États-Unis: Qui a le droit d’autoriser une guerre ? Le président ou le Congrès ?

0
Un homme prend une photo après un raid aérien de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite dans un quartier de la capitale yéménite Sanaa le 25 décembre 2017. (MOHAMMED HUWAIS/AFP)

Le Sénat américain votera mardi pour mettre fin ou non à l’assistance militaire des États-Unis à la coalition menée par l’Arabie saoudite dans la guerre contre les rebelles Houthis au Yémen, alors que le prince héritier saoudien rencontre Donald Trump à la Maison-Blanche.

Le débat a été réclamé par trois sénateurs des deux bords, unis pour l’occasion: l’indépendant apparenté démocrate Bernie Sanders, le démocrate Chris Murphy et le républicain ultraconservateur Mike Lee.

Les États-Unis fournissent depuis 2015, sous la présidence de Barack Obama, des renseignements, de l’aide au ciblage, du ravitaillement en vol et du soutien logistique à la coalition, mais ces sénateurs estiment que cet engagement militaire est illégal, n’ayant pas été autorisé par le Congrès.

D’après la Constitution américaine, le Congrès déclare la guerre. Mais en pratique, les présidents américains ordonnent régulièrement des déploiements militaires sans autorisation parlementaire.

C’est la première fois que le Sénat votera pour tenter de forcer le retrait de forces américaines d’hostilités «non autorisées», selon les initiateurs du texte.

«Nous estimons que, puisque le Congrès n’a pas déclaré de guerre ni autorisé l’emploi de la force militaire dans ce conflit, l’engagement des États-Unis au Yémen est anticonstitutionnel et non autorisé, et que le soutien militaire américain à la coalition saoudienne doit cesser», a déclaré Bernie Sanders.

«Avec cette résolution, le Congrès reprend ses pouvoirs de décision en politique étrangère», estime Mike Lee, qui fait partie des partisans d’une interprétation stricte de la Constitution.

Un débat de quatre heures aura lieu dans l’hémicycle mardi, suivi d’un vote vers 16 h 15. En cas d’adoption au Sénat, la résolution devra passer à la Chambre des représentants.

Entre temps, Donald Trump aura reçu le prince héritier saoudien à la Maison-Blanche à l’heure du déjeuner.

De nombreux élus américains, démocrates et républicains, contestent aussi l’engagement militaire américain en Syrie et dans d’autres parties du monde, estimant que les autorisations de recours à la force adoptées après les attentats du 11-Septembre contre Al-Qaïda et l’Irak en 2001 et 2002 ne devaient plus s’appliquer.



Les commentaires sont fermés.