Washington et Séoul reportent les manœuvres militaires prévues durant les JO d’hiver

Photo fournie le 31 août 2017 par le ministère de la Défense sud-coréen montrant des bombardiers et chasseurs furtifs américains et sud-coréens lors d'un exercice militaire conjoint au-dessus de la Corée du Sud. (AFP/handout)
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Photo fournie le 31 août 2017 par le ministère de la Défense sud-coréen montrant des bombardiers et chasseurs furtifs américains et sud-coréens lors d’un exercice militaire conjoint au-dessus de la Corée du Sud. (AFP/handout)

Le président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In ont convenu de reporter les manoeuvres militaires prévues entre les deux pays pendant les jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang en février, a déclaré jeudi le bureau de M. Moon.

« Les deux dirigeants ont convenu que les manoeuvres militaires communes américano-sud-coréennes n’auraient pas lieu durant la période olympique et que les forces armées des deux pays feraient de leur mieux pour garantir la sécurité des jeux », selon un communiqué de la présidence sud-coréenne.

D’après Séoul, cette décision a été prise mardi lors d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants.

M. Moon a déclaré à M. Trump que le report de ces manoeuvres, qui suscitent régulièrement l’ire de Pyongyang, contribuerait au succès des JO d’hiver « dans l’hypothèse où le Nord ne se livre pas à de nouvelles provocations », selon le communiqué.

« Le département de la Défense soutient la décision du président et ce qui est dans le meilleur intérêt de l’alliance américano-sud-coréenne », a commenté un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning.

Le report des manœuvres «pratique et non politique», explique pour sa part Mattis

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a affirmé jeudi que la décision de reporter les manoeuvres militaires avec la Corée du Sud à après les jeux Olympiques de Pyeongchang, avait été prise pour des raisons pratiques et non politiques.

« Pour nous, c’est une question pratique », a déclaré M. Mattis à quelques journalistes au Pentagone, notant que les jeux Olympiques de Pyeongchang, qui se tiennent du 9 au 25 février, est le plus gros événement touristique pour la Corée du Sud cette année.

« Il nous est déjà arrivé de modifier le calendrier de ce genre (d’exercices) pour des raisons diverses, donc pour nous c’est un échange normal de bons procédés ».

Il a précisé que les manoeuvres militaires auraient lieu après les jeux Paralympiques, qui s’achèvent le 18 mars.

Interrogé sur le début de réchauffement entre les deux Corées, M. Mattis a estimé qu’il était le résultat des pressions internationales sur le régime de Pyongyang, notamment les récentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Cela montre une fois de plus l’unité des démocraties et des pays qui essaient d’éviter que ceci ne dégénère en conflit armé et qui (veulent) mettre un terme aux provocations que sont le développement d’armes nucléaires, le lancement de missiles », a ajouté le ministre américain de la Défense.

Interrogé sur le tweet de Donald Trump comparant son bouton nucléaire à celui du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, M. Mattis s’est abstenu de tout commentaire.

« Mon travail en tant que ministre de la Défense est de m’assurer que nos forces armées sont prêtes à défendre notre pays », s’est-il contenté de répondre.

Dialogue intercoréen

Cette annonce intervient quelques heures après les déclarations de Donald Trump estimant que les discussions entre la Corée du Sud et la Corée du Nord étaient « une bonne chose ».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a « salué » jeudi la suspension des manoeuvres militaires durant les JO. Moscou « observe avec satisfaction » que ses appels en faveur de l’arrêt des manoeuvres ont été « pris en compte », a déclaré le vice-ministre, cité par l’agence publique Ria Novosti.

Pyongyang a multiplié ces derniers mois les tirs de missiles balistiques et mené son sixième essai nucléaire. En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé de multiples trains de sanctions contre Pyongyang.

Mais 2018 a débuté sur une tonalité différente, avec une volonté apparente d’apaisement.

Les deux Corées ont remis mercredi en service un téléphone rouge transfrontalier fermé depuis 2016, après que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a évoqué une participation de son pays aux JO d’hiver en février à Pyeongchang en Corée du Sud.

Séoul a répondu à cette ouverture sur le dossier olympique en proposant la tenue de discussions de haut niveau le 9 janvier, pour la première fois depuis 2015.