Syrie: le Conseil de sécurité évoquera l’offensive turque qui a tué jusqu’ici 11 civils, dont 5 enfants

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Des tanks de l’armée turque, le 21 janvier 2018 à Hassa, près de la frontière syrienne. (Bulent Kilic/AFP)

Le Conseil de sécurité de l’ONU évoquera lundi l’aggravation de la situation humanitaire en Syrie après le lancement ce week-end d’une offensive turque contre les miliciens kurdes des YPG dans la région d’Afrine en Syrie, ont rapporté des diplomates.

Une réunion était déjà prévue pour évoquer le rapport du responsable de l’ONU chargé des Affaires humanitaires, Mark Lowcock, sur sa récente visite en Syrie.

Mais à la demande de la France, la rencontre à huis clos portera également sur l’escalade militaire en Syrie marquée par l’offensive turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), mais aussi les bombardements du régime syrien, notamment à Idleb (nord-ouest) et dans la Ghouta orientale près de Damas.

La réunion débutera autour de 11H30 (16H30 GMT), selon des diplomates.

« La France est très préoccupée par la situation en Syrie et par la dégradation brutale de la situation », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Et la ministre française des Armées Florence Parly a appelé la Turquie à cesser ses opérations contre les YPG, qui sont alliés des Occidentaux dans lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

La Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, a elle annoncé samedi que ses militaires déployés dans la zone d’Afrine avaient quitté leurs positions pour « empêcher d’éventuelles provocations » ou menaces à leur encontre.

Le département d’État américain a lui appelé dimanche la Turquie à « faire preuve de retenue » et à épargner les civils en Syrie, tandis que le ministre de la Défense Jim Mattis soulignait le fait qu’Ankara a « des préoccupations sécuritaires légitimes ».

11 civils, dont 5 enfants, tués jusqu’ici dans les frappes turques

Au moins onze civils, dont cinq enfants ont été tués dimanche dans des frappes de l’aviation turque sur l’enclave d’Afrine dans le nord de la Syrie, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’armée turque a lancé samedi une vaste opération dans la région d’Afrine, baptisée «Rameau d’olivier», multipliant les frappes aériennes et les bombardements à l’artillerie contre des positions des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme «terroriste» par Ankara.

Un précédent bilan des frappes sur le village de Jalbara faisait état de huit morts.

Huit victimes faisaient partie d’une même famille déplacée originaire de la province voisine d’Idleb, a précisé le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Plus tôt, Birusk Hasakeh, porte-parole des YPG, avait lui aussi fait état des frappes, accusant les avions turcs d’avoir commis un «massacre».

Sur des images transmises par ce porte-parole à l’AFP, on peut voir des secouristes kurdes extraire des corps ensanglantés d’une structure en béton effondrée.

Samedi, M. Hasakeh avait indiqué que dix personnes, dont sept civils, avaient été tuées dans les bombardements turcs.

Ankara accuse les YPG d’être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée «terroriste» par la Turquie et ses alliés occidentaux, et qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Mais les YPG sont aussi l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les États-Unis dans leur lutte contre le groupe État islamique.

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