Des donateurs se mobilisent pour venir en aide au vice-amiral Norman

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«Reconnaître ce qui est bien » – Le leadership est essentiel – Le vice-amiral Mark Norman, commandant de la MRC, parle aux membres de l’équipage à bord du NCSM St. John’s. (MDN)

L’objectif de la levée de fonds lancée par le colonel à la retraite Lee Hammond de Vancouver pour aider le vice-amiral Mark Norman, accusé d’abus de confiance dans une affaire qui n’a pas fini de faire couler de l’encre à payer ses frais d’avocat a été porté à 200 000 $.

Le colonel à la retraite Hammond était un collègue du vice-amiral Norman dans les Forces canadiennes avec lequel il a servi au quartier général de la Défense nationale alors que le vice-amiral était commandant de la Marine royale canadienne et directeur de la préparation stratégique à l’état-major interarmées stratégique.

La levée de fonds sur GoFundMe lancée il y a un mois avait rapidement atteint son objectif initial de 50 000 $, mais, après que le dépôt des accusations contre le militaire de carrière jusque-là irréprochable, Hammond a augmenté cet objectif à 200 000 $.

Dans le cadre d’une enquête criminelle, la Section des enquêtes internationales et de nature délicate de la Division nationale de la GRC a déposé le 9 mars une accusation d’abus de confiance en vertu de l’article 122 du Code criminel contre Mark Norman, 54 ans.

L’ex vice-chef d’état-major risque maintenant cinq ans d’emprisonnement en vertu de ce chef d’accusation. La GRC estime qu’il aurait divulgué illégalement des renseignements gouvernementaux à des personnes non autorisées, alors qu’il était le commandant de la Marine royale canadienne.

L’enquête a vu le jour en décembre 2015 lorsque la GRC a reçu une plainte alléguant que des documents confidentiels du Cabinet au sujet du contrat du navire de transport canadien Astérix de Chantier Davie aient fait l’objet de fuites. Le navire est désormais fini et à l’étape des essais en mer.

Suite à la réception de la plainte, la GRC a cherché des éléments de preuve par l’entremise de plusieurs autorisations judiciaires, d’un traité d’entraide juridique avec les autorités américaines et d’autres techniques d’enquête telles que l’interrogation de témoins et l’analyse judiciaire d’un nombre considérable de documents.

La GRC allègue que Norman a averti Chantier Davie que le gouvernement libéral allait remettre en cause le Projet Resolve de conversion par l’entreprise de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, du navire commercial l’Astérix en un navire ravitailleur pour la Marine royale canadienne.

Des détails sur la décision libérale de suspendre le projet de ravitaillement ont été divulgués aux médias, et l’embarras qui en a résulté a contraint le gouvernement à revenir sur ses plans. Furieux de cette fuite, le gouvernement libéral a demandé à la GRC d’enquêter.

L’affaire contre Norman est focalisée sur une réunion des ministres libéraux du 19 novembre 2015, qui avaient décidé de retarder le projet de Chantier Davie après avoir reçu une lettre de Irving Shipbuilding, le concurrent de la société sur la côte Est. Irving, étroitement lié au gouvernement Trudeau, a toutefois nié les allégations selon lesquelles il se serait rendu coupable d’ingérence politique pour saper un chantier naval concurrent.

Norman qui a nié tout acte répréhensible, n’a jamais été interrogé par la GRC. Son avocate, Me Marie Henein, n’a pas manqué de souligner dès le début de l’affaire que l’on s’en prenait à un homme d’exception avec un «état de services irréprochable». Me Henein déclarait qu’il est profondément injuste que celui qui a servi sous de nombreux gouvernements et qu’elle n’hésite pas à qualifier de héros, soit pris dans un «feu croisé bureaucratique».

Les soutiens de Norman, parmi lesquelles on retrouve l’ex ministre conservateur de la Défense Jason Kenney, s’inquiètent de plus en plus que l’accusation d’abus de confiance contre Norman soit motivée par des considérations politiques, rappelant que premier ministre Justin Trudeau a déclaré à deux reprises au cours de la dernière année que Norman se retrouverait devant les tribunaux, ce qui a suscite chez les partisans du vice-amiral et ex-vice-chef d’état-major de la Défense des préoccupations quant à l’ingérence politique dans le système judiciaire.

Plusieurs donateurs, sur la page de la levée de fonds, s’indignent aussi du temps que la police fédérale a pris a déposé des accusations contre le vice-amiral suspendu «temporairement» de ses fonctions le 16 janvier 2017, il y a plus d’un an.

«Maintenant que l’amiral Norman n’est plus confronté à une accusation théorique, mais à une véritable accusation de violation de confiance, il fait face maintenant des frais juridiques qui dépassent largement ce qu’un Canadien ordinaire pourrait supporter», a déclaré le colonel à la retraite Hammond sur GoFundMe, ajoutant «Il n’est pas un millionnaire. Il est un gars ordinaire comme vous et moi – avec une famille à soutenir. Aidez-le maintenant à se défendre contre les ressources illimitées qui œuvrent contre lui. Même avant d’être accusé, il a accumulé d’énormes frais juridiques.» et concluant «Maintenant c’est sérieux. L’accusation d’abus de confiance peut entraîner une peine d’emprisonnement. Dites le à vos amis, s’il vous plaît, partagez ce message, faisons ce qu’il faut pour un homme qui a consacré sa vie à servir les Canadiens et le Canada avec honneur.»

Jusqu’à maintenant, 751 personnes ont fait un don en 1 mois et 91 000 $ ont été recueillis sur l’objectif de 200 000 $.



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