Birmanie: sanctions canadiennes contre le major-général Maung Maung Soe

Une famille vient d’arriver, pieds nus dans la boue, au camp de réfugiés bondé de Kutupalong, alors que des milliers d’autres cherchent un abri. (HCR/Vivian Tan)
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Des Rohingyas se recueillent devant les corps de réfugiés morts dans un naufrage, le 29 septembre 2017 près de la plage d’Inani, à Cox’s Bazar, au Bangladesh. (Archives/AFP/FRED DUFOUR)

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a annoncé aujourd’hui, au nom du gouvernement du Canada, l’imposition de sanctions ciblées contre le major-général Maung Maung Soe, ancien chef du commandement ouest de l’armée birmane, en vertu de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus.

Ces sanctions résultent du rôle déterminant qu’a joué cet important responsable militaire dans la violation des droits de la personne à l’encontre des Rohingyas au Myanmar (Birmanie), ainsi que dans la violence et les persécutions qui ont forcé plus de 688 000 Rohingyas à fuir leur pays, explique Affaires mondiales Canada dans le communiqué qui annonce cette décision.

De l’avis du Canada, le major-général est responsable ou complice de violations graves des droits de la personne reconnus à l’échelle internationale, commises contre des personnes en Birmanie qui cherchaient à exercer et à défendre leurs droits et libertés.

Ces sanctions imposent au général birman une interdiction d’effectuer des opérations et, ce faisant, gèlent les avoirs détenus par cet individu au Canada et l’interdisent de territoire au pays en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.

En imposant des sanctions contre le major-général Maung Maung Soe, le Canada montre son engagement ferme et continu à protéger les droits de la personne de tous les Rohingyas et des autres groupes ethniques du Myanmar.

«Le Canada ne restera pas impassible devant les crimes contre l’humanité commis contre les Rohingyas. Nous sommes solidaires du peuple rohingya et des autres minorités ethniques qui luttent pour le respect de leurs droits. Les dirigeants militaires et civils du Myanmar ont une obligation à l’égard du respect des droits de la personne de la population entière, et ceux qui sont responsables de ces atrocités doivent rendre des comptes.», a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères.

Ces sanctions s’ajoutent à celles qui sont liées au Myanmar et qui ont été imposées en 2007, puis modifiées en 2012, en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales. Ces sanctions ont été prises en raison de la gravité de la situation humanitaire et de l’état des droits de la personne au Myanmar, qui menaçait la paix et la sécurité dans toute la région.

Le Myanmar est accusée d’épuration ethnique par les Nations unies depuis le déclenchement fin août d’une opération militaire à la suite d’attaques de rebelles rohingyas.

L’armée et des milices bouddhistes sont accusées de multiples exactions: viols, torture, meurtres, incendies de villages ensuite rasés.

Les États-Unis ont eux aussi imposé en décembre 2017 des sanctions contre l’ancien chef du commandement ouest de l’armée birmane.

*Avec AFP