Évacuation massive à Berlin pour désamorcer une bombe britannique

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Des experts de la police travaillent au déminage d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale près de la gare centrale de Berlin, le 20 avril 2018. (dpa/AFP / STR)

Une des plus importantes évacuations qu’a connue le centre de Berlin depuis 1945 était en cours vendredi pour permettre le désamorçage d’une bombe britannique de 500 kg datant de la Seconde Guerre mondiale.

Trouvé par des ouvriers sur un chantier au cœur de la capitale allemande, près de la gare principale, l’engin est qualifié de « sûr » par la police.

Les autorités ont néanmoins décidé d’une évacuation de « tous les bâtiments dans un périmètre de 800 mètres » autour du lieu de la découverte. Elle a commencé à 09H00 (07H00 GMT).

La police locale effectue du porte-à-porte pour s’assurer que les occupants quittent les bâtiments avant que le déminage ne commence vers 12H00 (10H00 GMT).

Selon la police locale, quelque 10.000 personnes seraient concernées par cette évacuation.

Même loin de cette zone, les Berlinois doivent s’adapter. Les transports dans, depuis et vers la capitale sont très perturbés car la principale gare de la ville, Hauptbahnhof, est utilisée par 300.000 voyageurs quotidiens, est à l’intérieur du périmètre d’évacuation.

Depuis le matin les trains ne s’y arrêtaient plus et des policiers y interdisent l’accès à l’aide de bandes rouges et blanches, a constaté l’AFP.

« Je n’étais pas au courant de cette bombe », a déclaré Yamamoto, un touriste japonais venant de Nagoya, surpris par l’évacuation.

Le trafic sera totalement bloqué jusqu’au moins 13H00. De nombreuses stations de tram, bus, métro, de trains de banlieue sont également fermées jusqu’à 14H00.

A côté de la gare, de nombreux bâtiments publics sont dans la zone rouge, à commencer par les ministères de l’Economie et des transports, un hôpital militaire, le gigantesque complexe en travaux des services de renseignements (BND), le musée d’art contemporain Hamburger Bahnhof et celui de médecine.

« La bombe de 500 kg, qui n’a pas explosé à l’époque, fait environ 110 sur 45 centimètres, c’est donc un objet assez imposant qui pourrait potentiellement faire beaucoup de dégâts dans la ville. Nous sommes donc très prudents avec des professionnels hautement qualifiés », a expliqué un porte-parole de la police berlinoise, Winfrid Wenzel.

– Événement fréquent –

Aussi impressionnante que soit la situation, l’Allemagne a une grande expérience de ce type d’évènements, les découvertes de bombes de la Seconde Guerre mondiale étant relativement courantes.

Les engins lâchées par les Alliés à l’époque et n’ayant pas explosé provoquent toujours les opérations les plus impressionnantes.

La plus grosse évacuation du genre depuis 1945 a eu lieu en septembre 2017, à Francfort, où une énorme bombe britannique dotée d’une charge explosive de 1,4 tonne avait été retrouvée. 65.000 habitants avaient dû quitter leurs domiciles.

Si généralement ces engins peuvent être désamorcés, dans de rares cas une explosion dite « contrôlée » doit avoir lieu. Celle-ci peut provoquer des dégâts importants, comme en 2012 à Munich lorsque des centaines de vitrines et fenêtres avaient été soufflées par un explosif trop instable qui avait dû être détonné de nuit.

Berlin a connu pendant la guerre une campagne d’intenses bombardements, en particulier au printemps 1945, avec un tiers des habitations de la ville détruites et des dizaines de milliers de morts.

Des milliers d’engins ayant fait long feu ont été découverts depuis et quelque 3.000 autres resteraient dans le sous-sol berlinois, selon les experts.

La partie de Berlin concernée par l’évacuation de vendredi est une zone qui a été considérablement développée depuis la chute du Mur en 1989.

Situé juste sur l’ex-frontière séparant l’Est et l’Ouest de la ville pendant la Guerre froide, le quartier a profité depuis de l’installation de ministères, administrations, bureaux et ambassades.

Le lieu où la bombe a été retrouvée n’est qu’à quelques centaines de mètres du centre politique et touristique, notamment la chancellerie – le bureau d’Angela Merkel -, et du Reichstag où siègent les députés allemands.

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