Le top 5 des dossiers à suivre en 2018 (1/2) : la scène internationale

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Donald Trump et Vladimir Poutine posent pour une photographie officielle à Danang, au Vietnam, où ils participaient au forum de l’Asie-Pacifique, le 10 novembre 2017. (Archives/SPUTNIK/AFP/Mikhail KLIMENTYEV)

2017 aura été une année chargée, mais que nous réserve 2018? Cette semaine, nous vous présentons le top 5 des dossiers à suivre sur la scène internationale, où certains dossiers chauds de 2017 vont continuer à occuper l’actualité!

  1. Donald Trump : le président américain représente un dossier à lui seul. Son style non-orthodoxe sur la scène internationale entraîne un recul de l’influence américaine dans le monde au profit, notamment, de la Chine. Parmi les dossiers où le président Trump aura une influence directe on peut noter : la Corée du Nord, Israël, l’Iran, l’enquête sur l’influence russe en politique américaine et les tensions avec la Chine dans le Pacifique. Il faudra aussi voir quel traitement le président accordera aux alliés des États-Unis lors du sommet de l’OTAN de juillet, tout juste après le sommet du G7 au Québec. Il faut aussi noter que la hausse des opérations militaires américaines à l’étranger, directement attribuable au président Trump, va se poursuivre.
  2. La Russie : Les tensions avec la Russie vont rester vives, tant militaires que diplomatiques. Accablé de sanctions économiques internationales, le régime de Poutine trouve moyen de perturber l’Occident avec ses exercices militaires et son intervention en Syrie, dans ses relations avec des pays d’Asie et du Moyen-Orient. Le président Poutine semble aussi jongler avec l’idée de lancer une nouvelle crypto-monnaie afin de permettre à la Russie de contourner certaines sanctions. Avec le sommet de l’OTAN en juillet 2018, il y a fort à parier que la relation ne va pas se calmer avec l’Occident!
  3. L’Iran : La transition entre 2017 et 2018 aura été marquée par de fortes manifestations populaires dans les rues de Téhéran contre le régime iranien, entraînant plusieurs protestations internationales contre la répression utilisée par le régime contre les manifestants. Si le scénario de 2014 va se reproduire (les manifestations n’ayant pas eu raison du gouvernement à l’époque), on ne peut s’empêcher de se dire que cela aura une influence sur l’avenir (incertain) de l’Accord sur le nucléaire iranien. En parallèle, les conflits au Yémen et en Syrie permettent à l’Iran de déstabiliser la région du Moyen-Orient, affectant l’Arabie saoudite et Israël. Bref, l’Iran, malgré des tensions nationales et internationales, réussit à placer certaines cartes dans le monde pour tenter d’assurer son influence.
  4. La Corée du Nord : Au-delà de la guerre de mots entre Kim Jong-un et Donald Trump, le dossier nord-coréen a occupé beaucoup de place en 2017 et va en occuper davantage en 2018. On s’attend à de nouveaux essais de missiles longue portée, incluant un possible nouveau modèle sous-marin. Un essai nucléaire (ou deux) n’est pas à exclure. Pyongyang a aussi l’intention de placer en orbite un nouveau satellite, impliquant un tir de fusée qui va entraîner de nouvelles sanctions internationales. Parlant de sanctions internationales, les dernières votées en décembre au Conseil de sécurité de l’ONU sont les plus dures à ce jour et, pour la première fois, devraient avoir un effet réel pour ralentir les programmes militaires nord-coréens… à la condition que la Chine et la Russie cessent d’autoriser le commerce par contrebandes avec la Corée du Nord transitant sur leurs territoires. Un fait positif à noter : la détente entre les deux Corées avec la reprise du téléphone rouge entre les deux pays ainsi qu’une (possible) participation du Nord aux jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.
  5. La Syrie : Le groupe État islamique étant, à toute fin pratique, hors-jeu et les forces gouvernementales syriennes prenant l’avantage sur celles d’opposition, on peut entrevoir la fin du conflit syrien. Avec cette fin, un nouvel épisode de tensions entre la Russie et l’Iran, d’une part, et l’Occident, d’autre part, va avoir lieu. La reconstruction du pays, qui va impliquer des dizaines de milliards de dollars en contrats, ira à des firmes russes et iraniennes, ce qui va permettre à ces deux pays de bénéficier d’un afflux important d’argent, malgré plusieurs sanctions internationales. La Syrie n’a donc pas terminé de servir de champ de batailles entre acteurs internationaux

D’autres dossiers auraient évidemment pu faire partie de cette liste. Les prétentions chinoises dans le Pacifique et en mer de Chine méridionale sont évidemment un de ces dossiers, tout comme la question de la cyberdéfense/cybersécurité, qui devrait être encore plus présente cette année. On aurait aussi pu parler du continent africain, où plusieurs mouvements armés sont actifs et vont faire parler d’eux. En somme, 2018 va être une année assez mouvementée!

Christian Picard est à la maîtrise en Science politique de l'Université Laval (Québec). Bilingue, il est un globe-trotter assumé, ayant été jusqu'en Corée du Nord! Ses intérêts incluent l'OTAN et l'actualité internationale.

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