Syrie: début de l’évacuation des premiers rebelles de la Ghouta

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L’armée syrienne et des bus affrétés par le régime positionnés à l’entrée de la localité de Harasta, dans la Ghouta orientale d’où des rebelles et leur famille doivent quitter le 22 mars 2018 le dernier fief insurgé près de Damas après des semaines d’offensive meurtrière du régime. (Louai Beshara/AFP)

Des centaines de combattants et de civils ont commencé jeudi à quitter leur fief dans la Ghouta orientale, en vertu d’un accord inédit entre le groupe rebelle Ahrar al-Cham et le régime de Damas, ont annoncé les médias d’Etat syriens.

Quelque 547 personnes, dont 88 « combattants », ont déjà quitté le secteur rebelle de Harasta, à l’est de Damas, selon la télévision d’Etat syrienne. Ils ont pris place à bord de plusieurs bus, sur une « ligne de démarcation » avec les territoires du régime, selon une source militaire sur le terrain.

Au total, quelque 1.500 combattants rebelles et 6.000 membres de leur famille doivent quitter Harasta, en plusieurs vagues, selon l’agence officielle syrienne Sana.

L’initiative intervient en vertu d’un accord passé avec le pouvoir du président Bachar al-Assad, parrainé par la Russie, alors que les territoires rebelles dans la Ghouta ont été laminés par une offensive dévastatrice lancée le 18 février.

En plus d’un mois de bombardements aériens et de combats au sol, l’enclave rebelle s’est réduite comme peau de chagrin et les forces du régime en ont déjà reconquis plus de 80%.

Le déluge de feu quotidien a tué plus de 1.500 civils dont 315 enfants, selon l’OSDH.

A Harasta, les sorties devaient commencer à 05H00 GMT mais l’opération a pris du retard, a constaté un correspondant de l’AFP qui a vu des soldats des armées russe et syrienne postés à la périphérie de cette localité.



– Situation ‘dramatique’

En plus d’un mois de bombardements aériens et de combats au sol, l’enclave rebelle s’est réduite comme peau de chagrin et les forces du régime en ont déjà reconquis plus de 80%.

Le déluge de feu quotidien a tué plus de 1.500 civils dont 315 enfants, selon l’OSDH.

Quelque 1.600 combattants et des milliers de membres de leur famille doivent quitter Harasta, en plusieurs vagues, selon un membre du comité dit « de réconciliation » dépendant du régime syrien, impliqué dans les négociations.

Civils et rebelles, ces derniers munis de leurs armes, seront transférés vers le nord-ouest du pays, et l’opération pourrait durer plusieurs jours, selon le porte-parole d’Ahrar al-Cham, Munzer Fares.

Par ailleurs, en amont de la sortie attendue des rebelles, la télévision d’Etat syrienne a filmé l’évacuation de 13 personnes, des soldats et des civils, « kidnappés » selon elle par les insurgés mais « libérés » par l’armée. En contrepartie six personnes détenues par le régime ont été libérées, selon une source militaire.

« Harasta a été entièrement détruite, la situation des habitants était dramatique », a confirmé à l’AFP le chef du conseil local du secteur rebelle de Harasta, Hossam al-Beyrouthi.

« Cette dernière semaine, la moitié des familles n’avaient rien à manger, les maladies font des ravages dans les sous-sols », où les gens vivent terrés pour échapper aux bombardements du régime, a-t-il déploré.

L’évolution dans la Ghouta rappelle ce qui s’est passé dans d’autres fiefs rebelles reconquis ces dernières années par le régime, dont celui dans la ville d’Alep (nord) fin 2016.

A l’issue de bombardements intenses et de sièges asphyxiants, les insurgés de ces localités et les civils les soutenant avaient été mis dans des bus, direction Idleb, la dernière province échappant encore entièrement au régime dans le nord-ouest. Amnesty International avait dénoncé des déplacements forcés de populations.

– Dizaines de milliers de déplacés –

Multipliant ainsi les victoires face aux rebelles, mais aussi face aux djihadistes, le pouvoir d’Assad, appuyé par ses alliés russe et iranien, a déjà reconquis plus de la moitié de la Syrie.

Dans la Ghouta, l’offensive meurtrière du régime a fait plus de 70.000 déplacés selon l’OSDH. Ces derniers n’ont d’autre choix que de rejoindre des secteurs du gouvernement, malgré la crainte de représailles pour certains.

Avant l’offensive, l’enclave rebelle était déjà le théâtre d’une grave crise humanitaire: ses quelque 400.000 habitants, assiégés par les forces progouvernementales depuis 2013 subissant au quotidien de graves pénuries alimentaires.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 avec la répression dans le sang par le régime de manifestations prodémocratie, a fait plus de 350.000 morts et forcé des millions de Syriens à l’exil.

Au fil des ans, le conflit s’est transformé en une guerre complexe, impliquant de multiples belligérants qui s’affrontent sur plusieurs fronts, avec parfois l’intervention directe de puissances étrangères.

Dans le nord-ouest, l’armée turque a lancé le 20 janvier une offensive pour chasser de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG), prenant le contrôle total de l’enclave d’Afrine. Plus de 250.000 civils ont fui l’avancée des forces turques, selon l’OSDH.

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