Libération des Canadiens et Américains enlevés au Nigeria

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Un soldat nigérian patrouille dans la ville de Banki, dans le nord-est du Nigeria, le 26 avril 2017. Banki a été détruite par des combats entre l’armée et les islamistes de Boko Haram. (Archives/AFP/FLORIAN PLAUCHEUR)

Deux Américains et deux Canadiens enlevés cette semaine après être tombés dans une embuscade sur une route du nord du Nigeria ont été libérés samedi, a annoncé la police.

Les quatre Nord-Américains kidnappés mardi soir par des hommes armés non identifiés «sont tous en bon état de santé» et ont été pris en charge par leur ambassade respective après leur libération vers 5 h (23 h vendredi, heure de l’Est) du matin, a expliqué à l’AFP Mukhtar Aliyu, porte-parole de l’État du Kaduna.

Une personne soupçonnée d’être liée à leur enlèvement a été arrêtée, a-t-il précisé.

«Ils ont été libérés grâce aux efforts de la police» qui avait déployé plusieurs unités spéciales à leurs recherches dans la brousse entourant le lieu de leur enlèvement, a ajouté le porte-parole.

Le responsable a toutefois refusé de révéler les circonstances exactes de leur libération, évoquant des «informations classifiées».

«Je ne suis pas en mesure de confirmer s’il y a eu des négociations (en amont) ou une rançon de payée», a-t-il répondu à l’AFP.

Les deux Canadiens et deux Américains avaient été kidnappés alors qu’ils étaient en route vers la capitale fédérale Abuja, depuis Kafanchan, dans l’État du Kaduna, sur un axe où les enlèvements sont fréquents. Des inconnus armés les avaient enlevés lors d’une embuscade après avoir tué leur escorte policière.

Les quatre personnes – dont les identités n’ont pas été dévoilées – étaient en voyage d’affaires et les autorités américaines et canadiennes avaient indiqué travailler avec les autorités nigérianes pour les retrouver.

Le Département d’État américain a demandé à ses ressortissants de «reconsidérer» leurs déplacements au Nigeria, mettant en garde contre «les crimes violents», tels que les «attaques à main armée, vols de voitures, kidnappings» qui sont «communs à travers le pays».

Le phénomène du kidnapping contre rançon est particulièrement répandu au Nigeria (4e pays au monde en 2016 selon Control Risks, organisation internationale de surveillance des risques) depuis une dizaine d’années.

Quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été enlevés le 13 octobre dernier près de Warri, dans l’État du Delta (sud-est).

Le gouvernement britannique avait annoncé en novembre qu’un des otages, Ian Squire, avait été tué lors de sa captivité, les trois autres otages ayant pu être libérés et rentrer chez eux.

Les enlèvements étaient d’abord ciblés contre des expatriés dans le sud-est du pays, région pétrolière, mais peu à peu, les riches Nigérians sont devenus les premières victimes de ces «kidnappings express».

Les personnes enlevées sont souvent libérées après quelques jours, une fois effectué le versement d’une rançon.

Dix des 36 États formant le Nigeria appliquent la peine de mort pour les auteurs de kidnappings.

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