Attentat en France: des notes évoquant l’EI trouvées chez l’assaillant

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Des membres des forces spéciales français ont effectué une perquisition à Carcassonne, le 23 mars.(Pascal Pavani/AFP)

Une perquisition réalisée au domicile de l’auteur de l’attaque dans le sud de la France, Radouane Lakdim, a permis de trouver des « notes faisant allusion à [l’organisation] État islamique », a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Le suspect Radouane Lakdim. (Police nationale)
«La perquisition […] a permis la découverte de notes faisant allusion à l’État islamique et faisant penser à un testament, ainsi que des supports numériques », a indiqué une source judiciaire.

Selon une source proche de l’enquête, « les enquêteurs ont retrouvé un testament écrit à la main où il se revendique de l’EI ».

Les enquêteurs cherchent à déterminer les raisons du passage à l’acte de ce Français d’origine marocaine de 25 ans et à trouver d’éventuelles complicités. Se présentant vendredi comme « un soldat de l’EI », Radouane Lakdim a tué vendredi quatre personnes dans des attaques revendiquées par l’organisation jihadiste.

Fiché «S» (pour Sûreté de l’État) en raison de ses liens avec la mouvance salafiste depuis 2014, Radouane Lakdim avait été un temps suivi par les autorités en raison de soupçons concernant une radicalisation mais cette surveillance n’avait pas permis de déceler de signe précurseur d’actions violentes.



mort du gendarme qui avait remplacé des otages

Les enquêteurs tentaient samedi de déterminer les circonstances de l’attentat perpétré dans le sud-ouest de la France, au nom du groupe État islamique (EI), par un assaillant qui a été abattu après des attaques qui ont fait quatre morts.

Un gendarme, grièvement blessé vendredi par l’attaquant auprès duquel il s’était livré pour remplacer des otages, est mort de ses blessures, a annoncé sur son compte Twitter le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb.

«Jamais la France n’oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice», a-t-il écrit à propos de cet officier de 45 ans, Arnaud Beltrame, marié, sans enfant.

Le président Emmanuel Macron avait particulièrement salué vendredi le «courage» de l’«officier supérieur de la gendarmerie, qui s’est porté volontaire pour se substituer aux autres otages et qui a été très grièvement blessé».

L’assaillant, Radouane Lakdim, un Français d’origine marocaine de 25 ans, qui s’était procuré une arme de poing, a mené vendredi ses attaques « seul » à Carcassonne et Trèbes, une petite ville située à moins de 10 km de la célèbre cité fortifiée, a expliqué Gérard Collomb.

Christian Guibbert, un ex-policier présent dans le supermarché où l’assaillant a terminé sa course meurtrière, a raconté à l’AFP avoir « vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar », qui a tiré « cinq ou six coups de feu ».

«Moi, j’étais à cinq mètres de lui», a raconté de son côté un vigile du supermarché, qui veut garder l’anonymat. « Il m’a tiré deux fois dessus. Il tirait mal », a ajouté cet homme, qui a indiqué avoir fait « évacuer le personnel par-derrière ».

Le président français Emmanuel Macron a déploré «une attaque terroriste islamiste» qui a fait trois morts et «16 blessés», dont «deux au moins» sont dans «un état grave».

Lisbonne a affirmé dans la soirée qu’un citoyen portugais figurait parmi les blessés graves et non parmi les morts, comme annoncé précédemment par les autorités portugaises « en raison d’erreurs de communication ».

Son amie en garde à vue

Ces attaques sont les premières de ce type en France depuis celle du 1er octobre à la gare Saint-Charles de Marseille, qui avait fait deux morts.

L’assaillant s’est dit « prêt à mourir pour la Syrie », demandant notamment lors des attaques « la libération de frères », selon le procureur de Paris François Molins. Parmi les noms de ces « frères », il a selon une source proche du dossier notamment cité celui de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des attentats de l’EI du 13 novembre 2015, et emprisonné près de Paris.

«L’homme qui a mené l’attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l’EI, qui a agi en réponse à l’appel» de l’organisation «à viser les pays membres de la coalition» internationale anti-EI, a déclaré le groupe djihadiste dans un communiqué de son agence de propagande Amaq.

La France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et en Irak contre l’EI.

«Une proche» de Radouane Lakdim «qui partageait sa vie a été placée en garde à vue», selon M. Molins.

Prison

Des dizaines d’enquêteurs sont mobilisés sur le dossier, a précisé le procureur. Radouane Lakdim avait été suivi par les services de renseignement et fiché à partir de 2014 « en raison de ses liens avec la mouvance salafiste ».

Auparavant, il avait été condamné le 29 mai 2011, alors âgé de 19 ans, à un mois de prison avec sursis pour « port d’arme prohibé ». Il avait ensuite fait un mois de prison en août 2016, après une condamnation pour « usage de stupéfiants » et « refus d’obtempérer ».

À sa sortie, il n’a pas montré de signes de radicalisation « pouvant laisser présager un passage à l’acte », a assuré M. Molins.

Radouane Lakdim « est passé à l’acte brusquement » vendredi, a précisé M. Collomb.

L’assaillant a agi en trois temps.

Il a d’abord « volé une voiture à Carcassonne, tuant un passager et blessant grièvement le conducteur ». Puis il a tiré sur un policier qu’il a blessé alors que ce dernier rentrait d’un footing avec plusieurs de ses collègues.

Quelques minutes plus tard, vers 11 h 15, il a pénétré dans un supermarché de Trèbes, où se trouvait une cinquantaine de personnes, et a tué un employé et un client.

À l’arrivée des gendarmes, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame s’est proposé comme otage en échange de la libération des personnes retenues.

L’officier laisse « son téléphone ouvert » sur une table, permettant à ses collèges d’écouter ce qu’il se passe dans le magasin.

Vers 14 h 20, Radouane Lakdim ouvre le feu sur le gendarme et lui porte plusieurs coups de couteau, le blessant très grièvement. Un groupe d’élite des forces de l’ordre intervient et abat l’assaillant. Deux militaires ont été blessés par balle lors de l’assaut.

Le président Macron a salué le « professionnalisme » des forces de l’ordre et le « courage » du gendarme qui « s’est porté volontaire pour se substituer aux autres otages ». « Il a sauvé des vies », a-t-il ajouté.

« Nous avons depuis plusieurs années payé le prix du sang pour savoir la dangerosité de la menace terroriste », a encore dit le chef de l’État, tout en exprimant sa « détermination absolue » à lutter contre le terrorisme.

La France reste traumatisée par une série d’attentats en 2015 et 2016, qui ont fait 241 morts et des centaines de blessés.

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