Serena; neuf personnes avaient été tuées dont un journaliste de l’AFP et sa famille.

Lundi, une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies à Kaboul avait conclu une visite de quatre jours dans la capitale afghane, qui avait donné lieu vendredi à une réunion de haut niveau du Conseil sur l’Afghanistan au siège de l’ONU à New York.

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