UNIFIED RESOLVE 2018: voici pourquoi nous avons les meilleurs soldats du monde (PHOTOS)

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Alors que s’achève l’exercice UNIFIED RESOLVE 2018 (UR 18) qui réunit plus de 1250 militaires, observateurs compris, au Centre d’instruction de la 2e Division du Canada à Valcartier, le major-général Simon Hetherington, commandant du Centre de la doctrine et de l’instruction de l’Armée canadienne, responsable de la certification tant individuelle que collective de nos militaires, explique à 45eNord.ca le but et l’importance de cet exercice.

L’exercice Unified Resolve s’inscrit dans le processus de montée en puissance conduisant en mai à l’exercice ultime Maple Resolve au Centre canadien d’entraînement aux manœuvres (CCEM) à Wainwright, en Alberta, qui va continuer exactement où Unified Resolve terminera jeudi après-midi et qui confirmera le niveau de préparation élevé des soldats.

Exercice d’état-major, UNIFIED RESOLVE a pour objectif de perfectionner le processus de commandement et de contrôle requis pour planifier et exécuter un déploiement des membres des Forces armées canadiennes.

Dans l’Armée canadienne, les trois groupes-brigades mécanisés du Canada (GBMC) participent à un cycle triennal de gestion de la disponibilité opérationnelle. Ce cycle fait en sorte que le pays dispose en tout temps de soldats qualifiés et prêts à se déployer n’importe où dans le monde. Les trois GBMC sont le 1 GBMC (Edmonton, Alberta et Shilo, Manitoba), le 2 GBMC (Petawawa, Ontario et Gagetown, Nouveau-Brunswick) et le 5 GBMC (Valcartier, Québec).

Du 27 janvier au 9 février 2018, dans le cadre de cet exercice complexe assisté par ordinateur, les membres du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) sont ainsi soumis à des scénarios susceptibles de se produire lors de véritables déploiements au pays et à l’étranger.

«Les conflits armés classiques ne sont plus la norme. Les affrontements contemporains impliquent des parties belligérantes qui maîtrisent la technologie et savent s’adapter au changement. Pour faire face à cette réalité, il est important que la capacité de commandement et contrôle permette une prise de décisions rapide menant à des actions sur le terrain. Le 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, qui a pour mandat de mettre sur pied un quartier général prêt au déploiement cet été, entend atteindre cet objectif lors du dernier exercice de certification UNIFIED RESOLVE», a déclaré pour sa part le colonel Stéphane Boivin, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisée du Canada, convaincu «À la lumière des exercices préparatoires que nous menés en Californie et ici à Valcartier», de la réussite de son groupe-brigade.

Et c’est ainsi que le 5 GMBC doit obtenir sa certification sous les yeux d’une centaine d’observateurs du Centre de la doctrine et de l’instruction de l’Armée canadienne, la formation de l’Armée canadienne basée à Kingston et responsable de la prestation de l’instruction au sein de l’Armée canadienne et de l’élaboration de la doctrine de cette armée.


Formation et entraînement, clés du succès de nos militaires

«Mon rôle en tant que commandant du Centre de la doctrine et de l’instruction de l’Armée canadienne est de travailler ‘en toutes circonstances’ pour le commandant de l’Armée de terre relativement à tout ce qui a trait à l’entraînement. Cela inclut l’entraînement individuel, la formation professionnelle, et l’entraînement collectif, comme les grands exercices comme Unified Resolve ici et le grand exercice en mai à Wainwright, Maple Resolve», nous explique pour sa part le major-général Hetherington.

«Aussi, je suis responsable au commandant de l’Armée de terre pour maintenir la doctrine de l’Armée de terre et l’opération du Centre pour le maintien de la paix à Kingston, une école très importante pour l’Armée de terre et pour les Forces canadiennes et où on forme aussi des militaires d’autres pays pour se préparer pour les missions de l’ONU.»

«Quant à mon rôle en ce qui concerne la certification du 5 GBMC au terme de UNIFIED RESOLVE 2018, c’est important d’avoir un processus formel pour dire ‘OK, nous avons un quartier général d’une brigade prêt pour des opérations.»

«Pour cette raison, je suis ici pour faire une certification avec un ‘C’ minuscule», dit le général. «Mais, pour moi, c’est vraiment surtout une question d’observer en vue d’apporter des améliorations dans tout ce que nous faisons.»

«Les observateurs/contrôleurs/entraîneurs (OCT) regardent tout ce qui se passe dans chaque partie de l’exercice et avisent les commandants, pas moi, mais le commandant de la brigade ou les commandants de bataillon de leurs observations pour aider les commandants dans l’analyse après l’action, un résumé des activités pour améliorer la performance de l’unité», d’expliquer le major-général Hetherington.

Mais, de souligner le major-général, même advenant que tout soit bon et que l’exercice se termine par une certification complète, rien n’est jamais gagné: après l’exercice Unified Resolve et avant l’exercice suivant, Maple Resolve, «Une personne [importante, NDLR] peut être mutée à l’extérieur de la 5e Brigade», remettant ainsi en cause la certification, de prévenir le major-général Hetherington qui insiste pour nous faire comprendre que la certification n’est pas un absolu et que, de toutes façons, il faut toujours continuer à s’entraîner et être prêt à combler des lacunes.

Plus important encore que la certification aux yeux de commandant du centre d’instruction et de la doctrine, est de donner l’occasion de s’entraîner et de s’améliorer que représente cet exercice.

Outre la 1ère Division du Canada, sous la supervision de laquelle travaille le 5 GBMC lors de Unified Resolve 2018, participaient aussi à l’exercice environ militaires du Royaume uni et 25 militaires des États-Unis, jouant respectivement le rôle d’une brigade britannique et américaine.

«C’est vraiment important, d’avoir ces partenaires étrangers ici car, si on fait partie d’une mission internationale, on va participer à cette mission avec nos partenaires internationaux, les Américains et les Britanniques», de souligner le major-général qui recevait d’ailleurs le jour de l’entrevue des généraux américains qui lui déclaraient que, pour eux aussi, il était important d’avoir les Canadiens avec eux lors de leurs exercices.

Apprendre à travailler avec des civils

«La brigade est en bonne forme, chaque jour elle fait des choses mieux que le jour avant», déclare le major-général.

Quant aux difficultés particulières et aux leçons apprises, que ce soit en situation de combat ou d’entraînement, en matière de commandement et de contrôle, c’est toujours très complexe, alors que le commandant doit travailler avec des éléments externes comme les organisations non gouvernementales, les autres ministères du gouvernement canadien et des autres pays», ne cache pas le major-général.

Une première difficulté, travailler sous la supervision de la 1ère Division, très différente de la 2e Division à laquelle appartient le 5 GBMC, et qui joue ici le rôle d’une division multinationale.

C’est difficile de travailler dans un environnement où il y a un niveau en haut de la brigade, qui est plus habituée à travailler de façon plus autonome, nous explique le major-général.

Ici, nous avons la 1ère Division du Canada, très préparée pour les opérations interarmées et très exigeante. Travailler ainsi sous cette division professionnelle et expérimentée peut être un défi pour une brigade habituée à travailler de façon plus indépendante.

Mais l’interaction avec les civils apparaît toutefois comme la difficulté principale aux yeux du commandant du Centre de l’instruction et de la doctrine.

Quoi que, sur les 150 civils impliqués dans la simulation lors de cet exercice, beaucoup étaient des vétérans. Il n’en reste pas moins qu’en général le travail avec des civils reste toujours un défi.

«C’est difficile en raison des cultures différentes [cultures nationales et cultures organisationnelles. NDLR]. Ce n’est vraiment pas facile pour le Canada, par exemple, de dire à quelqu’un qui travaille à l’ONU, ‘Hé! Il faut que vous fassiez ceci ou cela.’. C’est impossible. C’est donc un défi de travailler tous ensemble», de dire le major-général qui connaît bien ce défi pour avoir été à Kandahar en en Afghanistan le commandant de l’Équipe de reconstruction.

«C’était un de mes grands défis de comprendre les motivations des autres organisations qui ne fonctionnent pas comme des militaires, n’ont pas une hiérarchie comme les militaires, ont des buts différents, ont un langage complètement différent des militaires.»

Un grand défi, mais pas insurmontable, tout au contraire, alors que les jeunes officiers des Forces armées canadiennes sont beaucoup plus prêts que leurs prédécesseurs pour l’interaction avec les civils des autres ministères grâce, notamment à la formation qu’ils reçoivent dans des établissements comme le Collège de commandement et d’état‑major de l’Armée canadienne (CCEMAC).

Et ces habilités qu’ont développé nos jeunes officiers font merveille partout où nos troupes sont maintenant déployées comme au Koweït avec l’opération Impact, mais, de souligner le major-général, ici même où, par exemple, pendant les dernières inondations printanière, il a fallu que la 2e Division travaille étroitement avec les autorités civiles.

Finalement l’ex UNIFIED RESOLVE 2018, qui aura nécessité plus de 600 ordinateurs, avec tous les éléments réseau et câbles connexes, ainsi que tout le personnel de soutien nécessaire, civil et militaire, pour faire fonctionner cet équipement, se terminera demain, jeudi 9 février, mais la formation et l’entraînement ne se termineront jamais et c’est sans doute pour cela que le soldat canadien a la réputation, méritée, d’être l’un des plus efficaces et professionnels au monde.

Nous n’avons peut-être pas toujours le meilleur équipement, certes, mais nous avons de bonne raison de croire que nous avons les meilleurs soldats, prêts à relever le défi des conflits traditionnels, mais aussi celui des conflits asymétriques, des cybermenaces, de la collaboration avec les civils, de l’usage des réseaux sociaux. Des défis inconnus de leurs prédécesseurs et auxquels sont confrontés les militaires en ce début du 21e siècle.

BZ donc, à tous les participants à UNIFIED RESOLVE 2018.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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