Washington et Ankara discutent d’une «zone sécurisée» à la frontière syrienne

Des soldats turcs près du mont Bersaya, au nord de la ville syrienne d'Azaz, le 22 janvier 2018. (AFP / Saleh Abo Chaloun)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des soldats turcs près du mont Bersaya, au nord de la ville syrienne d’Azaz, le 22 janvier 2018. (Archives/AFP/Saleh Abo Chaloun)

Washington et Ankara sont en discussion concernant la création d’une « zone sécurisée » le long de la frontière syrienne, a affirmé jeudi le Pentagone, au moment où États-Unis et Turquie laissent éclater au grand jour leurs divergences sur l’opération turque en Syrie.

La Turquie a lancé, le 20 janvier, une grande offensive militaire à Afrine, en Syrie, pour déloger les milices kurdes des YPG, considérées par Ankara comme une organisation « terroriste » mais soutenues par Washington dans le cadre de la lutte contre l’organisation Etat islamique.

« Clairement, nous continuons à parler aux Turcs de la possibilité d’une zone sécurisée, appelez cela comme vous voulez », a déclaré à des journalistes Kenneth McKenzie, porte-parole du ministère américain de la Défense.

« Nous avons étudié cela, depuis quelques années, à de nombreuses reprises et aucune décision finale n’a encore été prise. Nos commandants militaires en parlent donc je dirais que c’est un concept qui est dans l’air », a ajouté M. McKenzie.

Selon les médias turcs, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a confié à son homologue turc Mevlüt Cavusoglu qu’il est favorable à la création d’une zone sécurisée qui s’étendrait sur 30 kilomètres à l’intérieur de la Syrie.

Le gouvernement du président Bachar al-Assad, des groupes rebelles, les djihadistes de l’EI, la coalition internationale menée par les États-Unis ou encore la Russie sont engagés dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011. Le conflit, qui a déjà fait quelque 340.000 morts, s’est encore complexifié il y a six jours avec l’opération militaire d’Ankara du côté syrien de sa frontière.

Cette intervention a notamment suscité l’inquiétude des États-Unis, parrains des YPG en Syrie. Selon un compte-rendu de la Maison Blanche, le président Donald Trump a exhorté, lors d’un entretien téléphonique mercredi, son homologue turc Recep Tayyip Erdogan « à réduire et limiter ses actions militaires » à Afrine.

Même si Ankara a assuré jeudi que la version américaine de ce coup de téléphone ne reflétait pas la teneur de l’entretien, le porte-parole du Pentagone a appuyé jeudi les propos de Donald Trump: « Particulièrement à Afrine, les opérations turques (…) sont une chose négative » car elles ajoutent « de la friction à l’équation » et « rendent difficile de se concentrer sur ce pourquoi nous sommes en Syrie ».