Les Émirats accusent le Qatar d’avoir «intercepté» deux de ses avions

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Un avion F-16E Fighting Falcon de la force aérienne des Émirats arabes unis (EAU) de la base aérienne d’Al Dhafra, Émirats Arabes Unis, décolle pour une mission d’entraînement pendant le Red Flag 09-5 à la base aérienne de Nellis, Nevada, le 26 août 2009.(Archives/U.S. Air Force)

Les Émirats arabes unis ont affirmé lundi que des avions de combat du Qatar, pays rival du Golfe, avaient « intercepté » deux de ses avions de ligne, des accusations démenties par les autorités qataries.

Dans cette escalade entre les deux pays, le Qatar avait accusé ces derniers jours des avions militaires émiratis d’avoir violé son espace aérien, le 21 décembre 2017 puis le 3 janvier, et annoncé avoir déposé plainte auprès des Nations unies.

Le 5 juin 2017, les Emirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran, le grand rival régional des Saoudiens.

Ces quatre pays ont fermé leurs liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar. Doha a rejeté les accusations de soutien à des groupes extrémistes et accusé en retour ces pays de chercher à mettre sa politique étrangère « sous tutelle ».

Lundi, les Emirats ont accusé une première fois des chasseurs qataris d’avoir intercepté le même jour un avion de ligne se dirigeant vers Bahreïn. Quelques heures plus tard ils ont affirmé qu’un second avion de ligne s’approchant de Bahreïn avait été intercepté.

C’est une « menace flagrante pour la sécurité de l’aviation civile et une claire violation du droit international », a affirmé l’Autorité générale de l’aviation civile émiratie.

A Manama, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué « une attitude agressive inacceptable » de la part du Qatar.

Doha a rejeté les accusations émiraties, « totalement fausses », selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lulwa Al Khater.

Dans ce contexte de fortes tensions, le président américain Donald Trump a appelé au téléphone lundi l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, pour discuter des « moyens de renforcer la coopération, notamment dans la lutte antiterroriste », selon l’agence officielle qatarie. Ils ont aussi évoqué « les développements dans la région ».

Plusieurs tentatives de médiation pour mettre fin au conflit entre le Qatar et ses rivaux ont échoué.

Dimanche, la chaîne de télévision Al Jazeera basée au Qatar a diffusé une vidéo d’un membre de la famille royale qatarie, cheikh Abdallah ben Ali Al-Thani, qui affirme être retenu contre son gré aux Emirats.

Abou Dhabi a démenti, affirmant que cette personnalité était libre de ses mouvements et pouvait quitter les Emirats quand bon lui semble.

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