L’ex-otage Joshua Boyle restera derrière les barreaux pour agressions sexuelles

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Joshua Boyle, ex-otage canadien en Afghanistan, à Smiths Falls, en Ontario, le 14 octobre 2017. (Archives/Mike Carroccetto/AFP)

Le Canadien Joshua Boyle, ex-otage en Afghanistan, poursuivi pour de multiples accusations à son retour, dont agression sexuelle, voies de fait et séquestration, mais aussi avoir pousser une des ses victimes présumées à consommer un puissant composé psychoactif sédatif, restera encore en détention en attendant une audience sur sa libération conditionnelle dans une semaine.
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Mise à jour 15/01/2018 à 15h17

L’ex-otage canadien Joshua Boyle, qui a comparu brièvement par visioconférence, lundi matin en Cour de l’Ontario, à Ottawa, et doit revenir devant le tribunal le 26 janvier, ne saura pas avant s’il pourra obtenir sa libération sous caution.

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Joshua Boyle, 34 ans, est apparu lundi 8 une minute par lien vidéo depuis la prison d’Ottawa, vêtu de la combinaison orange des détenus, comme lors de son inculpation formelle le 3 janvier où il était aussi comparu par vidéoconférence devant le juge Norman Boxall.

L’affaire avait alors été ajournée jusqu’à aujourd’hui lundi 8 janvier. Le juge a maintenant reporté au 15 janvier l’examen des conditions de sa remise en liberté que ses avocats doivent mettre en place pour assurer la sécurité des victimes présumées.

La cour a interdit par ordonnance la publication de l’identité des victimes de ces violences qui se seraient déroulées entre le 14 octobre – jour du retour de la famille Boyle sur le sol canadien – et le 30 décembre.

L’homme de 34 ans fait face à 15 chefs d’accusation, dont huit pour voies de fait, deux pour agression sexuelle, deux pour séquestration et un pour avoir poussé une personne à «consommer quelque chose de néfaste, c’est-à-dire du Trazodone», un puissant composé psychoactif sédatif, anxiolytique et antidépresseur

L’ex-otage est aussi accusé d’avoir proféré des menaces de mort et d’avoir induit un policier en erreur.

Son épouse américaine Caitlan Coleman avait la semaine dernière mis au compte de la «tension et [du]traumatisme» en captivité et «des effets sur son état mental» les gestes reprochés à Boyle.

«Avec compassion et pardon», Mme Coleman, qui n’a pas préciser si c’était bien elle la victime alléguée dans cette affaire, a dit espèrer pour son mari de l’aide afin de faciliter sa guérison et a confié qu’elle «et les enfants sont en bonne santé».

Joshua Boyle et Caitlan Coleman, mariés depuis 2011, avaient été kidnappés par les talibans peu après leur entrée en Afghanistan en 2012, puis remis au réseau allié Haqqani, au Pakistan.

Les otages avaient été libérés lors d’une opération des forces armées pakistanaises après avoir reçu des informations des services de renseignement américains.

Boyle avait alors affirmé avoir été en Afghanistan pour aider «la minorité la plus négligée au monde»: «Ces villageois ordinaires qui vivent dans des zones reculées des territoires contrôlés par les talibans en Afghanistan, où aucune ONG, aucun travailleur humanitaire ni aucun gouvernement n’a jamais réussi à apporter l’aide nécessaire».

À l’époque de leur enlèvement, Caitlan Coleman était enceinte. Le couple a eu trois enfants durant sa captivité.

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