L’ex otage Joshua Boyle accusé à son tour de séquestration et d’agression sexuelle

Les ex-otages Caitlan Coleman (gauche) et son mari Joshua Boyle, sur une capture d'écran fournie par Site Intelligence Group, le 12 octobre 2017. (SITE/AFP/HO)
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Les ex-otages Caitlan Coleman (gauche) et son mari Joshua Boyle, sur une capture d’écran fournie par Site Intelligence Group, le 12 octobre 2017. (Archives/SITE/AFP/HO)

L’ex-otage Joshua Boyle a été arrêté et fait face à une douzaine de chefs d’accusation, dont des accusations d’agression sexuelle, de voies de fait et de séquestration pèsent, a confirmé mardi son avocat, Eric Granger, d’Ottawa.

Il ferait aussi l’objet de poursuites pour avoir proféré des menaces de mort.

Toutes ces accusations ont été portées sur une période courant depuis son retour de captivité, le 14 octobre, jusqu’au 30 décembre.

Ces chefs d’inculpation lui ont été signifiés lundi et il a été placé en détention provisoire.

Le Service de police d’Ottawa a refusé de donner plus de détails concernant le dossier pour le moment et Me Granger a pour sa part tenu à souligner que son client était présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.

L’accusé doit maintenant retourner en cour à Ottawa demain, mercredi.

«Il n’a jamais eu de problèmes dans le passé, a commenté Me Granger, citée par La Presse canadienne.« Aucune preuve n’a été fournie pour le moment, ce qui est normal à cette étape des procédures. On attend de recevoir la preuve pour le défendre contre ces accusations.»

Par ailleurs, une ordonnance de non-publication empêche de diffuser toute information permettant d’identifier les victimes ou les témoins impliqués dans le dossier. Il n’est pas permis non plus de publier les détails des procédures de remise en liberté sous caution, qui sont aussi sous le coup d’un interdit de publication.

Mais dans une déclaration mardi au quotidien Toronto Star, son épouse américaine Caitlan Coleman, sans dire être la victime de ces agressions, les met au compte de la « tension et le traumatisme » en captivité et « les effets sur son état mental ».

« Avec compassion et pardon », Mme Coleman espère pour son mari de l’aide afin de faciliter sa guérison et a confié qu’elle « et les enfants sont en bonne santé ».

Joshua Boyle et Caitlan Coleman, mariés depuis 2011, avaient été kidnappés par les talibans peu après leur entrée en Afghanistan en 2012, puis remis au réseau allié Haqqani, au Pakistan.

Les otages avaient été libérés lors d’une opération des forces armées pakistanaises après avoir reçu des informations des services de renseignement américains.

Boyle avait alors affirmé avoir été en Afghanistan pour aider « la minorité la plus négligée au monde »: «Ces villageois ordinaires qui vivent dans des zones reculées des territoires contrôlés par les talibans en Afghanistan, où aucune ONG, aucun travailleur humanitaire ni aucun gouvernement n’a jamais réussi à apporter l’aide nécessaire».

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Très engagé dans la défense d’Omar Khadr, un Canadien capturé à l’âge de 15 ans en 2002 en Afghanistan et longtemps emprisonné à Guantanamo avant son transfert et sa libération au Canada, Joshua Boyle avait épousé en 2009 sa soeur, Zaynab Khadr.

Ses accointances avec la famille Khadr, engagée dans la lutte aux côtés d’Al Qaïda, avait jeté le discrédit sur Boyle et les circonstances de son séjour en Afghanistan soulevaient bien des questions et semblaient suspectes au yeux de bien des Canadiens.

Et de fait, le couple Boyle-Coleman a été retenu en otage pendant cinq ans au Pakistan et non pas en Afghanistan jusqu’à sa libération affirmait quelques jour après leur arrivée le chef de la CIA Mike Pompeo, une version qui contredisait la version l’armée pakistanaise qui prétendait que le couple venait d’être transféré au Pakistan.

*Avec AFP