Le NCSM Chicoutimi de retour à la maison après 197 jours en mer (PHOTOS)

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45eNord.ca s’est entretenu avec le commandant du sous-marin NCSM Chicoutimi, alors que l’équipage était sur le point de rentrer à la maison, après un déploiement exceptionnel de six mois.

Le NCSM Windsor est actuellement en déploiement international et le Chicoutimi en revient tout juste, après 197 jours en mer. La Marine royale canadienne a atteint ce qu’on appelle le steady state, c’est à dire deux sous-marins opérationnels, un sur chaque côte et un qui s’entraîne.

C’est donc en septembre 2017 que l’équipage du NCSM Chicoutimi, sous-marin de classe Victoria, a quitté le Canada pour un déploiement hors-norme de six mois.

«Notre but était d’aller opérer avec nos alliés de la région pour refaire ou pour ré-établir nos relations et aussi participer à maintenir la paix et la sécurité dans la région», explique le capitaine de frégate Stéphane Ouellet, commandant du NCSM Chicoutimi.

«C’est le déploiement le plus long et le plus loin que la classe Victoria a jamais entrepris, poursuit le marin. Traverser le Pacifique c’est pas un petit accomplissement! On a eu l’occasion au cours de notre déploiement de travailler avec des forces américaines, japonaises, australiennes et françaises, avec des avions, des navires de surface et avec des sous-marins».

La simple présence d’un sous-marin diesel-électrique change la dynamique d’une zone d’opérations en raison du caractère létal de ces appareils et de leur furtivité par rapport à un sous-marin nucléaire.

Le capitaine de frégate Ouellet affirme que ce déploiement de six mois fut tout un défi, mais également une belle opportunité. Selon lui, les six mois furent extrêmement longs, en plus que le déploiement comprenait la période de Noël. Toutefois, le sous-marin et son équipage ont mené une série de première fois. «C’était la premièere fois depuis la Guerre de Corée que le Canada déployait dans la région. Ça a servi à prouver la robustesse de la classe Victoria dans des conditions difficiles: les eaux chaudes de l’Asie-Pacifique, on a évité un typhon et on a fait de longues traversées sans aucun support. Ça a pris 5 semaines pour effectuer la traversée du Pacifique, annonce Stéphane Ouellet. On a définitivement prouvé la capacité des sous-marins de la classe Victoria d’opérer loin du port d’attache et pour de longues périodes», estime-t-il.

1) La participation du Chicoutimi à un exercice avec la Marine américaine et la Marine japonaise, alors que l’exercice était censé être un exercice bilatéral uniquement. Le Chicoutimi était le premier participant d’une autre nation.

2) La participation du Chicoutimi a un exercice supposé être exclusif à la Marine japonaise. Cela montre qu’on a eu dans cette région d’importantes relations stratégiques. C’était la première fois que les japonais s’entraînaient sans la marine américaine.

3) Finalement, «c’est l’accomplissement, l’arrivée de l’autre côté du Pacifique, et notre entrée a Tokyo. Ça faisait 50 ans que la Marine canadienne n’était pas venue dans la région de l’Asie-Pacifique». Sa visite à Yokosuka, au Japon, a été la première visite faite par un sous‑marin canadien depuis celle du NCSM Grilse en mai 1968.

À titre de commandant d’un sous-marin, le capitaine de frégate Ouellet confie que le plus difficile c’est «la prise de décision avec le manque d’informations. En tant que commandant de sous-marin on doit être capable de prendre des décisions sans appeler quelqu’un, indépendamment». Il n’y a en effet personne d’autre que l’équipage vers qui se tourner lorsque le sous-marin est en mode opérations.

Pour réussir au mieux ce pour quoi on l’a envoyé, l’équipage s’est entraîné avant, mais aussi pendant son déploiement. «C’est sûr qu’en patrouille la routine il y a beaucoup d’entraînements qui se font pour s’assurer de notre capacité d’opérer tactiquement. On pratique souvent l’exercice de contrôle d’avaries pour ce qui est d’incendies, de fuites hydrauliques, de fautes électriques… et un aspect aussi qu’on fait régulièrement, c’est l’entrainement de sous-mariniers juniors, l’entrainement de candidats sous-mariniers. On effectue aussi une routine de recharger la batterie, car on est un sous-marin diesel électrique. C’est sur que lorsqu’on est en exercice, on va faire notre mission, notre tâche qu’on nous donne et on va alors adapter notre routine en conséquence», explique encore le commandant.

Maintenant que le retour à la maison est fait, la priorité de l’équipage va être de se reposer. «L’équipage est fatigué, ça été un six mois qui a été assez difficile, donc maintenant on retourne à la maison et on va célébrer nos succès, parce que je pense que ya beaucoup de raisons d’être fiers de ce que le Chicoutimi a accompli dans l’Asie-Pacifique», estime le capitaine de frégate.
À n’en pas douter !

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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