Retour du Canada dans le système aéroporté d’alerte et de contrôle de l’OTAN

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Un avion AWACS de l’OTAN (Wiki Commons)

Le Canada réintègre le programme du système aéroporté d’alerte et de contrôle de l’OTAN, annonce aujourd’hui le cabinet du ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

L’OTAN est une pierre angulaire de la politique de sécurité internationale du Canada et, aujourd’hui, le gouvernement a annoncé son intention de réintégrer le programme du système aéroporté d’alerte et de contrôle (AWACS) de l’OTAN.

Le Canada avait décidé de se retirer du programme AWACS en 2011 à la suite de l’examen stratégique de 2010 du ministère de la Défense nationale.

Mais «Les programmes comme AWACS, qui effectuent des activités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, sont de plus en plus pertinents dans le contexte actuel de sécurité.», explique le bureau du ministre de la Défense. «En réponse aux défis posés par cet environnement, l’OTAN a considérablement augmenté le recours à AWACS, y compris dans des régions comme l’Europe centrale et l’Europe de l’Est où le Canada dirige un groupement tactique multinational de l’OTAN en Lettonie.»

«L’OTAN est une pierre angulaire de la politique canadienne en matière de sécurité internationale et l’une de nos relations multilatérales les plus importantes. Dans cet esprit, le Canada a décidé de réintégrer le programme du système aéroporté d’alerte et de contrôle qui est une capacité clé de l’OTAN. Nous appuierons ce programme en contribuant à son budget d’opérations et de soutien. Nous sommes résolus à maintenir l’engagement du Canada dans le monde et nous continuerons de soutenir l’OTAN et ses missions: il s’agit d’étapes importantes vers la réalisation de cet objectif.», déclare quant à lui le ministre Sajjan, en réunion ministérielle de l’Otan mercredi et jeudi à Bruxelles avec ses homologues des autres pays membres de l’Alliance.

Le Canada joue un rôle important et constructif dans le monde en contribuant aujourd’hui concrètement à la paix et à la sécurité internationales, y compris au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), souligne également le communiqué du cabinet du ministre.

Avant de se rendre à Bruxelles, le ministre Sajjan s’était fendu à Rome pour assister à une réunion des ministres de la Défense des pays principaux fournissant des forces à la Coalition mondiale contre Daesh où la question des détenus étrangers est restée en suspens, certains pays, contrairement au Canada qui mise sur la réhabilitation, rechignant à récupérer sur leur sol leurs citoyens ayant combattu dans les rangs du groupe Etat islamique (EI).

Les débats à Rome ont aussi porté sur la poursuite des combats dans la vallée de l’Euphrate où les derniers djihadistes se sont réfugiés, et sur l’opération militaire turque dans l’enclave frontalière d’Afrine contre les Unités de protection du peuple kurde (YPG), composante kurde des FDS.

Après Bruxelles, le ministre ira à Munich les 16 et 17 février pour participer à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité, un forum global axé sur les enjeux touchant la défense et la sécurité

En bref

Le système aéroporté d’alerte et de contrôle (AWACS) a été créé en 1978 et comprend une flotte d’aéronefs appartenant à l’OTAN, ce qui donne à l’Alliance les moyens d’effectuer une surveillance aérienne à long rayon et de commander ainsi que de contrôler les forces aériennes.

Une partie de l’engagement du Canada envers l’OTAN, comme il est énoncé dans la politique Protection, Sécurité, Engagement, comprend ce qui suit:

  • mener et/ou contribuer des forces aux efforts de l’OTAN et de la coalition pour dissuader et vaincre des adversaires potentiels, y compris des terroristes, afin de soutenir la stabilité mondiale;
  • diriger et/ou contribuer aux opérations internationales de paix et aux missions de stabilisation avec les Nations Unies, l’OTAN et d’autres partenaires multilatéraux.

Le système aéroporté d’alerte et de contrôle (AWACS) de l’OTAN compte seize aéronefs E-3A.

Ces Boeing 707 modifiés sont facilement identifiables à partir du dôme radar distinctif monté sur le fuselage. L’appareil E-3A fonctionne généralement à une altitude d’environ 10 km. À partir de cette altitude, un seul appareil E-3A peut surveiller en permanence l’espace aérien dans un rayon de plus de 400 km et peut échanger des informations, au moyen de liaisons de données numériques, avec les commandants sur terre, en mer et dans les airs.

En utilisant le radar à impulsions Doppler, un appareil E-3A volant dans l’espace aérien de l’OTAN peut faire la distinction entre les cibles et les réflexions au sol et est donc en mesure de donner l’alerte rapide en cas de vol à basse ou haute altitude au-dessus du territoire d’un agresseur potentiel.

*Avec AFP



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