Quatre ans après un double meurtre: l’ex réserviste Guillaume Gélinas condamné à vie

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Guillaume Gélinas avec sa belle-mère, Julie Lemieux, et son père Luc Gélinas, en des temps plus heureux (photo tirée de la page Facebook de Luc Gélinas)

Il aura fallu quatre ans pour que l’ex réserviste du Régiment de Hull, Guillaume Gélinas, arrêté pour le meurtre de son père Luc Gélinas et de la conjointe de celui-ci, Julie Lemieux, à Terrebonne le 13 février 2014, soit condamné.

Initialement accusé de deux meurtres prémédités, le tueur a plaidé coupable lundi à deux chefs réduits de meurtres non prémédités et a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 18 ans.

Gélinas a avoué lundi s’être déguisé pour poignarder à mort son père et sa belle-mère, quelques jours après une violente dispute concernant ses dettes.

Le double meurtre de Luc Gélinas et Julie Lemieux est un «crime dont les raisons échappent encore à l’entendement», a pour sa part déclaré le juge de la Cour supérieure Michel Pennou.

L’affaire commence jeudi 13 février 2014 quand, aux environs de 10h00, les policiers de Terrebonne ont été appelés à se rendre dans une demeure cossue du boulevard Pierre-Le Gardeur où ils ont découvert le corps des deux victimes, Luc Gélinas, 54 ans et de sa conjointe Julie Lemieux, 35 ans, tués à l’aide d’une arme blanche.

Le fils de Luc Gélinas, Guillaume, 22 ans à l’époque, un des trois enfants nés d’une union précédente, habite à la résidence de son père depuis quelques mois. Il demeure introuvable après le crime, jusqu’à ce qu’il soit localisé chez sa conjointe en soirée dans l’Outaouais où, semble-t-il, il projetait de déménager en avril.

Gélinas est alors lacé en état d’arrestation et sera par la suite accusé le 17 février du double meurtre de son père et de sa belle-mère.

Mais, de report en report, il aura fallu des années pour qu’il soit enfin cité à son procès pour deux meurtres au premier degré.

Les parties s’étaient finalement entendues pour fixer au 12 mars 2018 son devant jury au palais de justice de Joliette, On prévoyait lors six semaines d’audition qui ne seront plus maintenant nécessaires.

Difficile retour d’Afghanistan

Le jeune homme vivait des moments difficiles, notamment en lien avec son expérience militaire en Afghanistan.

Un de ses amis proches a été « déchiqueté » tout près de lui lorsque sa propre grenade a explosé et, aux dires de son avocat, Me Marc Labelle, cet événement traumatique aurait compromis l’équilibre de son client.

En outre, la relation avec son père aurait été «tendue» et Julie Lemieux avait confié la veille de sa mort que le garçon était déprimé et qu’il avait un comportement parfois inquiétant depuis son retour d’Afghanistan.

De plus, Guillaume Gélinas avait du mal à conserver un emploi depuis son retour de mission, trois ans auparavant.

«Étant quelque peu oisif, la situation financière de l’accusé était précaire. S’étant porté garant pour son fils, Luc Gélinas recevait des appels téléphoniques insistants de créanciers impayé », a expliqué au tribunal le procureur de la Couronne, Éric Côté.

Le père et le fils s’étaient d’ailleurs violemment disputé à ce sujet dans les jours ayant précédé le drame, a-t-on appris lundi au Palais de justice de Joliette.

La veille des meurtres, le jeune homme avait passé la soirée chez un ami. Il devait y dormir, mais il est plutôt parti en pleine nuit pour retourner chez son père où il est entré par le garage, a enfilé un déguisement: imperméable jaune, cagoule et un masque blancs, gants noirs et bottes d’hiver, celles de son père.

Armé d’un bâton télescopique, le jeune ex-militaire s’est rendu dans la chambre à coucher du couple dans le but avoué de leur faire peur, mais son père l’aurait reconnu et une bagarre aurait éclaté.

Guillaume Gélinas s’empare alors d’un gros couteau de cuisine avec lequel il poignarde les deux victimes: l’homme de 54 ans reçoit à 10 coups de couteau, sa conjointe de 35 ans 38 coups.

Le fils Gélinas vole ensuite 50 $ dans le portefeuille de son père, puis il se douché avant de se rendre à ses cours, comme si de rien n’était.

Il prend soin de jeter l’arme du crime et ses vêtements dans deux différentes bennes à ordures.

Lundi, au Palais de Justice, Gélinas a exprimé ses regrets.« Je regrette infiniment. Si je pouvais revenir dans le temps et effacer ce que j’ai fait, je le ferais», a-t-il déclaré.



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